Une génération politique finit, une autre commence ?

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Je préfère avoir tort avec Sartre qu’avoir raison avec Aron (Jean Daniel ?)

Avertissement : je demande l’indulgence des lecteurs en (re)lisant ce texte rediffusé sans vraiment une relecture. Mais il y a urgence..
I - INTRODUCTION
M. Le Président Alpha Condé c’est sous ton mandat que la Guinée basculera dans une guerre civile qui pourrait être pire que celles qu’ont connues nos pays frontaliers ?
Non ?
Je ne te demande pas de faire comme Julius Niéréé, ni comme Léopold Sedar Senghor.
Mais ne fais pas comme Bokassa ou comme Idi Amîne
Fais comme Kérékou, ne fais pas comme Eyadéma
Ne fais pas comme Wade, fais come Abdou Diouf
Ne fais pas comme Mobutu, ou comme Idrissa Déby
 Ne fais pas comme Moussa Traoré, mais comme Diacounda.
N’as-tu pas vu Moussa VIVANT, libre, invité d’honneur à l’investiture d’Ibrahima Boubacar Kaïta ?!
Dans les propositions qui suivent, bien antérieures à la bombe non encore allumée par l’Opposition – qui te l’as en partie arrachée des mains ! - j’allais peut-être plus vite que la musique, je n’y changerai pourtant pas une virgule, pour l’essentiel. A condition de savoir qu’elles s’adressent principalement au Chef de l’Etat et à la Communauté internationale. Puisque, étant d’accord avec elle, une fois n’est pas coutume, elle a demandé à l’Opposition de ne pas marcher. (1).
Une respectable dame a dit un jour que les révolutions ont lieu environ tous les trente ans. La génération des Siradiou, Doyen Ba, Ibrahima Kaké, Ibrahima Sow, etc., a fait son trentenaire. Celle des Cellou, Zalikatou, Sidya, Rabi, Kouyaté, les Makalé Traoré et Camara, Kassory etc., cette théorie d’héritiers en est où ? Ils en sont à la troisième année de leur dernière décennie qui s’achèvera en en 2020, si l’on calcule à partir de leur point de vue, l’année où ils pensaient à la haute magistrature « en se rasant » ou en faisant leur manucure matinale pour ces dames. Ils étaient de grands commis de l’Etat, au seuil des années 90.
Mais si on scrute du point de vue de l’Histoire qui part pour ce cycle guinéen en 1984, année du tremblement de terre où la « Révolution globale et multiforme » s’est affaissée, dans l’antre de « l’Impérialisme » à Cleveland sur une table d’opération (USA), nos « héritiers » ont seulement jusqu’en 2014 pour être témoins ou acteurs du Changement.
Comme je doute qu’à plus de 60 ans on puisse garder ses cheveux noirs sans cosmétique, je crois que la grave crise de leadership qui aura duré un cycle de 30 ans entre temps, la nouvelle révolution ne sera menée à bien que par une nouvelle génération. Mais je me hâte de dire que cela n’a strictement rien à voir avec l’âge, ou très peu. Mitterrand avait depuis plus d’une décennie, terrassé « le démon de midi »i (40 ans) quand il inaugurait le nouveau cycle d’un certain socialisme.
Ah oui, cette dame, je l’ai entendue au sommet de l’Arche de la Défense, lors d’une cérémonie où l’on célébrait « Les Justes », ces héros qui ont sauvé des Juifs des griffes de l’immonde bête « aryenne ». Certains vieux jeunes Turcs (Soixante huitards ?) ayant parlé avec des pointes d’agacement, déplorant notamment la morosité du virage socialiste vers un certain « réalisme », elle avait tenu à rassurer les uns et les autres ; un peu comme la saynète entre Mitterrand et Sankara. (Funèbre intuition !)
Quand une situation concrète est aussi confuse comme celle que nous vivons aujourd’hui, confusion aggravée par la collusion plus ou moins consciente de la mal gouvernance avec une grave crise de leadership, la plume se casse contre le roc de la fermeture d’un certain « réel ».
Qui ressemble, pour pasticher, à une parole d’un sage de Dinguiraye, qui me disait, « Dieu, c’est comme un contèner sans ouverture. Tu tapes, tapes, personne ne t’ouvre. Il est vide. Venu de Hong Kong, on l’a vidé de sa camelote et refermé pour d’autres ports ».
Que faire ?
S’assoir à son pied nuit et jour, et voilà qu’un jour, il s’ouvre tout seul. Il n’y avait personne, mais vous êtes rempli d’un bonheur divin.
Bon, nous on veut le fauteuil qui est dedans-là !
Le fauteuil présidentiel.
Impossible, on sera en 2015, et vous n’avez que jusqu’en 2014..
Comment cela ?
Même si vous vous munissez d’outils sophistiqués et capables d’ouvrir le ventre de Simandou ou de Nimba..
Les marches, villes mortes, meetings, colloques, larmes et sang versés sur les Quais d’Orsay ou du Potomac n’y feront rien. Avec vous, à moins que..
Moi je préfère la sagesse de cette Juste. Martyr vivant qui a survécu aux balles nazies, par la seule force de sa conviction, de sa puissante capacité de réfléchir aux solutions pour faire le relais entre une guérilla urbaine des catacombes de Paris et les maquis de l’Auvergne, qui peut te parler de la lutte d’Anne Zinga (Angola), Ranavalona III (Madagascar) et de la fin héroïque de Jean Moulin. La cérémonie était présidée par Jack Lang.
Gbagbo n’était pas encore devenu Boulanger..
Wa Salam,
Saïdou Nour Bokoum
http://www.nrgui.com/ Nouvelle République de Guinée
Note 1) Je voudrais également demander à Alpha de ne pas me  lire en fermant les yeux et de se boucher les oreilles pendant qu’il daignera examiner les propositions qui suivent. Qu’il veuille bien se mettre des boules Kies dans les oreiles pour ne pas entendre les mouches du coche présidentiel rempli d’amis et de conseillers. A l’exception peut-être que Diané et Tidiane Traoré Traoré, même s’ils étaient devenus des faucons depuis, seraient les euls de bon conseil. Il y a aussi El Hafj Sano, mais tu l’as mis si bas..Que devient Kénéma. Suffit les privautés qui ne sont plus de saison
ADDENDA Mes propositions pour une sortie de crise apaisée et honrables pour tous : Oppositon, Mouvance, Pouvoir et le peuple martyr de Guinée. Sans oublier la Communauté internationale.
II - Mes 7 propositions pour une sortie de crise apaisée
Ce que tout le monde dit c’est ce qui est vrai (Bouki l’hyène, Leuk le lièvre d’Abdoulaye Sadji et Léopold Sédar Senghor)
Il n’y a pas de fumée sans feu (Astérix le Gaulois)
La situation actuelle, en termes mesurés, est pré-insurrectionnelle. A l’heure où se constituent des milices d’auto-défense dans les quartiers ou publiques (« Chevaliers de la République »), réelles ou produits de l’imagination aux fins d’intoxication, si l’on veut éviter une explosion qui se profile à l’horizon, les propositions qui suivent me paraissent raisonnables, possibles à réaliser mais incontournables. Il ne sert à rien d’être député même d’une majorité, si c’est pour se frayer un chemin parmi des décombres et des corps calcinés. Les voici :
1)   Maintien de la décision de suspension de sa participation au Dialogue, par l’Opposition républicaine en attendant :
2)   La mise sur pied d’une commission mixte (Guinée/Communauté Internationale) pour rechercher, identifier, juger et condamner les exécutants et les commanditaires civilo-militaires des assassinats et autres violences depuis le 23 décembre 2008, jusqu’aux dernières, enregistrées après l’affaire Messieurs Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG/Malick Sankhon, Directeur général de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale.
3)   Prise en charge et dédommagement des blessés et des ayants-droit des victimes par le gouvernement guinéen.
4)   Respect par la CENI de la mission actuelle du Facilitateur, des Experts de l’Union Européenne et des futurs experts proposés par l’Opposition (voir ci-dessous la mission de l’Observatoire).
5)   Audit des CENI de feu Ben Sékou Sylla, de Loucény Camara et de Bakary Fofana.
6)   Organisation d’une concertation nationale comprenant une représentation proportionnelle des Guinéens de l’Extérieur qui commencera par le choix consensuel des membres d’un comité préparatoire et d’organisation de ces assises, tous exclusivement issus de la société civile :celle-ci ne se réduisant pas aux responsables actuels du « mouvement social » dont la participation serait limitée et acceptée sous réserve de démission de leurs postes.(Il reste entendu que ces structures peuvent désigner des représentants comme toutes les composantes sociales de la nation, des personnalités de la société civile).
-         Audit des hommes et des comptes de la première à la « troisième » république.
-         Mise en place d’une nouvelle CENI exclusivement issue de la société civile après les législatives.
-         Mise en place d’un Observatoire (1) international comprenant nos partenaires bi et multilatéraux.
-         Mise en place d’une force internationale de sécurisation et d’interposition (2) des acteurs politiques (anciens et ou futurs candidats aux prochains scrutins  pendant toute la nouvelle transition jusqu’à la fin des élections (législatives et présidentielle; sans oublier les populations lors des scrutins : période des campagnes et jours de vote.
7)   Requête  pour la libération exceptionnelle du reliquat du 10ième FED, fléché et exclusivement réservé à la satisfaction et au soulagement des populations pour les besoins sociaux de base : eau, électricité, santé primaire, etc.
Conclusion :
La périodisation (chronogramme puisque c’est le vocable en vogue) de cette feuille de route nationale reste à déterminer, ainsi que les approches sectorielles que chacune des 7 propositions induit.
Wa Salam,
El Hajj Saïdou Nour Bokoum
« Libre » citoyen guinéen
Notes : 1) Cette proposition figure dans l’importante résolution politique  issue des « Journées de concertation » organisées par 15 Partis politique en mars 2005. –
            2) rupture de l’aorte d’origine syphilique..
 
-         III - Mes 3 nouvelles propositions susceptibles de nous éviter le chaos et l’embrasement généralisé.
-          
-         Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
-         Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage. » (Boileau)
-          
1- Reprise immédiate du dialogue mais avec l’ordre du jour suivant :
-          
-         a) Le gel général des activités de la CENI, suivi de sa dissolution, après les audits de celles qui l’ont précédée et celui de son propre mandat.
-          
-         b) Mise sur pied d’une commission mixte d’enquête, élargie à une mission internationale de sécurisation (et d’interposition mais cela peut entrer dans les attributions de l’Observatoire indiqué ci-dessous) pour identifier, faire juger et condamner les auteurs des crimes commis à compter du 28 septembre 2009. Ainsi que la protection non seulement des acteurs politiques, mais surtout des populations pendant cette période de tous les périls aujourd’hui relayés par les médias du monde entier, malgré le Dialogue et ses « bonnes nouvelles ».
-          
2 - Mise en place d’un comité d’organisation dont la mission est de préparer les conditions de possibilité d’une conférence nationale (ou Assises, Forum, etc.) dont le Présidium définira sa propre feuille de route et son chronogramme. Confirmation de la proposition de l’UE qui offre ses services pour une Mission d’Observation qui accompagnera toute la nouvelle période pré-électorale.
-            a) Il reste entendu que le président élu et légitimé (1) jouit de ses prérogatives de représentation, avec suspension de ses attributs régaliens sauf ceux strictement liés au point b) ci-dessous, et de manière générale ce qui le concerne dans le bon déroulement du nouveau dialogue. Son gouvernement devra s’occuper exclusivement des actes liés au règlement des affaires courantes et à la continuité du service public.
-          
-            b) Le Chef de l’Etat et son gouvernement devront avoir comme priorité la satisfaction des besoins sociaux de base : eau électrice, santé et hygiène primaire, etc.
-            c) A l’exclusion de la signature des grands contrats qui engagent le budget de l’Etat au point d’alourdir son endettement; ex, exclure tout contrat minier.
-            d) En somme, le président sera sous tutelle des organes de la Conférence nationale qui devra, entre autres, résolutions souveraines, adopter une Résolution pour la Paix sociale sanctionnée par une certification internationale qui aura valeur de Convention internationale.
-           e) En attendant, le Chef de l’Etat élu ne retrouvera la plénitude de ses prérogatives que lorsque les crimes commis pendant son mandat seront sanctionnés comme il se doit.
3 - Financement et préparatifs de la conférence nationale. (1)
-             a) Gel des dépenses prévues pour les « festivités » du 55è anniversaire de l’indépendance. (Tout en maintenant le choix de Nzérékoré, choix pertinent malgré les non-dits politiciens qui l’entourent, cette préfecture lointaine, à l’abandon, comme Koundara et autres préfectures alentour doivent être mieux intégrées dans les plans de développement). Les populations de Nzérékoré au demeurant, n’ayant pas particulièrement le cœur à la fête en ces jours sombres et endeuillés.
-              b) Réaffectation des fonds prévus pour les élections législatives en en fléchant une partie pour la satisfaction des besoins sociaux de base évoqués ci-dessus.
-               c) Abstention de tout discours politique ayant un caractère de campagne pour quelque élection que ce soit, à fortiori toute propagande ou propos dommageables pour l’esprit de réconciliation nationale.
-              d) Pour ce faire, ouverture large et accès pluraliste de la RTG à des émissions culturelles, sociales, à caractère civique pour préparer les esprits à affronter un débat public, sans tabou lors de la conférence nationale.
-         Note : 1) Légitimé depuis 2010 par ses propres challengers et par le « peuple
Conclusion.
En clair, le cadre de concertation du dialogue inter guinéen devient un cadre de concertation préparatoire à la grande Concertation nationale, incontournable pour organiser des élections qui autrement, se dérouleraient au milieu de flammes, de cadavres, dans le tohu-bohu de pompiers, de bénévoles des Croix rouges et autres ONG humanitaires qui ne trouveraient que des abris d’urnes pour entasser blessés et corps sans vie.
PS : Il va de soi que la libération des détenus depuis l’avènement de l’actuel chef de l’Etat, le dédommagement, la prise en charge des blessés et de leurs ayants-droits (voir « Mes 7propositions.. »), restent des préalables non négociables. Sauf à préciser leur place dans le nouveau chronogramme de ces trois nouvelles propositions.
El Hajj Saïdou Nour Bokoum
http://www.nrgui.com/ Nouvelle République de Guinée
-         Note 1) Hélas, les points a) et b) ne sont plus actuels : mais on doit auditer les sommes englouties par ces législatives et ces festivités inachevées.
 
Addenda : aux dernières nouvelles, il n’y aurait pas moins de 500 suppliciés dans la tragédie Koulé-Nzérékoré
 
-          
IV - La Guinée : entre la peste et le choléra ou ma 11ème et dernière proposition
Bien entendu j’ai choisi de ne pas choisir ente Charybde et Scylla. Je préfère jeter l’enfant Guinée avec l’eau du bain ! Une certaine Guinée. Le temps presse, l’heure est grave. En mai 68, les enragés avaient invité Jean-Paul Sartre au sommet de sa gloire, à une de leur mamayas (chienlit, disait de Gaulle), ce devait être à la Sorbonne, qu’ils avaient prise comme la Bastille. Sartre vit sans s’en émouvoir l’avertissement inscrit devant son pupitre :
-        « Sartre, sois bref ! »
Je vais essayer d’être bref moi aussi.
Après mes 7 plus 3 propositions pour nous éviter, peut-être, un autre demi-siècle de transition sèche et ténébreuse (disette en eau-courant), voici ma 11e et dernière proposition.
La France de François Hollande ne doit pas rater son 3e rendez-vous avec le peuple de Guinée.
Le premier rendez-vous manqué fut celui qui nous accabla du Non du 28 septembre, de Gaulle et la France nous laissant sur les bras l’indépendance dans la pauvreté et la dictature sanglante d’AST.
Le deuxième fut la complicité de la France pour sortir Vatrican, le « marabout blanc » de Lansana Conté et Jean-Claude Diallo (paix à son âme). Je connais personnellement deux grands projets de Jean-Claude Diallo. Le premier c’était d’obtenir de nos partenaires l’appui pour le retour progressif des cadres guinéens vivant à l’extérieur, ce qui nous éviterait une coopération coûteuse. Je rappelle que la France ne finançait qu’à hauteur de 20% sa coopération avec la Côte d’Ivoire, à charge pour cette dernière de financer le reste, les 80%. Il y avait tout de même 30 000 Français en Côte d’Ivoire. Plus 1, si je compte votre serviteur, arrivé en Côte d’Ivoire début 1983 ! C’était exactement l’inverse en Guinée, avecle retour timide de la France. Mais il ne faut comparer que des choses comparables. On connaît la formule des économistes : toutes choses égales par ailleurs. Ce qui était loin d’être le cas en cette moitié des années 80. En Guinée il n’y avait – du moins ceux qu’on pouvait voit – qu’une douzaine de coopérants français, dont un gendarme, « professeur » d’éducation physique venu du Burkina Faso qui jouait les conseillers techniques chez Gbagbo Joseph Zoumanigui, ministre des Sports et des Arts, mais surtout président d’une commission interministérielle – où figurait tout de même le redoutable colonel Facinet Touré – chargée d’organiser l’ouverture du gouvernement d’alors aux civils, surtout aux Guinéens de l’extérieur. Contractuel comme moi, le gendarme coopérant voulait jouer sur mes plates-bandes, s’occuper même de culture. J’ai dit à Gbagbo « ou c’est le gendarme ou c’est moi ! »
-         - Mais c’est ton cousin !
-        - Non, mes cousins là-bas sont des hommes de culture ! Faites votre PUP, moi je fais mon job.
-        Pendant que Somparé n’arrêtait pas de me démarcher :
-        - Bokoum détermine-toi hein, Bokoum, qui n’est pas avec nous est contre nous !
-        C’était dit sur un ton mi-badin mi-sérieux.
Gbagbo était un militaire éclairé, moins gradé que Facinet, mais... Les Somparé, Assifat (paix à son âme), Solano (longue vie de caïman, encore candidat aux prochaines fraudes annoncées !), Diawara (mon ami et témoin de ce que je dis devant l’Eternel en ce mois sacré, candidat aussi au prochaines...), etc. Bref, les morts et les dinosaures m’ont foutu la paix et sont allés planter le drapeau du PUP-Conté à l’Immeuble Kébé (n’est-ce pas Diawara !).
Je disais que la France en était à offrir quelques ouvrages scolaires, qu’on retrouvait vite sur les libraires par terre, des tenues militaires, elles aussi entassées aux friperies d’Avaria, quelques pédagogues pour l’enseignement du français, des menottes et autres appuis aux services de sécurité. Il y avait aussi une timide aide à un projet d’agriculteurs de Timbi Madina. C’était plus sérieux, et je crois savoir que c’est là la meilleure aide française. Mais le non-Etat guinéen n’arrive pas à se défaire de la concurrence déloyale de suivez mon regard (partout en Afrique de l’Ouest, sauf au Ghana et au Mali). Et des projets pour la santé. A l’époque (tournant des années 80), quand j’ai demandé à un haut responsable de la coopération française, qu’est-ce qu’elle envisageait pour la culture :
-        « Oh, vous savez monsieur Bokoum, le Guinéen a d’abord besoin de se mettre quelque chose dans le ventre et se protéger contre les moustiques.. ». Du coup, je me souviens que j’ai coupé par inadvertance mon jeûne avec « le petit noir » qu’il m’avait fait servir, nous étions un mois de Ramadhan ! « Si je mens ! » (Françoise Giroud, éd Poche, 1,50 euro.).
Les grands projets français visibles pour le Guinéen lambda se ramenant pour l’essentiel, au soutien systématique et sans faille à la régularité de « l’élection » du premier magistrat après des fraudes massives. Un représentant de la France franchouillarde, franchissant « le mur du çon » (Le canard enchaîné), a même cru bon de câbler les résultats d’une de ces mascarade au Quai d’Orsay avant que notre ministre des fraudes n’annonce le hold-up récurrent !
Le deuxième projet de Jean-Claude Diallo était le PLC : « Programme Libre Commerce ». Une dizaine de commerçants guinéens 99% hal poular, désolé, c’est l’Histoire vécue (il y avait un Sylla, Mariador ?), avaient mis la main à la poche et avaient dégagé plusieurs milliards pour aider l’Etat à mettre en place des structures en vue de permettre une douce sortie du commerce d’Etat, tout en évitant le stérile import/export qui ne produit aucune plus-value sinon celles générées par la corruption des corrompus qui finirent par privatiser l’Etat en le mettant dans la poche d’une petite bourgeoisie administrative et rapace. Donc, la Guinée avait choisi la « solution latine » (formule d’un ami camerounais qui était alors responsable de l’Afrique de l’Ouest) de la Banque mondiale, M. Manga (son nom de famille m’échappe). Cette solution, c’était l’entrée fracassante de 7 ou 8 ministres guinéens, civils, expatriés dans un régime militaire. Tous, individuellement brillants et réputés intègres. Ils se sont fait phagocyter en une petite année par « l’Ecole guinéenne », le système, l’appareil d’Etat. A l’époque l’Ecole guinéenne, c’était un chouia de relation de proximité avec l’ethnie du Père de la nation, un zeste de marxisme (ou plutôt sa vulgate), une pincée coco lala, c’est-à-dire avoir étudié en Guinée.
De cette petite dizaine de ministres venus de la diaspora, il y a deux dinosaures qui ont survécu : Kerfalla Yansané dit Phiraouna, et Ousmane Sylla, dit Maradona, qui promettait l’électricité tous les six mois. Les Guinéens croient toujours voir ce serpent de mer. « Maradona » est encore ambassadeur, et on continue à tuer des enfants qui ne demandent qu’un peu de lumière depuis que le serpent de mer est monté au ciel, se muant en Arc-en-ciel (1), avec « le changement » du « Professeur président » ! L’Ecole guinéenne change de couleur. Le vernis soussous est, avec le changement depuis le mois de décembre 2010, recouvert d’un vernis maninka. Mais les couleurs ne sont qu’un détail, qu’une coïncidence, « foi de trompe la mort » ! Il faut seulement savoir cette autre coïncidence : 40 à 60 % de la diaspora, toutes formations confondues sont des Hal Poular. Le Département d’Etat ou le Quai d’Orsay sont suffisamment outillés pour, en 24 heures vérifier ce que je dis là.
Donc à la place, la France fit venir une quinzaine de conseillers pour faire la réforme de l’administration, des conseillers militaires, sans oublier « l’œil de Moscou » à la Banque centrale, etc..
Résultat, l’école guinéenne se porte au plus mal. Pendant les années 2000, un professeur m’a dit que la Guinée avait remplacé les pédagogues français par des pédagogues américains, pour l’enseignement du français ! On a mis 6000 fonctionnaires à la porte avec des tests confectionnés façon « dissertation Sciences Po », plan en deux parties ; résultats 6000 déflatés, sont revenus par les Vécés (Coluche), avec leurs ancêtres morts peut-être au camp Boiro. Et le ministre de l’époque, qui a hérité des ministres diaspos leur témérité, se fait virer par Lansana Conté (demandez à son ex Excellence Soriba Kaba-To). C’est moi qui avais écrit le discours lu à Lansané Conté quand il a voulu rencontrer des Guinéens venus en vacances. J’avais noté qu’il y avait dans les 90 000 fonctionnaires. Je crois qu’avec le retour des morts et des fictifs, le chiffre doit être encore le même. Et les experts français qui ont aidé à faire virer les ministres diaspos, devaient coûter au moins 60000 francs lourds par tête de pipe. Jean-Claude est mort, Kaloga, le troisième homme fort de l’époque aussi, mais Vatrican doit être vivant (ça sert à quelque chose les Services Secrets ! Faites vérifier cher François) !
Si au lieu de 15, ils sont 100, faites le calcul. Cent coopérants français coûteraient 900000 euros. Tant mieux si c’est la France qui paie 80% et la Guinée 20 %. Tant mieux pour la France ? Et ce chauvinisme hypocrite du Guinéen ? Au prix de la stigmatisation de son frère ayant étudié à Djakarta ou à Harvard ? Non, on préfère un « oreille rouge » – le Français – (expression pseudo-méprisante favorite des Coco lala) à un Guinéen de l’extérieur.
-        Un Guinéen de l’extérieur n’a rien à nous apprendre !
C’est ainsi qu’un ministre de l’Enseignement supérieur, « petit directeur national » à l’époque, a posé ses fesses sur un dossier de formation que j’avais soumis, qui ne coûterait que 6 millions de glissants tous les six mois. Quelqu’un d’autre est venu fourguer à la France un dossier qui lui a coûté 900 000 FF pour produire 1 seul spectacle après 45 jours de « formation » ! Moi je venais trop tard m’a dit le directeur de l’AFD ! Une autre personne est venue avec un dossier de 1 million de FF pour l’adaptation d’une pièce écrite par notre défunt génie (William Sassine). Arrêtez-moi, j’avais promis d’être bref.
-        « Vous vous rendez-compte, pendant qu’on souffrait ici, toi Bokoum... », me lança un jour un « un agrégé CAMES », en bombant la poitrine !
Il oublie le lascar, que ses condisciples participaient à hauteur de 15 % au PIB, en tout cas plus que toute l’aide publique extérieure !
J’avais promis d’être bref. Je saute 15 pages.
Après avoir examiné les deux listes du RPG et de l’UFDG, j’ai constaté qu’elles avaient deux caractéristiques communes.
     -    75% ethno, ce qui n’a rien de répréhensible, car on peut toujours faire appel à Saïd Djinnit pour jouer les pompiers et éteindre un feu allumé depuis 1956 !
-        Puparde. Je veux dire qu’elles sont dominées par ceux à qui AST avait dit :
-        « Je vais continuer à donner des bourses pour les pays impérialistes, mais c’est vous qui allez gérer ce pays ».
Il en fut ainsi depuis, jusqu’à ce jour où la confrérie de « l’Ecole guinéenne » s’est retrouvée en rase campagne avant de se regrouper autour des deux leaders des deux grands Partis de Guinée. Guidés par le « stimulant économique » (Mao Zédong, n’est-ce pas A lélé tcho !) ou si vous préférez, le mieux disant : celui qui promet de l’argent ou un poste en cas de victoire ou parce que c’est un parent, l’idéal étant celui qui répond à ces trois stimulants.
Ils ont échoué pendant 55 ans et les voilà qui rempilent.
Ma proposition ?
Etant donné que nous sommes gouvernés de part et d’autre par les tenants du même système qui est en panne depuis 55 ans, il faut extirper le foyer de ce cancer qui malheureusement a dû faire des métastases. La preuve, ils sont au gouvernement, ils sont chez Cellou, chez Kouyaté ! Peut-être, chez Sidya, probablement dans une moindre mesure, forcément, mais cela reste à vérifier avec une loupe.
Il faut vider la baignoire : l’eau du bain et l’enfant du bain.
Une eau polluée pendant 55 ans a dû pourrir l’enfant. Cela aide à comprendre mes 11 propositions, dont il faut savoir le mode d’emploi. Ce n’est pas au forceps d’un dialogue de quelques jours qu’on forge un, deux, trois Partis neufs. Conquérir le pouvoir et démanteler un appareil d’Etat vermoulu, pourri mais puissant. Surtout que cet appareil d’Etat a un allié non moins puissant : son « opposition ».
Conclusion générale
Mes 11 propositions sont un champ vaste, une œuvre de longue haleine, passionnante, mais qui n’est pas à la portée de tous. Cependant tout Guinéen patriote, patient, qui se donne comme premier devoir d’être financièrement autonome y trouvera sa place. Nous les Ancêtres, nous serons à vos côtés, cachés si nos têtes ne vous reviennent pas. Vous nous avez assez vus. Je n’ai qu’un seul conseil à donner, s’il faut avoir quelques muscles, il faudra, du moins pour les « guides », un lourd bagage qui ne se voit pas au pesage ni aux scanners des aéroports. Enfin, il faut être prêt à mettre la main à la poche : 10 euros par tête de pipe x 1 seul million de lambdas, cela donne 1 million d’euros ! Dix mois, 10 millions, 1 an 10 200 000 euros ?
Salimafô et Wa Salam,
Saïdou Nour Bokoum
nrgui.com (Nouvelle République de Guinée)
PS : je ne voulais pas alourdir mon propos. Mais je suggère à la France et à nos autres « amis » de la CI d’anticiper un grabuge annoncé, car j’aperçois de lourds nuages partant de Zowota, Koulé, N’Zérékoré, des nuages du sang qui viennent de noyer notre zone forestière et qui menacent de s’abattre ici et là, lors des prochaines fraudes annoncées ; je les dissuade nos « Amis » de répéter leurs tentatives précédentes au tournant des années 90 : faire déposer Lansana Conté, d’abord par le général Kerfalla paix à son âme, ensuite par Arafan paix à son âme, jouant le rôle de gilet pare-balles d’un civil, à l’époque un fort sympathique technocrate (encore candidat à la haute magistrature). J’ai compris que les façons franchouillardes, barbouzardes et focardes ont la vie dure, c’est quand j’ai eu au téléphone André Levin (paix à son âme) qui cherchait des cadres, en commençant par demander à mon petit frère, un Malien avec qui il était à tu et à toi, « qu’est-ce qu’il pensait de Kiridi Bangoura » oh, seulement pour meubler un futur cabinet, oui j’ai compris que la France a une longue transition à courir avec une certaine Guinée. Mon petit frère malien, qui travaille avec Bolloré, avec intercession du gentil Jacques Toubon, de me lâcher : Koro, tu seras ministre de la Culture, il me dit de me laisser ton contact. Moi :
-        - Ecoute idiot, ce monsieur sait mieux que moi mon adresse, si je l’intéressais, on ne se serait pas quitté sans un rendez-vous dans un chic resto tropicalisé par des Ferrari-girls des beaux quartiers. Cela fait 45 ans que je pratique à distance cette faune.
Bref le hasard a dû tomber sur Alpha Condé, n’est-ce pas Jacques (Kourouma, pas Toubon..) ?
Est-ce le même Kiridi Bangoura qui, près de 10 après cette anecdote, se retrouve au Cabinet présidentiel, ministre secrétaire général ? Quelle coïncidence ! Ou quelle pugnacité, ces « Services secrets », visibles depuis ma petite Kaaba imaginaire.
J’ai fini pour moi.

El Hajj Saïdou Nour Bokoum

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