Bon à savoir

POURQUOI DIT-ON «MENTIR COMME UN ARRACHEUR DE DENTS» ?

Si cette expression désigne aujourd’hui un incorrigible menteur, elle a d’abord eu un sens plus littéral.

Au Moyen Age et jusqu’au XVIIIe siècle, les tout premiers dentistes recevaient leurs clients directement dans la rue. Ces «arracheurs de dents», comme ils étaient appelés à l’époque, inspiraient de nombreuses craintes aux patients, tant les soins qu’ils leur prodiguaient étaient rudimentaires et douloureux.

La tradition voulait même que ces soignants fassent appel à des musiciens, dont le rôle consistait à faire le plus de bruit possible à proximité, en jouant du tambour et de la trompette, afin de couvrir les cris de souffrance des malades.

L’objectif étant de tromper les passants, à qui ces «arracheurs de dents» promettaient une médecine sans douleur. Un véritable mensonge, ces derniers opérant le plus souvent à vif, qui a fait naître l’expression que l’on connaît aujourd’hui.

QUELLE EST L'ORIGINE DU TERME «CHÔMAGE» ?

Lorsqu’un salarié perd son emploi, on dit qu’il est au «chômage». Un terme dont l’origine remonte au Moyen Age.

Dès le XIIe siècle, le mot «chômer», tiré du latin «caumare», était en effet employé pour désigner un temps de pause que les hom­mes – et le bétail – prenaient en cas de forte chaleur.

Puis son sens s’est élargi progressivement pour faire référence à tous les types de repos, volontaires ou forcés (maladie y compris), ainsi qu’aux dimanches et aux jours fériés où les fidèles ne travaillaient pas et allaient à l’église. On disait alors qu’on «chômait un jour».

Ce n’est qu’à partir du XIXe siècle que le "chômage" a fini par prendre le sens social qu’on lui connaît, notamment après une grave crise économique en 1846-1847. Celle-ci a mis plusieurs milliers d’ouvriers sur le carreau, qui ont ensuite participé à la révolution de 1848 contre la monarchie de Juillet.

POURQUOI DIT-ON «EN ESPÈCES SONNANTES ET TRÉBUCHANTES» ?

Lorsqu’une personne utilise de l’argent liquide pour régler une note, on peut dire qu’elle paye en espèces «sonnantes et trébuchantes».

Une expression dont l’origine remonte au Moyen Age. A l’époque, les ­espèces désignaient les pièces de monnaie métalliques. Pour s’assurer qu’elles n’étaient pas fausses, il ­fallait d’abord vérifier la qualité de leur alliage. On écoutait donc le bruit qu’elles produisaient en les laissant tomber sur une surface dure. Un son clair et cristallin était gage de qualité.

Ensuite, on évaluait leur poids grâce à un trébuchet, une petite balance ancienne à plateaux qui servait aux orfèvres à peser les métaux précieux. Les pièces neuves et authentiques étaient plus lourdes que les fausses ou les usagées.

Ainsi, régler en  espèces «sonnantes et trébuchan­tes» était alors synonyme d’effectuer un paiement honnête.

QUELLE EST L'ORIGINE DE L'EXPRESSION «TOMBER DANS LE PANNEAU» ?

Lorsqu’une personne crédule est victime d’un piège sans s’en rendre compte, on dit parfois qu’elle «tombe dans le panneau»

Contrairement à ce qu’on peut penser, cette expression n’a aucun lien avec les symboles de signalisation ou la publicité. En effet, son origine remonte au Moyen Age, et plus particulièrement au domaine de la chasse.

Au XIIIe siècle, le panneau, dérivé du latin «pannellus» (morceau d’étoffe), faisait référence à des filets de ce type, que les chasseurs tendaient verticalement pour capturer le petit gibier, sans avoir à l’approcher. 

Des animaux sauvages, comme des lapins, des renards ou même des oiseaux, étaient souvent trompés par cette ruse et se retrouvaient ainsi prisonniers de ces «panneaux». L’expression a ensuite progressivement quitté le jargon de la chasse pour s’étendre au langage courant.

POURQUOI DIT-ON APPRENDRE «PAR CŒUR» ?

Pour préparer un examen, certaines connaissances nécessitent d’être apprises «par cœur». Cette expression, apparue dans le courant du XVIe siècle, tire son origine d’une croyance de la Grèce antique.

A l’époque, les médecins considéraient en effet le cœur comme étant le centre de la conscience humaine. C’était donc lui qui renfermait le courage (les deux mots ont d’ailleurs la même racine), mais aussi l’intelligence et la mémoire.

Au fil du temps, malgré les progrès de la médecine, l'organe est longtemps resté associé à l’esprit. Si bien qu’au Moyen Age, faire quelque chose «par cœur» signifiait le réaliser par la pensée. Par exemple, «dîner par cœur» signifiait sauter un repas.

C’est finalement Rabelais (1494-1553) qui a popularisé la formule «savoir par cœur» dans Pantagruel. A noter qu’en anglais, on dit également «by heart».

POURQUOI DIT-ON «MONTER SUR SES GRANDS CHEVAUX» ?

Lorsqu’une personne s’énerve et hausse le ton pour défendre son point de vue, on dit parfois qu’elle «monte sur ses grands chevaux». Une expression dont l’origine remonte au Moyen Age.

A cette épo­que, on choisissait en effet son cheval en fonction de l’activité que l’on comptait effectuer. Le majestueux palefroi servait par exemple pour les parades, le robuste roussin pour les travaux dans les champs et le courageux destrier pour les tournois et la guerre.

Ce dernier, le plus réputé, était perçu comme plus puissant et plus grand que les autres. Ainsi, «monter sur ses grands chevaux» désignait le fait de partir au combat avec fougue en chevauchant les montures les plus imposantes.

Mais à partir du XVIe siècle, cette idée d’ardeur a progressivement été remplacée par la colère et l’agressivité, tandis que la bataille s’est déplacée sur le terrain des idées.

POURQUOI PARLE-T-ON D'UN «BRANLE BAS DE COMBAT» ?

Lorsqu’un groupe prépare une action ou réagit dans la précipitation, on peut parler d'un «branle-bas de combat».

Une expression, issue du monde de la marine, qui date du XVIIe siècle. A cette époque, le mot «branle» désignait le hamac qui faisait office de lit pour les matelots présents sur les navires. Ces couchages étaient accrochés un peu partout sur le bâtiment, et notamment sur le pont du bateau.

En cas d’attaque ennemie, les marins devaient alors "mettre à bas" leur hamac, c’est-à-dire le décrocher, pour débarrasser l’allée. Ce «branle-bas de combat», sonné au clairon et à l’origine d’une forte agitation, permettait de laisser la place aux canons, afin de pouvoir riposter le plus rapidement possible à l’ennemi.

L’expression s’est peu à peu élargie à d’autres domaines, rentrant dans le langage courant au cours du XIXe siècle.

POURQUOI DIT-ON «MENER EN BATEAU» ?

Lorsqu’une personne utilise des stratagèmes pour en tromper une autre ou lui faire croire quelque chose, on peut dire qu’elle la «mène en bateau». L’origine de cette expression remonte au Moyen Age. 

Elle découle en effet du mot «bateleur» (de l’ancien français «baastel», tour de passe-passe), qui désignait à l’époque un saltimbanque.Divertissant les passants grâce à leurs tours d’adresse, ces bouffons étaient réputés pour leur habileté à tromper les spectateurs.

Puis, en raison de leur ressemblance phonétique, le terme «bateleur» s’est progressivement confondu avec celui de «batelier», qui fait  référence au capitaine d'un navire fluvial. 

A tel point que lors­qu’un filou réussissait par ruse à emmener sa victime dans son piège, on a fini par dire qu’il la «menait en bateau». L’expression s’est ensuite généralisée.

POURQUOI PARLE-T-ON DE MESURES «DRACONIENNES» ?

Lorsqu’une situation grave nécessite une réaction très forte pour y remédier, on dit parfois qu’il faut prendre «des mesures draconiennes».

Une expression dont l’origine remonte à l’Antiquité grecque, et qui fait référence à Dracon, un ­célèbre législateur athénien. En 621 av. J.-C., celui-ci a rédigé de nouvelles lois et a décidé de les faire graver sur des stèles placées dans les rues, afin que nul ne les ignore, dans cette ville habituée aux coutumes verbales.

Or, ces textes étaient d’une grande sévérité : le moindre vol pouvait par exemple être puni de mort. En ­raison de ces sanctions très dures, la réputation de ce juriste redouté a fini par s’étendre à travers toute la Grèce, jusqu’à ce que son nom donne naissance à un adjectif : «draconien».

Si ses lois ont depuis été changées, elles sont restées dans l’Histoire pour leur caractère excessif.

POURQUOI DIT-ON «SE CROIRE SORTI DE LA CUISSE DE JUPITER» ? 

Lorsqu’une personne est prétentieuse et imbue d’elle-même, on dit parfois qu’elle «se croit sortie de la cuisse de Jupiter». Cette expression tire ses origines de l’Antiquité. 

Dans les mythologies gréco-romaines, le dieu de la vigne Dionysos (Bacchus pour les Romains) est issu d’une relation extraconjugale entre Zeus (Jupiter) et Sémélé, une mortelle. Mais en se montrant à elle sous sa vraie forme, Zeus provoque sa mort. 

l extrait ensuite l’enfant pour le placer dans sa propre cuisse. Ceci devait  lui permettre de le protéger de la  jalousie de sa femme légitime, Héra (Junon), jusqu’à sa naissance. Le bébé jouissant de la protection divine est ensuite né trois mois plus tard, parfaitement formé.

Ainsi, au fil du temps, on a créé l’expression «se croire sorti de la cuisse de Zeus/Jupiter» pour se moquer des personnes qui se pensent aussi exceptionnelles qu’une divinité. 

QUELLE EST L'ORIGINE DE L'EXPRESSION «BOUC ÉMISSAIRE» ?

On dit souvent d’un coupable idéal, à qui tous les torts sont attribués même s’il est en partie ou totalement innocent d’un méfait, qu’il sert de «bouc émissaire». L’origine de cette expression est religieuse. 

Selon l’Ancien Testament, chaque année à l’occasion de Yom Kippour (le jour du grand pardon chez les juifs), le grand prêtre de Jérusalem choisissait un bouc en le tirant au sort.

Il appuyait alors ses mains sur la tête de l’animal afin de lui transmettre tous les péchés du peuple d’Israël, avant de le chasser vers le désert et le démon Azazel. Le bouc émissaire (du latin «emittere», envoyer) emportait ainsi avec lui les fautes et les maux des autres pécheurs au loin, vers une mort inéluctable.

Ce rituel a ensuite inspiré une  expression qui a fini par être reprise dans le langage courant vers la fin du XVIIe siècle.

POURQUOI PARLE-T-ON D'UN «SECRET DE POLICHINELLE» ?

Lorsqu’une information censée être cachée est en réalité connue de tous, on dit parfois qu’il s’agit d’un «secret de Polichinelle». Une expression qui tire son origine du théâtre italien. 

Elle fait référence à un personnage de la commedia dell’arte : Polichinelle, inventé au XVIe siècle. Incarné par un comédien ou une marionnette, il est représenté par un valet au physique disgracieux, vêtu de blanc et portant un masque avec un long bec noir.

Polichinelle est si bavard qu’il n’hésite pas à révéler les secrets des uns et des autres pour faire la conversation, tout en demandant de ne pas en parler à autrui. Une personne qui s’est confiée à lui est ainsi persuadée que son secret est bien gardé alors qu’il est connu de tous.

Le personnage est ses facéties étaient si populaires qu’elles ont donné naissance à une expression en Italie («segreto di Pulcinella»), reprise en français au XIXe siècle.

D’OÙ VIENT L’EXPRESSION «AVOIR MAILLE À PARTIR» ?

En cas de différend, parfois violent, avec une autre personne, on dit parfois qu’on «a maille à partir» avec elle. 

Une expression apparue dans le courant du XVIIe siècle, et qui tire ses origines des dilemmes liés au partage de l’argent au Moyen Age. A cette épo­que, la «maille» désignait en effet la plus petite pièce de monnaie en circulation, faite de bronze, qui valait la moitié d’un denier et le vingtième d’un sou.

Ainsi, quand deux personnes avaient «maille à départir», cela signifiait alors qu’elles devaient diviser la valeur de cette pièce en deux, ce qui reviendrait aujourd’hui à diviser un centime. Cette opération quasi impossible pouvait donc entraîner des conflits.

Le mot «départir», synonyme de partager, s’est ensuite transformé en «partir» au fil du temps, pour donner à l’expression sa forme actuelle.

D'OÙ VIENT L'EXPRESSION «DÈS POTRON-MINET» ?

Lorsqu’on fait quelque chose aux toutes premières heures de la journée, on dit parfois «dès potron-minet». 

Une expression apparue au XVIIe siècle, mais qui se disait alors «dès potron-jacquet». Dans le dialecte normand, le «jacquet» faisait autrefois référence à un écureuil. Un animal qui se levait à l’aube pour chercher sa nourriture.

Le terme «potron» trouve ses origines dans l’ancien français «poistron», issu du latin «posterio», qui désignait le postérieur. Ainsi, lorsqu’un écureuil levait son arrière-train pour se mettre en quête de son petit déjeuner, le soleil ne tardait pas à pointer.

Puis, avec le temps, la queue en panache de l’écureuil a fini par être remplacée au XIXe siècle par celle du minet, nom donné dans le langage familier à petit chat A l’instar de l’écureuil, cet animal de compagnie est en effet réputé pour être actif dès le lever du jour.

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