37 militaires guinéens, ont été appréhendés. Essentiellement des proches de l'ancien président du régime de transition, le général Sékouba Konaté. « Grabuge à Conakry », titre Le Soleil au Sénégal, pour qui « l’attaque d’hier a permis d’une part au président guinéen de se persuader qu’il a touché là où ça fait mal [référence à la réforme de l'armée] et d’autre part [a prouvé] la détermination des hommes en treillis à défendre leurs statuts et prébendes à n’importe quel prix ».
Faux complot ?
Mais finalement, la presse se demande s'il ne s'agirait pas d'un « faux complot ». « Cette tentative [d'assassinat] ne serait-elle pas [une ruse] pour faire le ménage au sein [de l'armée] ? Attaque-t-on un président avec des moyens aussi dérisoires et un plan aussi léger que l’ont fait les putschistes de Conakry? » s'interroge Liberté au Togo. Même hypothèse développée par Aminata.com , qui croit savoir que des arrestations de militaires ont eu lieu dès samedi.
« Comment peut-on procéder à des arrestations pour un fait qui n’a pas encore eu lieu ? », s'interroge le journal en ligne guinéen. Pour lui, cette attaque a été « fomentée par le pouvoir pour distraire l'opinion et régler des comptes ». Moins affirmatif, GuinéeConakry.info se demande pourquoi Alpha Condé ce jour là, a changé de chambre à coucher. Il se demande « si le président n’était pas au courant de ce qui devrait arriver ? N’a-t-il pas laissé à dessein, le poisson pourrir (...) pour mettre à nu ses détracteurs ? »
Unité apparente
En tout cas, la presse se félicite de l'apparente unité qui a suivi, avec la condamnation unanime de l'attaque. « Pour une fois, écrit GuinéeConakry.info, les Guinéens de tous bords politiques, de toutes confessions religieuses (...) disent la même chose. Ne serait-ce que pour quelques heures tout au plus, la Guinée était une nation ». Reste à savoir si Alpha Condé peut exploiter ce début d'unité. Pour cela, « il devra rompre avec les habitudes des régimes antérieurs, prévient Liberté au Togo. Habitudes qui consistent à s’entourer de personnalités de son ethnie, à offrir des passe-droits à ces derniers ».
Par Marie Normand