Boues rouges : Guinée-Bauxite - Les lois sur le contenu local

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Produire localement, extraction de la bauxite et sa transformation en alumine métallurgique ou alumine de spécialités. A partir de ces bases les produits finis sont fabriqués ceux figurant dans le catalogue des industriels. Ce positionnement des états détenteurs des minerais se traduit par des revendications et actions de maitrise des richesses locales.

Je précise mon propos de la dernière contribution afin d’éviter l’incompréhension, « exporter chez les autres les pollutions par facilités « ce n’est pas que mon argumentation mais le constat des orientations prises par les Etats souverains.

 Ces lois se mettent en place dans de nombreux secteurs, le choix qui est fait est d’abord économique et qui dépasse très largement le seul produit de la bauxite.

Utiliser le minerai pour reconstruire l’économie locale après de nombreuses années de « pillage à bas prix ».

La taille d’Altéo ne permet plus d’obtenir les prix d’achat du minerai de l’ex Pechiney, Rio Tinto Alcan. Il est fort probable que l’approvisionnement de l’usine de Gardanne soit la continuité de contrats d’approvisionnements à long terme souscrits en son temps. Tout cela ne mérite-t-il pas rémunération d’intermédiaires ?

Selon  l’ONG Transparency International la Guinée se classe 164 états sur 178 les plus corrompus du monde. Les conflits d’intérêts constants.

Conserver la valeur ajouté ou marge de transformation, ces Lois stimulent la création d’emplois, le développement d’entreprises locales pour permettre la croissance du pays.

L’état des mines et usines :

 

Un pays pauvre mais des transnationales disposant de capitaux importants, un bras de fer s’est instauré, pourquoi sans baratin, les statistiques :

Durant les 50 dernières années, 600 millions de tonnes de minerai exporté, fabrication de 150 millions de tonnes d’aluminium au cours actuel de 2600 us $ la tonne, la Guinée aura contribué à 400 milliards us $ de l’économie mondiale.

Ce qui est revenu au pays représente 5 milliards us $ soit 1, 2 % de cette contribution globale ?

Durant l’époque coloniale, la France, réinvestissait 5 % des valeurs extraites. Implantait en 1956 l’usine de Fria par l’intermédiaire de Pechiney.

La différence entre le prix du minerai de bauxite et celui de l’aluminium est constituée par la maitrise du « process industriel » qui nécessite énergie eau, électricité etc., du personnel nombreux, du transport, du stockage, des capitaux, des infrastructures, de la logistique, de la recherche etc. Tout cela échappe aux pays producteurs, d’autres matières premières sont concernées.

La mise en œuvre des Lois sur le contenu local :

En Indonésie, premier producteur de bauxite,  afin de réaliser l’obligation de transformation sur place, un embargo a été mis en place sur les exportations de minerai brut depuis 2014.

En Guinée, la révision du code miner  en cours a un objectif, produire au pays, Rio Tinto Alcan fait partie des négociations.

Ou cela existe, USA, l’Australie, le Brésil, la Norvège, la Malaisie, le Nigéria etc.

En France, les mines de bauxite ont fermé dans la décennie 1970, il était logique que l’extraction de l’alumine et pollution reste en France.

Les importations de Guinée ont remplacé la production en Provence, le choix de l’époque pour des questions de savoir où et comment gagner de l’argent, ce qui a été désastreux, Pechiney a été dépecée mis en quasi faillite à l’issue de nombreuses erreurs de management dont la continuité de Gardanne en l’état de conservatisme.

La filiale Alumine de spécialités crée en 1996 et jusqu’à 2011 a publié des résultats déficitaires.

Depuis 2012, sous le règne Altéo, les comptes ne sont pas connus, mais les sources internes à l’usine confirment en moyenne un déficit.

Le pays producteurs souhaitent enfin s’attaquer aux inégalités, la répartition des richesses une arme politique efficace afin que les populations qui vivent à proximité de richesses naturelles commencent à en bénéficier, environnement  et pollution ils savent, la misère qui règne dans ce pays mérite le respect de leurs choix.

 

LES LOIS SUR LE CONTENU LOCAL L’ARME DES PAYS EMERGEANTS ?

Par Michel Mazzoleni

Source: Mediapart

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