Une opération ville morte marquée par des violences à Conakry

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Des échauffourées ont opposé des jeunes et des forces de l'ordre vendredi à Conakry, où l'opposition avait appelé à une journée ville morte, a appris l'AFP de sources concordantes, au lendemain d'une manifestation marquée par des violences meurtrières.

Les partis politiques de l'opposition avaient invité les habitants à une opération ville morte vendredi, qui devait paralyser les activités dans la capitale mais dans certains quartiers, des jeunes ont entrepris d'ériger des barricades et de brûler des pneus sur des voies publiques reliant les périphéries au centre-ville, ont indiqué des témoins à l'AFP.

Des échauffourées les ont ensuite opposés aux forces de l'ordre déployées pour démanteler ces barrages de fortune, qui ont longuement perturbé la circulation à Conakry, mais aucun bilan n'était disponible dans l'immédiat.

Sur l'axe Bambéto-Coza (banlieue), la journée ville morte s'est transformée en une journée de vandalisme, voies de faits sur les représentants des forces de l'ordre, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Damatang Albert Camara, dans un communiqué transmis à l'AFP.

Des badauds et loubards (...) s'en sont pris aux paisibles populations civiles, se sont attaqués à des commerces privés, a affirmé M. Camara, ajoutant que des forces de l'ordre ont été déployées pour ramener le calme, neutraliser les hors-la-loi et sécuriser les populations et leurs biens.

Ailleurs en ville, a-t-il dit, les populations vaquent à leurs occupations.

D'après des témoins, les écoles et les stations-service sont fermées dans la plupart des quartiers de la banlieue de Conakry.

Ces évènements se sont produits au lendemain d'une marche à l'appel de l'opposition, qui a dégénéré en violences ayant fait deux morts selon le gouvernement, six selon l'opposition, alors qu'un médecin d'un hôpital de Conakry a parlé sous couvert d'anonymat de trois morts.

Le porte-parole du gouvernement a indiqué à l'AFP que sur les deux morts recensés lors des violences de jeudi, un est mort par balle, l'autre par accident.

Le bilan des violences d'hier (jeudi), dressé ce vendredi à 12H00 (locales et GMT) est de six morts dont quatre par balles et deux par bastonnade, a de son côté affirmé vendredi à l'AFP Cellou Dalein Diallo, chef de file de l'opposition. Il a également fait état de 41 blessés dont 15 par balle.

Une clinique a indiqué avoir reçu dans son établissement depuis jeudi 30 blessés dont une fillette de 3 ans avec une balle dans sa hanche et d'autres par armes blanches et par des jets de pierres.

Vendredi, l'Organisation guinéenne de défense des droits de l'Homme a regretté ces violences et exhorté toutes les parties à l'apaisement.

Jeudi, des milliers de personnes avaient répondu à l'appel à la marche de l'opposition, qui a organisé ces derniers mois plusieurs manifestations pour réclamer des élections législatives libres et transparentes, manifestations ayant le plus souvent dégénéré en violences meurtrières.

Les législatives, maintenant fixées au 30 juin, sont attendues depuis 2011 en Guinée. Faute de consensus avec l'opposition sur l'organisation d'un scrutin libre et transparent, elles ont été maintes fois repoussées. L'opposition réclame notamment le remplacement de l'opérateur sud-africain chargé de la gestion du fichier électoral.

Source: AFP

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