Appel aux organisations et associations des Sociétés Civiles de la CEDEAO

 

Les situations politique et des droits de l'homme en Afrique de l'ouest redeviennent à nouveau préoccupantes comme elles le furent dans les années post-coloniales. De ce constat, nous lançons un appel aux organisations et associations des Sociétés civiles de la CEDEAO pour qu'elles reprennent en main notre destin et nos choix de société en se fédérant pour créer une entité permanente sous-régionale des associations et organisation de la Société civile. Car nous sommes tous confrontés aux mêmes problèmes:

liberté d'expression, de rassemblement, de manifestation, persécutions de journalistes et de l'opposition avec parfois des assassinats; des élections volontairement biaisées; et le plus répandu, les détournements de deniers publics endémiques dans la CEDEAO. En effet, nos chefs d'État ont confisqué notre souveraineté souvent durement obtenue du colonisateur. Or seul le peuple est souverain et non un gouvernement, surtout lorsqu'il est abusif et sourd aux aspirations de celui-ci! Ils violent quotidiennement les textes qu'ils ont -ou leur gouvernement- sans aucune contrainte signé lors de la constitution de l'Union africaine qui a remplacé l'OUA avec un but clair d'intégration panafricaine et surtout de respect de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Les Sociétés civiles de nos pays devraient arrêter de jouer ''personnel'' et comprendre que les problèmes des voisins viendront tôt ou tard les hanter aussi. Et surtout que rien n'est jamais définitivement acquis ; pour preuve le Sénégal -qui a longtemps été une ''boussole'' en termes de démocratie en Afrique- qui est tenté de copier le Gabon en organisant des présidentielles à un seul tour: ce qui pourrait donc faire élire un président avec 20% des voix ou moins et plonger le pays dans le même tourbillon que connaissent le Niger et surtout la Guinée.

Cela dit, la colonisation a morcelé nos cultures, balkanisé nos territoires; et malgré les rhétoriques ''pro-africanistes'', nos chefs d'États ont exacerbé ces maux, machiavéliquement et méthodiquement entretenus aussi par les ex-impérialistes (les Occidentaux). Car cela arrangeait et arrange les dictateurs au détriment de la majorité des populations africaines. En 2009, nos avons les ressources intellectuelles pour nous sortir de ce guêpier mental et idéologique qui nous maintient éloignés et indifférents les uns des autres (les pays) alors que notre destin est lié par notre contiguïté géographique et parenté culturelle (et de plus en plus matrimoniale aussi); sans parler du phénomène de la ''globalisation''. Le principe de non ingérence, abusivement invoqué par les politiques, est un non-sens lorsque les droits de l'homme et les libertés individuelles sont menacés et bafoués. Au 21ème siècle, le Monde a beaucoup évolué en termes d'entente et surtout en compassion à tel point que même les animaux ont désormais des droits! Vous conviendrez donc que nous devons transcender ces réticences (ingérences) qui nous ont été inculquées dans le seul but de nous endoctriner en nationalistes obtus (comme les Pdgistes* en Guinée, par exemple) afin de mieux nous manipuler au service du pouvoir en place dans nos pays. Les droits de l'homme -tels que définis par la Déclaration du même nom- ainsi que les libertés individuelles doivent être universels et concerner tout le monde en tout lieu -pas de frontières- et en tout temps.

Ce constat accepté, nous souhaiterions suggérer aux réseaux animés par les ONG de défense des droits de l'homme ainsi qu'à tous les partis politiques soucieux de construire une Afrique débarrassée de ces tares, d'user de toutes leurs influence, ressources humaines par leurs contacts, partenaires et amis au sein pour lancer des sortes de consultations sur les faisabilité et viabilité d'un tel chantier dans la CEDEAO : que les associations et organisations de la Société civile de l'Afrique de l'ouest forment un bloc commun, un groupe de pression dans le but de rendre leur ''souveraineté'' aux populations en réorientant l'exercice de la politique dans la sous-région dans le sens d'une vraie démocratie et du respect de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Bien que le but soit de lancer le débat et la réflexion, voilà néanmoins quelques idées:

  • Demander qu'il y ait une charte de la CEDEAO qui exigerait aux pays membres de respecter des critères clairs et sans équivoques dans tout processus électoral, en termes de libertés individuelles et des droits de l'homme énoncés plus haut.

  • Il existe déjà un Parlement sous-régional à partir duquel il est possible de mettre en place d'autres structures comme impérativement aussi une Cour constitutionnelle (ou Conseil) ou suprême de la CEDEAO qui harmoniserait les différentes constitutions nationales et serait l'institution de dernier recours.

  • Il faudrait aussi mettre en place une Commission électorale sous-régionale indépendante qui organiserait et superviserait toutes les élections dans la sous-région.

  • Nous pourrions aussi rajouter le démantèlement des Armées nationales au profit d'un commandement intégré pour une Armée sous-régionale: plus d'Armée nationale, plus de coup d'État!

Voilà le minimum à réaliser pour résoudre nos problèmes en Afrique qui en fait sont et ont toujours été politiques: l'obsession d'accéder au pouvoir par tous les moyens a toujours été, pour nous Africains(à quelques exceptions près comme incontestablement Nelson Mandela), une fin en soi au lieu d'être un moyen de servir son pays. Notre but sera de remettre chaque personne à sa place si les règles sont claires et justes pour tout le monde sans possibilité d'usurpation et de coercition: les politiques feront de la politique, le chercheur se concentrera sur la recherche, le médecin soignera les malades, etc. Ainsi dans une atmosphère sereine, équitable de respect de l'Homme, les Africains pourront enfin libérer leurs talents et génies sans persécution, spoliation et surtout vivre de leur labeur sans fuite des cerveaux. La politique ne doit plus, en Afrique, être le seul moyen de réussite financière et d'ascension sociale! La vérité après 50 ans est que la source de notre sous-développement est principalement endogène, généré par la mauvaise pratique de la politique qui fut inique et souvent meurtrière qui a étouffé toute source de progrès par peur des challenges/défis de la compétition: la médiocrité a donc été favorisée par nos dirigeants pour mieux assoir leur pouvoir. Accuser ''l'Occident'' qui a certes joué une part est aisé pour occulter la médiocrité de nos leaders au pouvoir et notre propre incapacité à transcender nos divisions communautaristes au profit de la nation en construction. Reconnaissons nos erreurs et faisons notre mea-culpa pour progresser! Si la théorie d'ingérence impérialiste était entièrement fondée, l'Asie aussi serait au même niveau que nous: ils ont su s'affranchir et adopter seulement ce qui pouvait les faire avancer.

Réitérons encore une fois que la Société civile de chaque pays se concentrant exclusivement sur ses propres ennuis sans se sentir concernée par ceux des ses voisins se trompe et se leurre car face à un ''syndicat'' de chefs d'État africains qui s'épaulent et s'entraident (''en douce'') nous n'avons aucune chance individuellement. Les problèmes d'une Société civile dans l'espace CEDEAO devraient interpeler toutes les autres qui auraient dû se montrer solidaires: c'est aussi et surtout, plus que tout, la communauté des hommes et des femmes, pas seulement économique ! Et puis, n'aspirons nous pas à fonder les États Unis d'Afrique à terme?

Contrairement à l'Union européenne qui se construit par le haut, par la volonté des chefs de gouvernement, pour la CEDEAO, nous, la Société civile, devons en être le moteur afin de contrôler le processus et le diriger dans un sens démocratique. Autrement, nous (le peuple) risquons de perdre encore plus notre souveraineté et liberté au profit de l'Exécutif (les chefs d'États) qui nous imposera ses caprices.

Les débats, réflexions et propositions sont ouverts ! Il est incontestable que l'union fait la force surtout pour imposer la liberté et la démocratie à des autocrates: les 50 prochaines années en Afrique doivent être celles du peuple; et non plus celles de la duplicité des dictatures post-coloniales ! La balle est dans notre camp! Les Guinéens sont les mieux placés pour lancer l'initiative avec détermination tant nous avons et continuons à souffrir de l'indifférence des autres à nos malheurs au nom d'un principe hypocrite et inhumain de non-ingérence. L'astuce, ici, est de résoudre les problèmes politiques particuliers de nos pays à travers un cadre et des solutions globales pour la sous-région : en termes de perception au moins, aucun pays ne pourra invoquer d'être spécifiquement ciblé ou indexé. De toutes façons, c'est toute l'humanité qui en tirera profit si le respect et la dignité de l'Homme deviennent en actes, universels.



Note*: Nous avons lu tantôt sur le Net que la Guinée était une « démocratie populaire »à côté des ''démocraties libérales''. Pour justifier le PDG? Si c'est le cas, il faudrait préciser que ces deux termes ne sont que du marketing politique pour embrigader idéologiquement les gens crédules. Ce sont des pléonasmes car la définition de ''démocratie'' implique qu'elle est populaire (volonté du peuple) et libérale (liberté de pensée individuelle mais la majorité prime). Néanmoins, les démocraties populaires ont toutes été, sans exception, des dictatures, souvent sanglantes ! Pour dire que dans les faits, les démocraties populaires n'ont jamais respecté ni la volonté du peuple ni les droits de l'homme (faits faciles à vérifier).

- L'arrestation du vaillant Mouctar Diallo (si c'est bien celui des NFD) confirmerait mes avertissements: les leaders des FV doivent se préparer pour renter en Guinée, sinon ce serait un suicide collectif pour eux. Le CNDD n'a aucune notion d'humanité!

 

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