Autorités et partenaires de santé à l'assaut du dernier verrou de réticence anti-Ebola en Basse Guinée (Synthèse)

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Alors que la date butoir du plan de riposte intitulé "Zéro Ebola en 60 jours" fixée au 10 mars approche à grands pas, les autorités guinéennes et les partenaires de santé sont en train de déployer toute leur énergie dans les dernières poches de réticence qui se concentrent principalement en Basse Guinée.

C'est dans cette optique que le directeur du Centre de Contrôle et de Prévention des Maladies (CDC) basé à Atlanta aux Etats-Unis, le Dr. Thomas Frieden s'est rendu ce vendredi dans la localité de Maférinya, située à une centaine de kilomètres de la capitale en Basse Guinée, pour sensibiliser les populations de cette zone, où la réticence aux équipes engagées dans la riposte contre Ebola, constitue un frein à l'éradication de ce virus qui a déjà fait 1755 décès confirmés sur 2840 cas confirmés enregistrés.

A noter que les mêmes statistiques indiquent que sept nouveaux cas ont été enregistrés depuis le 5 mars, tous dans des préfectures de la Basse Guinée. Il s'agit d'un cas à Boffa, cinq cas à Forécariah et un cas à Coyah, dont six décès.

Le Dr. Thomas Frieden qui était en compagnie du grand Imam de la Mosquée Fayçal de Conakry, Elhadj Mamadou Saliou Camara a appelé les populations de Maférinya, à s'impliquer dans la lutte contre l'épidémie d'Ebola, en observant les mesures sanitaires édictées par les spécialistes en la matière.

Il a conseillé aux populations "à ne pas toucher aux malades ainsi qu'aux corps, afin d'éviter tout risque de contamination", rapportent nos sources.

Le Dr. Thomas Frieden a terminé cette tournée par des échanges avec des personnes guéries d'Ebola, vivant dans la localité de Maférinya.

Le grand Imam de Conakry, lui, a invité les populations à éviter de croire aux folles rumeurs qui entourent la propagation du virus Ebola. Il a rappelé aux habitants de Maférinya, que les fidèles musulmans de Guinée ont été privés de pèlerinage à la Mecque pour l'année 2014, pour cause d'Ebola. Et que tout doit être mis en oeuvre pour éviter de revivre un tel scénario pour 2015.

Pendant que se déroulait cette visite de la mission du CDC/ Atlanta du côté de Maférinya, le représentant de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le professeur Jean-Marie Dangou se trouvait lui dans la préfecture de Boffa, à environ 200 kilomètres de la capitale, dans le cadre d'une tournée de sensibilisation contre Ebola, dans cette autre poche de réticence.

Là aussi, un appel a été lancé par le professeur Jean-Marie Dangou en faveur d'une collaboration des populations avec les équipes soignantes, afin de signaler tout cas suspect de malade d' Ebola.

Côté gouvernemental, des missions ministérielles multiplient les campagnes de sensibilisation dans les préfectures de Boffa, Dubréka, Coyah, Forécariah et Kindia, où les réticences sont signalées.

Les autorités guinéennes font dorénavant recours à la justice pour punir les citoyens qui se hasarderaient à s'attaquer aux équipes médicales déployées dans la lutte contre le virus Ebola.

C'est ainsi qu'un procès vient de se dérouler à Forécariah, localité située à une centaine de kilomètres de la capitale, non loin de la frontière sierra léonaise, où des agents de santé avaient été lapidés et injuriés récemment par des populations qui protestaient contre la sécurisation du corps d'une victime d'Ebola.

Sur les six individus interpellés, un a été condamné mercredi dernier à 6 mois de prison par le tribunal de Forécariah pour " rébellion et incitation à la violence", selon des sources judiciaires.

Le président Alpha Condé, qui a pris part au sommet organisé à Bruxelles le 3 mars dernier autour de la riposte contre Ebola dans les trois pays touchés dont La Guinée, le Liberia et la Sierra Leone, a déclaré devant les participants à cette importante réunion: "Ebola zéro reste notre objectif. Malgré le recul de la maladie constaté par tous, nous ne devons pas relâcher la vigilance, les derniers moments d'une maladie sont plus difficiles à gérer que son début. C'est pourquoi, il faut renforcer la vigilance au niveau des communautés.Mais aujourd'hui, il faut une riposte globale pour combler la défaillance des systèmes sanitaires de nos pays".

Le président guinéen a profité de l'occasion pour solliciter à Bruxelles "des engagements financiers conséquents, qui ne soient pas essentiellement des annonces".

"Nos populations écoutent et parfois croient que ces sommes sont déjà disponibles", a souligné Alpha Condé.

Source:Xinhua

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