Affaire Sable Mining : la Guinée demande à Global Witness de lui apporter ses preuves

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Le chef de l'État guinéen, Alpha Condé, a annoncé que la justice allait être saisie pour faire la lumière sur les conditions dans lesquelles le britannique Sable Mining a acquis ses concessions minières en Guinée, suite aux accusations de corruption révélées dans un rapport de l'ONG Global Witness.

À la suite de la publication du rapport de Global Witness sur l’affaire Sable Mining le 11 mai 2016, mettant en avant des irrégularités et des pots de vins que cette compagnie britannique aurait versés en vue de l’obtention de permis miniers, notamment en Guinée, les autorités n’ont pas tardé à réagir à Conakry.

Dimanche 15 mai, la présidence de la république guinéenne avait convié les journalistes à une conférence de presse durant laquelle Alpha Condé est revenu sur le sujet.

Répondant à une question de la radio publique française RFI sur ce sujet brûlant, le président guinéen, visiblement remonté, a insisté sur la bonne gouvernance du secteur minier depuis son arrivée au pouvoir en 2010. « Nous avons publié tous les contrats miniers sur internet, établi un nouveau Code minier et retiré 800 permis à des propriétaires qui n’en faisaient rien tout en spéculant parfois en bourse sur ces actifs ! », a-t-il fait valoir.

Quant à l’affaire Sable Mining, Alpha Condé a expliqué avoir demandé au ministre des Mines de saisir son collègue de la Justice sur le sujet. « Nous allons demander à cette ONG [Global Witness] de venir avec leur preuves. Puisqu’ils ont fait des accusations, on demande à la justice leur collaboration pour faire la lumière sur ce qui s’est passé à l’occasion de l’octroi de ces permis », a-t-il annoncé.

Tout en mettant en doute les révélations de l’ONG spécialisée sur les questions de transparence sur les liens entre son entourage, et en particulier son fils Alpha Mohamed Condé, et cette affaire : «  Cela me fait rire. Je ne suis pas obnubilé par les ONG, elles n’ont qu’à écrire ce qu’elles veulent », a-t-il affirmé aux journalistes présents à la conférence de presse.

Et le président de rappeler qu’il veillait à ce qu’aucun membre de sa famille ne soit impliqué dans des affaires en profitant de ses responsabilités politiques. « Il y a trois défauts qui expliquent une bonne partie de l’échec de dirigeants en Afrique, je l’avais rappelé dans un entretien à Jeune Afrique : l’argent, les femmes et la famille. Aucun membre de ma famille n’est dans une affaire. Si ma femme m’apporte un dossier, le lendemain, je divorce ! , a-t-il lancé.[…] Comme on ne peut pas m’atteindre, on s’attaque à mon fils, mais cela ne me fait ni chaud ni froid. » Et le président met au défi les journalistes de trouver « un seul homme d’affaires étranger ou guinéen qui l’ait financé ».

Pas de plainte contre Global Witness

Si certains sites guinéens et l’agence Reuters ont indiqué un temps que la Guinée allait attaquer en justice Global Witness, il semble que ce ne soit pas le cas.

Contactée par Jeune Afrique, l’ONG indique n’avoir reçu aucune communication adressée en ce sens. En revanche, le gouvernement guinéen chercherait l’assistance des autorités britanniques pour faire plus de lumière sur cette affaire.

 

Christophe Le Bec

Source: jeune afrique

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