CELLOU SOIS BREF : OUI ! OU NON !

 

En Mai 68 au plus haut sommet de la chienlit gaucho des enragés, lors d’un meeting à la Sorbonne, Sartre s’invita. Même lui ne se doutait pas que c’était la chute des icônes, au sens christique du mot. Les idoles, au sens ethno, O frères Guinéens pas au sens ethnocentriste, mais dans son acception ethnologique, donc tous les « sanamous » baptous étaient fichus par terre. Donc la star, le maître à penser de plusieurs générations de penseurs, s’en vint à la tribune.

Et là, au lieu de trouver le petit dépliant en usage à côté du micro de l’orateur, invité d’honneur, genre « Jean-Paul Sartre, philosophe », il était écrit :

« Sartre sois bref ! ». Avec point d’exclamation s’il vous plaît.

Bien. « Ils » ont froissé le protocole de Ouagadougou. Condamné Ben Sékou Sylla, El Hadj Boubacar Diallo. « Ils » ont « élu » Loucény Camara. D’ici le 24 octobre, tous les dysfonctionnements, les 24 points énumérés à juste titre par les uns et les autres auront été redressés, pour le plus grand bien de l’arc-en-ciel et du peuple de Guinée. Jean-Marie Doré a déjà pris ses quartiers dans son palais à deux niveaux, 11 chambres, plus d’un million de dollars US, dit la rumeur, à la Minière, j’imagine les pieds dans l’eau. La RTG a planté son nouveau décor dans un camp, militaire ou militant dit-on.

On peut croire à cette rumeur. Des juristes, il y en a bon sang dans l’alliance ? Voir ! A moins qu’ils soient frappés d’autisme donc en pratique ils sont sourds et muets ou ils sont inaudibles pour cause de déménagement de l’outil national confié à M. Aboubacar Sylla par Jean-Marie Doré, Sidya Touré, Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo.

Doyen sois bref.

Ibrahima Makanéra, Gandhi Barry, Sékou Oumar Camara, etc., comme les juristes de l’Alliance sont en grève, ou bridés par je ne sais quel complexe djakanko-poullaakou, de grâce, vite, occupez-vous de donner un socle juridique bref, très bref à ceci :

Cellou, dis OUI pour le 24 Octobre !

Puisque parole d’Officier et surtout de Président de la Transition, Sékouba Konaté ne reviendra pas là-dessus.

Cellou, dis NON à la CENI de Louncény-Alpha !

Rien de plus, rien de moins. Pas de manif. Pas de ville morte. Même les débats, les interviews, je ne conseille pas. Ceux qui, dans le pays, aiment le football, pourront tranquillement jouir de leur spectacle favori. Mais les amateurs de métaphore footballistique à propos de la première élection qu’on souhaite libre et démocratique depuis 50 ans en Guinée, en seront pour leur imagination dans cette surenchère. Une élection présidentielle n’est pas un match de football. De forfaiture, certes, il se pourrait. Cependant, cela n'engage que moi, Sékouba Konaté a pu paraitre hésiter par excès de consensualisme ? Ruser, par prudence ? Un pas en arrière, par calcul et pour qui, pourquoi ? Ce qui m'importe que je souligne, ce sont là, des qualités de soldat, sur un front. Sa parole, parole de soldat ? Je le crois. Encore. Mais il n'y a pas de forfait dans une élection présidentielle entre deux tours. Encore une fois de forfaiture..

Il faut être deux pour un second tour.

Le président de la Transition aura la tâche facile, qui avait menacé de remettre le pouvoir à un civil. Nous lui conseillons de continuer ses consultations dans les garnisons. Cellou, laisse-nous le blabla intello-juridique. Sois seulement à la hauteur de la force tranquille du Golfe persique. Que personne ne bouge. Mais le 24 Octobre, rendez-vous sur tous les fronts pour la dernière bataille, en silence, en marées humaines, avec l’arsenal, tout en papier, un bulletin de vote, une carte d’électeur.

L’arme fatale.

Wa Salam.

El Hadj Saïdou Nour Bokoum

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Commentaires (1)

1. BAYO Abidine 07/10/2010

Enfin une date pour le fameux second tour de l'élection présidentielle. Une annonce qui devrait à priori nous réjouir, mais la guinée étant ce qu'elle a toujours été, il n'ya pas de quoi être euphorique, car on peut encore s'attendre à des rebondissements de dernière minute, en ce sens qu'aucun acte concret n'a été encore posé par rapport au point nodal de la crise que constitue le fonctionnement de la CENI, qui outre les dysfonctionnements liés à la gestion matérielle et technique du processus, pose problème au niveau de sa direction, l'actuel Président étant rejeté par l'alliance autour de Cellou Dalein Diallo, qui l'accuse à tord ou à raison de partialité. Une sorte de réponse du berger à la bergère, car il faut le noter, l'alliance Arc-en-ciel, a en son temps, tapper des pieds et des mains, pour réclamer la destitution de l'ancien Président feu Ben Sékou, qui s'est vu infligé une condamnation dans une parodie de justice expéditive. Le malheur en Guinée, est que de tout temps, les politiques ont procédé par improvistation et approximation, car ils ont toujours tendance à laisser suffisament pourrir la situation, pour ensuite se déméner comme de beaux diables, pour concocter des réponses de circonstance, à des problèmes récurents qui demandent des solutions pérennes. Encore une fois, on met la charrue avant les beoufs, en se projetant en avant, sans résoudre le problème crucial du moment, la crise autour de la CENI. Ne faut-il pas voir comme une imprudence de la part du général Kanaté, d'entériner cette nouvelle date de la tenue du second tour de l'élection présidentielle, avant de s'employer à applanir les divergences de points de vue des deux candidats, pour ce qui est de la direction de la CENI, dont l'autorité et surtout la crédibilité sont mis à mal, par la cacophonie qui règne autour de l'institution depuis un certain temps. La sortie de crise est tributaire de la volonté commune des protagonistes, à s'accorder sur un minimum de consensus à même de créer un climat de confiance, favorable à la poursuite normale du processus. Une rencontre rapide s'impose entre les deux candidats, qui s'étaient engagés à Ouaga, sous l'égide du médiateur Blaise Compaoré, à mener une campagne apaisée à travers la signature d'un protocole d'entente et cette fois-çi, l'initiative doit venir du général Sékouba Konaté comme cela a été annoncé dernièrement, car il demeure le véritable garant de la conduite de la transition, dont les mérites de la réussite ou les désagréments de l'echec, lui reviendront de droit en premier. La rupture idéologique entre les deux camps est telle, que l'arbitrage impartial et neutre de l'administration publique semble être la seule alternative crédible et si d'aventure les deux camps n'arrivent pas à s'accorder sur l'essentiel par l'organisation d'une nouvelle élection du Président de la CENI, dans le respect des textes réglementaires, l'une des solutions serait purement et simplement de doter l'institution d'une direction collégiale, avec une représentation de tous les acteurs impliqués dans le processus.

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