Alpha Condé : priorité à l'irrigation et à l'autosuffisance alimentaire pour le développement (Interview)

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Plus de dix ans après l'engagement pris en 2003 à Maputo au Mozambique, les dirigeants de l'Union africaine (UA) réunis en sommet jeudi et vendredi à Malabo, en Guinée équatoriale, ont réaffirmé leur volonté d'affecter au moins 10% de leurs budgets nationaux au secteur agricole. La Guinée prévoit également de se développer par l'irrigation, selon son président Alpha Condé.

Ce pays d'Afrique de l'Ouest riche en ressources minières se déclare déterminé à tirer profit de ses 6 millions d'hectares de terres arables encore faiblement valorisées, en adoptant des méthodes et des techniques de production qui correspondent à ses besoins, ce qui lui permettrait d'être autosuffisant et de devenir un exportateur de produits agricoles, a déclaré le président Condé dans un entretien avec Xinhua à l'issue du 23e sommet de l'Union qui s'est clôturé vendredi soir après deux jours de discussions.

Xinhua : Monsieur le président, quel bilan tirez-vous du 23e sommet de l'Union africaine auquel vous venez de participer à Malabo aux côtés d'une quarantaine d'autres dirigeants africains pour discuter de l'agriculture et de la sécurité alimentaire en Afrique ?

Alpha Condé : Il est très important que nous ayons abordé le problème de l'agriculture, parce que l'agriculture est l'avenir de l'Afrique. Vous savez, les populations augmentent, il y a de moins de moins de nourriture. Donc, demain la nourriture va devenir plus importante que le pétrole. Et l'Afrique a d'immenses potentialités, surtout si nous développons l'irrigation. Donc, non seulement nous devons nous battre pour avoir l'autosuffisance alimentaire, mais nous devons faire en sorte que l'Afrique devienne un grand exportateur de riz, de blé, etc.

Parce que ça va être extrêmement important pour nous demain. Donc, c'est une bonne chose que nous commencions à réfléchir ensemble et que nous unissions nos forces pour qu'on devienne une véritable puissance agricole.

X : Pour la Guinée, quels sont les défis à relever dans ce domaine ?

AC : La Guinée, nous avons 6 millions d'hectares de terres fertiles, nous en exploitons à peine 20% alors que nous pouvons faire deux cultures par an. Notre objectif aujourd'hui est de développer l'irrigation. Nous avons un projet commun avec le Mali. Ça va nous permettre de développer l'irrigation et de produire à la fois en janvier et pendant la saison des pluies, donc non seulement d'être autosuffisants mais de pouvoir exporter rapidement. Avant d'être un scandale géologique, la Guinée est d'abord un scandale agricole. Nous allons faire en sorte que ce ne soit plus un scandale, mais une réalité.

X : En matière minière justement, quels sont les résultats aujourd'hui de la révision du code minier que vous avez engagée ?

AC : Nous avons signé le cadre d'investissement avec Rio Tinto pour faire le chemin de fer et le port, qui est une émission de 20 milliards (de francs CFA). Nous venons de ratifier l'accord avec GAT pour l'exploitation de la bauxite de Sangardi avec Mobodala, Abou Dhabi. Aujourd'hui, nous avons dépouillé l'appel d'offres pour l'exploitation de la bauxite de Bofa et nous sommes en négociation aussi pour finaliser la convention avec AMC. Donc, l'année prochaine il y aura beaucoup de projets miniers qui vont démarrer.

X : Un autre sujet qui a été débattu lors du sommet de l'UA, c'est la menace terroriste sur le continent. Pour vous, quelles actions doivent-elles êtres menées pour combattre ce phénomène ?

AC : Il faut que les pays africains se mettent ensemble. Nous avons commencé à réfléchir. Il y a des pays qui ont des moyens logistiques : avions, bateaux, etc. Il faut que nous nous organisions pour que ces pays mettent à la disposition des forces d'intervention rapide leurs moyens pour que nous ne soyons pas dépendants de l'Occident, que nous puissions par nos propres forces nous projeter sur le terrain et surtout qu'on soit très solidaires. Quand la maison de ton voisin brûle, si tu ne vas pas à son secours, ta maison brûle. Donc, il faut une plus grande solidarité entre les pays africains, indépendamment des différences, c'est-à-dire s'il y a quelque chose en Afrique centrale, il faut que ça soit l'affaire de toute l'Afrique et non pas de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) d'un côté ou de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale). A ce moment-là, nous pourrons résoudre nos problèmes.

Source:Xinhua

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