Attaque de la radio Batè: Ce genre d'agissement doit être puni et unanimement condamné selon le ministre Gassama Diaby

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Déclaration: ‘’Suite à l’enlèvement inacceptable et injustifiable des matériels audio et la persécution de certains journalistes de la radio Batè Fm à son siège à Kankan par des groupes d'individus, le Ministère des Droits de l’Homme et des Libertés Publiques constate avec regret et préoccupation la récurrence des comportements qui portent gravement atteinte à l'esprit démocratique, aux principes généraux des Droits Humains, notamment à l'endroit des journalistes, dans l'exercice de leur métier, et l'expression libre de leurs opinions.

Il est important de rappeler que le droit à l'information pour tous les citoyens et la liberté de la presse sont essentiels dans une démocratie. Nul n’a le droit d’empêcher l’expression et la jouissance de ces droits et libertés reconnus à tous par notre Constitution. Par conséquent, L’Etat a le devoir de les respecter, de les protéger et de les faire respecter et protéger. Les libertés et droits fondamentaux sont inviolables, inaliénables, imprescriptibles et indispensables pour tout bon fonctionnement démocratique. Personne et aucun groupe de personne n'a le droit de porter atteinte à ces droits et libertés.

Ils fondent toute société humaine et garantissent la paix et la justice dans une société démocratique. Notre pays ne peut faire exception si nous voulons nous doter d'une société démocratique et de ses règles universellement définies. Aucune situation d’exception, d’urgence ou de contrariété sociale ou politique ne doit justifier la violation de ces droits et libertés dans une société qui se voudrait démocratique. L’expression et la jouissance de ces droits et libertés furent elles déplaisantes, gênantes ou désagréables, sont nécessaires à la construction d’une société démocratique respectueuse des Droits de l'Homme. La liberté de presse, celle de la communication et d’opinions sont garanties et protégées par notre Constitution et par les conventions internationales relatives aux droits de l'Homme, auxquelles notre pays a librement adhéré. En cas d’anomalie, d'irrégularités ou de dysfonctionnement dans l'exercice et la jouissance des droits et libertés, les voies de recours légales sont prévues, et il revient aux autorités légalement compétentes, en particulier aux juges, de dire le droit et de prononcer les sanctions prévues à cet effet. Nulle autre solution et surtout nulle violence ne saurait être admissibles à l'égard des journalistes dans l'exercice de leur mission. Faut-il aussi rappeler que dans le cas des médias, le droit de réponse à l’information jugée infondée ou erronée est également et légalement garantie à tout citoyen. Au regard de toutes ces prescriptions légales et de la nécessité impérieuse de garantir la dynamique démocratique dont notre pays a vitalement besoin, le Ministère des Droits de l’Homme et des Libertés Publiques condamne fermement l’agissement de ces groupes d'individus et invite les autorités à tous les niveaux à prendre toutes les mesures en vue de rétablir les victimes dans leurs droits et de veiller à une pleine jouissance des droits et libertés de tous les citoyens ainsi que de tous les journalistes.

Et pour en finir avec notre culture d'impunité, pour rappeler aux citoyens que la liberté de la presse est un principe sacré en démocratie, pour inculquer aux citoyens la vertue de l'opposition d'idées, pour dire que tout n'est pas permis dans un État de droit démocratique, il est impératif que ceux et celles qui se sont livrés à ces attaques inacceptables, quelques soient les motifs, quelques soient leurs statuts, leurs opinions politiques, répondent de leurs actes devant la justice. Aucune violence n'est justifiable dans un État de droit, et ce, quelques soient les motifs. Il revient à l'Etat de faire comprendre cela à chaque citoyen, de façon neutre, impartiale et rigoureuse. S'en prendre aux journalistes, pénétrer violemment dans les locaux d'une radio, faire preuve de violence, sous prétexte qu'on y aurait diffusé des informations fausses, déplaisantes ou orientées, est un comportement absolument inacceptable au regard des principes démocratiques et des Droits de l'Homme universellement reconnus. Notre pays, la Guinee, pour son image, pour son honneur et pour sa crédibilité démocratique, se doit, à travers sa puissance publique, de créer et de protéger le cadre et toutes les conditions nécessaires pour le plein exercice et la pleine jouissance de tous les droits et libertés sans lesquels on ne saurait prétendre être en démocratie. Ce genre d'agissement doit être puni et unanimement condamné.

*Si ce genre de comportement n'est pas dénoncé et sanctionné, plus encore lorsque cela est fait au nom du pouvoir et de ceux qui gouvernent, ce sera la porte ouverte à toutes les dérives futures et dangereuses et la decredibilisation de l'idée même de loi( la même pour tous) et de Droits de l'Homme. Ce genre d'agissement totalement contraire à tous nos principes juridiques et moraux, doit etre unanimement condamné et sévèrement puni, quelques soient les auteurs. A défaut, l’Etat faillirait à son devoir fondamental de respecter et de faire respecter les droits et libertés de chacun et de tous, parmi les quels, figurent la liberté de la presse, le droit à l'information, celle des opinions et de la communication. Être politiquement contrarié n'autorise pas tout. La loi doit s'imposer à tous, qu'on soit du côté du pouvoir ou de l'opposition. Dans le cas contraire, nous mettrons en péril notre paix collective et notre idéal démocratique.

Par Gassama Diaby

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