Attention au piège Konaté et susceptibilités

 

A lire et écouter de nombreux compatriotes -et accessoirement la communauté internationale-, il semble que nous pourrions commettre une erreur d'appréciation qui risque de nous coûter en vies et en temps pour sortir de cette agression du CNDD contre la Guinée. En effet, réduire nos malheurs à la simple personne de Dadis est étonnant et surprenant de la part de toutes ces personnes expérimentées: Dadis n'était que la particule hâbleuse, fanfaronne et figure de proue du système tandis que les ''idéologues'' et stratèges discrets et silencieux sont bel et bien en charge de cette dictature devenue sanguinaire et prête à agir en desperado pour se maintenir, quitte à sacrifier les plus vulnérables parmi eux.

 Tant que nous n'accepterons (accepter est le mot car nous et d'autres l'avons déjà signalé depuis Conté) pas de comprendre et admettre le fonctionnement subtile de cette machine, ''mafia'' et ''Guinée-phobe'', nous resteront en perpétuel conflit, incompréhension et victimes de la barbarie. L'homme ''nouveau'' voulu et forgé par L'Autre- de''58''- a développé une mentalité d'opportunistes réactionnaires qui prennent d'assaut tout individu investi ou auto-investi du titre de Chef de l'État pour l'endoctriner en sauveur/messie omnipotent et omniscient sans lequel la Guinée serait un chaos ou/et recolonisée par un hypothétique ''Occident''ou la France. Et cet ''homme nouveau'' sommeille en la plupart (heureusement, une minorité s'est montrée réfractaire à ce lavage de cerveau)des Guinéens nés en Guinée avant les années 1980 (thèse d'un de mes oncles qui lutte pour une Guinée libre depuis plus de 40 ans et à laquelle je souscris entièrement). Nos problèmes politiques, en fait, ne viennent pas exclusivement de celui qui dirige et s'affiche mais de nos nombreux ''parents'' qui l'entourent et agissent en son nom pour leur propre intérêts immédiats -souvent matériels. A ce propos, citons Gustave Le Bon: «  Un dictateur n’est qu’une fiction. Son pouvoir se dissémine en réalité entre de nombreux sous-dictateurs anonymes et irresponsables dont la tyrannie et la corruption deviennent bientôt insupportables » . Tout cela pour dire que tant que nous ne nous attaquerons pas à tous ceux qui contribuent d'une façon ou d'une autre à maintenir et faire vivre le système, nous pourrons éliminer ou remplacer autant de chefs que nous voudrons ou pourrons, notre malheur sera le même, immuable: un serpent à plusieurs têtes, avec une qui repousse à chaque fois qu'une autre est coupée. Pour preuve encore: pourquoi pensez-vous que depuis mars 2007, il y a eu Kouyaté, Souaré, Dadis (hors-jeu?) et peut-être, si nous laissons faire, Konaté, et la situation en 3 ans n'a pas évolué, progressé, elle a même régressé?! Et pourtant, ces nafiguis (traitres hypocrites) et battoulahs (lèches bottes vénaux) sont connus et beaucoup plus vulnérables à nos mesures de rétorsion. Notre stratégie de lutte doit être repensée! Il est naïf de penser que la personne physique de Konaté, peut changer ou supplanter la personne morale dont il fait partie, le CNDD.

Cela dit, voici ci-dessous une partie d'un article-opinion, ''Qui a peur d'une Force neutre'', publié il y a quelques mois qui tente d'expliquer les oppositions paradoxales à une résolution rapide de cette agression du CNDD contre le peuple de Guinée:

[...] pourquoi certains compatriotes sensés et certainement patriotes (à leur manière) craignent la venue d'une force neutre de protection ( pas ''d'intervention'') composée de frères africains? Il est évident pour quiconque de bonne foi que dans tout conflit, le rapport de force (dans ce cas d'espèce: armé) est déterminant pour progresser vers une résolution à l'amiable. A moins d'être dadis*, personne ne peut imaginer un seul instant que la Guinée puisse être colonisée par la présence de troupes étrangères amies sous mandat international. Il serait paradoxalement très regrettable de considérer nos frères de l'Union Africaine a fortiori de la CEDEAO comme des étrangers sur le sol guinéen; et pire, des envahisseurs au service d'une puissance tutélaire. Ce, d'autant plus que probablement, plus d'un pays enverraient ses soldats et agents pour nous aider. De deux choses l'une, soit c'est de la paranoïa réactionnaire ''anti-colonialiste'' désuète qui est, en fait, l'expression d'un complexe d'infériorité qui voit toute association ''occidentale'' comme suspecte, soit alors, c'est un subterfuge politique et démagogique, attrape-nigauds, pour exécuter un plan en cours qui se trouverait menacé par cet imprévu de taille: une force neutre de protection ferait échouer leur plan. Ces objections sont d'autant plus étonnantes qu'en 2007, notre Général Lansana Conté a probablement fait venir des mercenaires, Bissau-Guinéens, pour abattre des Guinéens; tandis que le Capitaine Dadis aurait, quant-à lui, des Libériens et Sierra-Leonnais portant des tenues militaires de l'Armée guinéenne pour nous mater; et nous n'avons pas entendu d'indignations de ces objecteurs réactionnaires de circonstance! Cela est très incohérent! Ne nous laissons pas abuser! En fait, hormis Dadis et certains compatriotes qui partagent la même langue vernaculaire que lui, bien sûr, il y a trois groupes de Guinéens que l'éventuelle force d'interposition, de protection ou de paix indispose : le premier par idéologie caduque qui continue à regarder derrière au lieu de tourner la tête est avancer; puis les deux autres qui cherchent à manœuvrer politiquement. Parmi ces derniers, l'un est purement ''partisan'' alors que l'autre est ''militaro-partisan''. De quoi s'agit-il donc?

  • Le premier groupe que nous pourrions qualifier de ''complexés de l'indépendance'', plutôt innocent continue à mener un combat fini en 1958, sous cette forme: la souveraineté et l'indépendance sont des notions relatives qui ne sont pas définitives. Développer cette idée nous éloignerait de notre sujet; (…). Malgré nos richesses potentielles (elles ne sont que potentielles!), elles n'attisent pas encore la convoitise au point d'être envahis comme l'Irak; et en 2009, les puissances étrangères ont tout un arsenal plus subtile pour ''coloniser'' les pays sans présence physique sur leur sol: les muti-nationales et leurs universités qui nous modèlent à souhait. C'est plus malin et plus efficace. Cela dit, ce groupe plutôt innocent, nous fait du mal en étant malgré lui et involontairement un allié objectif du CNDD.

  • Le second, constitué de partis politiques qui ont déjà baissé les bras sans même essayer de se battre (pour les élections) ont adopté la ''tactique de la terre brulée'': si ce n'est pas moi, celui qui viendra devra trouver que ruines et désolations. C'est ce que les Anglo-saxons appelleraient une mentalité de loser (perdant). Ce serait risible comme attitude politique défaitiste si ce n'est que son effet peut être comparable à celui des attentats suicides: cela pourrait nous handicaper fortement à défaut de nous perdre tous.

  • Quant au dernier groupe, le plus dangereux de tous à cause de sa branche militariste ou composés de militaires et paramilitaires. Contrairement au second groupe, Dadis n'était qu'un moyen de parvenir à leur fin car leur mouvement est en fait un épiphénomène par rapport au CNDD. Ils sont probablement mieux organisés avec possibilité de mobilisation de ressources; le tout motivé par une idéologie. Par soucis de concision, nous n'allons pas développer plus. Par contre, ceux qui suivent régulièrement la politique guinéenne intra et extra-muros, se souviendront des rumeurs de réunions lors de la première visite (sous le CNDD) pour raison de santé du Général de Dadis, Sékouba Konaté au Maroc: ce dernier se serait retrouvé avec des alliés afin de peaufiner une stratégie de conquête du pouvoir. Ce qui semblait être des ''on dit'' devient de plus en plus plausible et prend forme.

Ces deux derniers groupes mentionnés ci-dessus ne peuvent accepter la venue d'une force neutre et amie de la Guinée car elle mettrait en péril leur plan machiavélique. Pour ces compatriotes, une Guinée sécurisée, libre avec un processus démocratique en marche sonnerait la fin de leur rêve et machination. Autrement encore une fois, avec tout ce que nous avons vu et souffert avec le CNDD depuis presque 12 mois et la façon dont les militaires se comportent au Pays, quel(lle) patriote n'accueillerait pas les bras ouverts d'autres Africains prêts à risquer leur vie pour que la Guinée retrouve le chemin de la ''réconciliation''(euphémisme pour ''arrêt d'agression militaire interne'') et des urnes pour choisir librement leurs dirigeants? En plus, cette invitation (d'une force en Guinée) est faite avec insistance par une partie -certainement majoritaire- de la population sur laquelle pèse la menace quotidienne des bipèdes du CNDD. Vous remarquerez que des représentants des ces différents groupes sont intervenus sur le Net et d'autres média pour défendre leur position avec des arguments spécieux. Pour nous, quelques faits récents disqualifient tout leur laïus nationaliste exprimé sous forme de galimatias intellectuel: l'impossibilité d'organiser le cinquantenaire sans concours extérieur et le fait qu'un pays comme le Koweït non producteur de riz soit obligé de nous en acheter pour nourrir notre population. Qu'est ce qui est plus honteux et humiliant? Quémander de la sorte ou une force amie en Guinée? Modestie et humilité devraient donc nous guider dans toutes nos relations internationales.

Pour finir,[...]. Et ce serait une bonne idée que les Forces Vives avertissent tous ceux qui font du business et signent des accords avec les ministres de la junte qu'ils le font à leur risque et péril: ce gouvernement étant illégal et illégitime, la responsabilité du futur État guinéen ne saurait être engagée; il n'y a pas ici continuité de l'État. Et en plus, avant toute démarche en terre guinéenne, la sécurité des opposants et de la population doit être assurée. Nous sommes tous Guinéens au même titre: certains disent ''non'' et nous, nous disons ''oui'' à une force africaine de protection. Les plus déterminés l'emporteront.

La lutte continue et le plus dur commence!


*: néologisme,de notre part, adjectif signifiant fou, illuminé et mythomane

Note: Les NFD ne devraient pas se laisser embobiner par des perdants: participer aux pourparlers de Ouaga, gagne-temps, n'est pas le plus important pourvu que la Guinée soit débarrassée du CNDD! L'essentiel se passera sur le terrain en Guinée, le moment venu.

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