Alpha Condé: «Après 50 ans de combat, je sais ce que je veux pour la Guinée»

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Le président de la Guinée, Alpha Condé, de passage à Genève, évoque les derniers rebondissements de l’affaire BSGR. Accusé de corruption, ce groupe minier s’est vu retirer ses droits sur un gisement de fer géant en avril. Des enquêtes sont en cours aux USA et en Suisse.

Elu président de la République de Guinée en 2010, Alpha Condé était présent mercredi à Genève à l’occasion de la célébration des 10 ans du Cercle Diplomatique de Genève. Ce dernier devait également rencontrer l’Organisation mondiale de la santé, pour la «remercier suite à son intervention» lors de la récente crise du virus Ebola. Egalement au programme, un déjeuner avec des hommes d’affaires – du secteur des matières premières ou de l’agroalimentaire, notamment.

Sa rencontre a notamment l’occasion de faire le point sur le conflit entre Conakry et le groupe minier BSGR. Accusé de corruption par les autorités, ce groupe lié à un milliardaire installé à Genève, Beny Steinmetz, s’est vu retiré au début du mois ses concessions sur un gigantesque gisement de fer. «Alpha Condé veut voler nos avoirs et les distribuer à ses amis» accusait Beny Steinmetz il y a quelques mois. Son partenaire sur ce projet, le géant brésilien Vale, qui n’a pas été mis en cause, a également perdu sa concession.

Le Temps: De tristes circonstances – la crise sanitaire liée au virus Ebola – ont placé la Guinée sur le devant de la scène ces dernières semaines. Comment le pays fait-il face?

Alpha Condé: Il y a eu une exagération de la part d’organisations qui, pour attirer les fonds, ont parlé rapidement d’épidémie. En tout et pour tout, il y a eu 61 décès. Ceux qui sont contaminés son en quarantaine. On suit tous les jours ceux qui ont été en contact avec ces derniers et il n’y a plus eu de nouveaux cas. Le Sénégal a annoncé aujourd’hui la réouverture de ses frontières.

– L’autre affaire faisant parler de la Guinée tient au retrait des droits miniers du groupe BSGR. Ce dernier parle d’expropriation, de coup monté…

– La situation est la suivante. Nous procédons à une revue générale des contrats miniers signés avant mon arrivée au pouvoir, afin de renforcer l’Etat de droit et la transparence. Elle n’est dirigée contre personne: nous avons ainsi récupéré plus de 800 concessions. Certaines étaient ainsi – depuis dix ans – aux mains d’investisseurs qui n’y avaient jamais mis les pieds… tout en gagnant de l’argent en les plaçant dans des sociétés cotées à Londres. Nous avons retiré des permis dans le domaine du minerai de fer, mais aussi de la bauxite et du diamant. Le fait est que la Guinée a longtemps été présentée comme un scandale géologique. Nous aurions dû être le premier pays de l’Afrique de l’Ouest. Nous sommes le dernier. Nos richesses n’ont donc servi à rien? Aujourd’hui nous voulons une coopération avec les sociétés minières qui leur permettent de gagner de l’argent… en développant des richesses – nos richesses – qui permettront à la population guinéenne de se développer.

Source: letemps.ch

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