Week-end de violences dans l'Est et le Sud-Est

En Guinée, le week-end qui vient de s’écouler a été marqué par des violences dans plusieurs localités de l’Est et du Sud-Est du pays. Les appels au calme lancés samedi 23 octobre par les deux candidats au second tour de l'élection présidentielle n’ont pas suffi à mettre fin aux attaques contre des boutiques tenues par les commerçants peuls. Et dans la population, certains se sentent victimes d’une campagne électorale qui a, selon eux, semé la division entre Guinéens.

Dans une ambiance préélectorale particulièrement électrique, les rumeurs qui ont traversé la Guinée ces derniers jours ont eu un effet dévastateur.

Selon les différents témoignages recueillis par RFI, des violences ont eu lieu ce week-end dans au moins cinq localités de l’intérieur du pays en Haute-Guinée et en Guinée-Forestière : Siguiri, Kankan, Kouroussa, Kissidougou et Nzérékoré. Des boutiques tenues par des commerçants peuls ont été saccagées, des maisons détruites. Au total, plusieurs dizaines de personnes ont été blessées et un commerçant venu acheter de l’or à Siguiri a été tué.

Sur le terrain, des bonnes volontés ont parfois cherché à jouer l’apaisement, comme à Kissidougou, où des chefs religieux ont circulé dans la ville pour tenter de calmer les esprits. La population elle-même reste parfois incrédule face à ces violences. «On ne s’attendait pas à ce que ça puisse prendre cette tournure là, confie un habitant de Siguiri. Les peuls sont bien intégrés ici. Ce sont les tensions politiques qui ont scindé les choses».

Le Premier ministre de transition, Jean-Marie Doré, déplore ces violences

Selon lui, ces violences sont la conséquence de discours de campagne excessifs. C’est ce qu’il a déclaré à RFI et à l’Agence France Presse.

Nous avons vécu les effets pervers des mots d'ordre de la campagne de l'élection présidentielle où les gens, pour ratisser large, recourraient à des rhétoriques à connotation ethnique, ce qui a fini par diviser la société guinéenne. comme on va vers le terme de la campagne, certains redoutent la défaite... nous avons des affrontements dont le but , selon moi, est d'empêcher que l'on aille aux élections car aller vers les élections c'est aller vers la clarification. Il faut mobiliser les militants de manière responsable (et non pas) autour de la violence.

Le président de la commission électorale, la Céni, le général malien Siaka Sangaré a pour sa part poursuivi ce week-end le travail d’évaluation des contraintes pour l’organisation du second tour. Il espère qu’il pourra annoncer la nouvelle date du scrutin ce lundi 25 octobre 2010. Il appelle les deux candidats du second tour à ramener le calme dans le pays faute de quoi les Guinéens auront des difficultés à aller aux urnes le jour J... et la préparation du scrutin elle-même risque d’être affectée.

Je voudrais lancer un appel au peuple guinéen et surtout aux deux candidats, pour qu'ils fassent tout pour que le calme revienne dans toutes les localités, pour que nous puissions réunir le plus rapidement possible les conditions idoines pour réussir un bon deuxième tour.

 

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