Urgence : l'Alliance des bâtisseurs en flagrant délit de naïveté... et donc de défaite prochaine

 

Des inégalités de traitement à prendre en compte

Lorsque le RPG veut ralentir les élections, il argue de dysfonctionnements réels qui perturbent ou ont perturbé la CENI et le processus électoral, notamment par la voix de Saran Daraba Kaba.

Lorsque le RPG est pressé d'aller aux élections - eh oui, ça lui arrive -, il argue que tout va bien à la CENI depuis que le président a illégalement changé - c'est-à-dire qu'il « maitrise » le processus - oubliant ces mêmes dysfonctionnements.

Lorsque le RPG n'est pas satisfait du fonctionnement de la CENI, il use d'arguments réels, mélangés à des arguments fallacieux, pour mettre en doute son indépendance, qu'il n'hésite pas à violer pourtant, par le biais d'un juge malhonnête, qui a condamné des personnes, pourtant protégées par une immunité.

Lorsque le RPG ne souhaite pas que l'on remette en cause les élections internes à la CENI, pourtant illégales en la forme, il argue de l'indépendance de la CENI, celle-là même qu'il a bafouée, quelque temps auparavant.

On pourrait multiplier les exemples de ce genre pour montrer qu'il y a deux poids, deux mesures, selon le sens du vent pour parler poliment.

Il y a un problème à la CENI : et pour satisfaire les deux camps, mais surtout la Guinée, la seule solution consiste à trouver un terrain d'entente entre les deux derniers protagonistes, sous les auspices du général Konaté. Il semblait qu'un président neutre - Mgr Gomez - représentait apparemment la personne idoine.

Au vu de l'urgence - aller au deuxième tour le 24 Octobre -, on peut garder la composition actuelle de la CENI avec quelques ajustements néanmoins, dans la mesure où ceux-ci ont un minimum d'expérience, à charge pour un nouveau président de la CENI de trancher en toute impartialité, les éventuels litiges qui ne manqueront pas d'exister (dans la mesure où l'on ne modifie pas l'article 162 du Code électoral).

Un scénario catastrophe pour l'alliance UFDG...

Il n'y a rien de pire pour un parti que de vouloir boycotter les élections, car lorsque le RPG menaçait de ne pas y aller, le pouvoir a tergiversé, prenant en compte ses revendications, d'où le report continu des dates. Au moment où le RPG se dit prêt, plus rien n'empêche donc d'y aller.

La menace de l'UFDG de boycotter les élections pourrait se retourner contre elle, car apparemment rien n'empêchera cette fois d'y aller : ce n'est pas le même camp qui revendique. Même un taux de participation inférieur à 50 % n'empêchera pas l'élection du seul candidat présent au deuxième tour. Le risque est donc de voir l'UFDG perdre par forfait.

… et pour la Guinée

Dans l'hypothèse d'une victoire par forfait, on ne pourra pas reprocher au général Konaté d'avoir mené à bien sa mission. Il n'a empêché personne de se présenter, il ne peut décider de son propre chef de remplacer le président de la CENI. On joue sur les mots, mais les Guinéens sont très habiles en la matière (voir ci-après).

Seule la rue pourrait permettre de remédier aux résultats des élections (à condition d'y assister), et on sait désormais que l'alliance des bâtisseurs en est capable : les échauffourées du 11 Septembre avaient probablement cette finalité. Alors qu'on a toujours considéré, que certains ne savaient que courber l'échine, il semble qu'ils aient voulu montrer que Conakry « n'appartenait pas » forcément à ceux qui le pensaient. Les temps ont changé.

Mais si la violence est nécessaire en cas d'agression extérieure, en aucun cas il ne faut en user sur des compatriotes, quand bien même certains l'ont oublié le 28 Septembre, ou font mine de n'en rien savoir, pour parvenir à tout prix à leur fins : nous sommes des démocrates, et contester a posteriori des résultats qui ne seraient pas favorables, démontrerait le contraire.

La violence est à proscrire dans l'hypothèse où d'autres solutions existent et qu'elles n'ont pas été utilisées : ainsi il est toujours temps de contester a priori en référé devant les tribunaux administratifs, l'illégalité de l'élection de Louncény Camara. J'ai écrit un papier où j'indique ce qui peut être reproché, et quand bien même les tribunaux actuels ne sont pas fiables, qui ne dit mot consent. Il sera vain de dire ensuite qu'on a pas fait ce qu'il fallait. Parallèlement, il faut acculer le général pour lui faire prendre des décisions conformes à l'État de droit.... dès lors qu'il est contesté.

Un général-président qui prend au moins formellement ses responsabilités

Le discours de Tibou Kamara du 5 Octobre, rappelant la neutralité du général Konaté peut faire sourire au regard des derniers évènements. En réalité, rien de concret ne peut empêcher le général de rester sur cette image d'impartialité : il a finalement décidé de prendre ses responsabilités, et personne ne pourra lui en tenir rigueur. Que peut-on lui reprocher aujourd'hui en dehors des rumeurs ?

Faire une entorse à la légalité sur le plan des principes ? mais puisque personne ne conteste juridiquement l'élection de Louncény Camara, il ne peut être plus royaliste que le roi. Aller au tribunal pour prouver une tentative de fraude de Louncény Camara est une manœuvre bien dérisoire : le tribunal de Dixinn avait mis en délibéré et donné une réponse 3 semaines après : faites le calcul, 28 Octobre !!!

C'est la légalité de l'élection qu'il faut contester, pas l'appartenance de Louncény Camara au RPG. Même si cela est vrai, où est le problème ? Il n'est écrit nulle part, que cela est incompatible avec les fonctions de président de la CENI : les partis en 2007 ont pu choisir 20 personnes neutres et la Société civile trois militants !!!

En demandant à la CENI, une date, le général reconnaît implicitement la nouvelle présidence de la CENI, que personne ne conteste.... juridiquement. Et en outre, cela focalise l'activité de tous, en oubliant l'essentiel.

Le RPG est satisfait, l'UFDG a obtenu la candidature de Mgr Gomez : que veulent-ils de plus ? Si les membres de la CENI votaient, il n'est pas sûr que ce dernier soit élu. Mais pourquoi voterait-on ? Personne ne conteste directement l'élection pourtant litigieuse.

D'autres problèmes laissés en suspens

J'avais écrit par ailleurs dans un précédent papier, quelque chose qui relève davantage de discussions privées - mais auquel tout le monde pense -, qu'on évoque rarement en public, mais qui constitue pourtant la pierre angulaire de tous les régimes africains, celle des portes de sortie pour certains acteurs de la transition. Chacun lira entre les lignes, certaines choses qui peuvent difficilement être écrites, mais que tout le monde comprend.

Certains militaires (y compris le général Konaté) et/ou civils ont des appréhensions pour eux-mêmes ou leur entourage :

de devoir se justifier pour leur implication dans les évènements du 28 Septembre,

d'avoir à rendre des comptes sur leur gestion passée,

de perdre leur emploi et leurs privilèges, c'est-à-dire de ne plus bénéficier de rentes de situation sans contreparties,

d'être obligés de travailler pour subvenir à leurs besoins.

Le général et bien d'autres, n'ayant pas obtenu de réponses à leurs interrogations, qui sont beaucoup plus terre à terre que celles sur l'avenir de la Guinée, il a considéré que le sort en était jeté, et qu'il n'avait pas d'autre choix que de privilégier un camp (où des discussions ont eu lieu probablement). Au stade actuel, il sera considéré comme un héros, pour avoir mis fin à la transition. Et malheureusement, même si on peut le déplorer, force est de constater qu'il est difficile de lui reprocher en droit son attitude.

Les tests réussis préalables à une victoire de l'Arc en ciel qui ne fait plus de doute

Des ballons d'essai ont été mis en place et testés : la route semble donc dégagée pour une victoire de l'Arc en ciel, ça ne fait aucun doute maintenant, s'il n'y a pas de réaction urgente.

L'UFDG et consorts ne pourront pas dire qu'il n'ont pas été prévenus. Un juge de Dixinn a violé la loi au vu et au su de tous. Qu'a fait l'UFDG ? Elle a protesté tellement fort que même les sourds... n'ont pas entendu (sic !). En appel - Dieu seul sait quand il aura lieu -, Alpha Condé lui-même pourra en tant que nouveau président, commenter le rejet du jugement du tribunal de Dixinn, en montrant l'indépendance de la justice qui conteste son action, ou à l'inverse, si le jugement est confirmé, montrer sa magnanimité, en graciant à titre posthume Ben Sékou Sylla, ou le peul - et il insistera sur cet aspect - Boubacar Diallo, au titre d'une réconciliation. Dans les deux cas, il sort gagnant.

De même lorsque l'élection de Louncény Camara a été faite dans des conditions illégales, au lieu de contester juridiquement celle-ci, l'UFDG a mis en cause la moralité de celui-ci. Or ce n'est pas un critère de non éligibilité. Le RPG ne se bat aujourd'hui que pour la tenue des élections et le maintien de Louncény Camara. Boutez-le hors de la CENI, et réapparaitront alors les dysfonctionnements non corrigés.

Dès lors, lorsque ce dernier tripatouillera le résultat des élections, l'UFDG contestera aussi mollement, voire se retournera vers la Cour Suprême (c'est la seule chose qui lui sera permise), qui n'est pas réputée pour contester l'État. Elle ne fera donc qu'entériner, avec quelques babioles pour la forme, le nouveau rapport de forces.

L'UFDG n'aura alors que ses yeux pour pleurer, et si d'aventures, il lui venait à l'idée de jeter ses partisans dans la rue, cela risquerait de se retourner contre elle, la victime ayant changé de camp.

Conclusion

Ce texte un peu décousu vise à relayer d'urgence, le petit texte de Saidou Nour Bokoum, dont je partage les conclusions : la machine à perdre de l'UFDG est en marche, et il paraît ahurissant de constater l'atonie et la léthargie des responsables de l'UFDG.

Contrairement à ce qu'il dit, je n'en fais pas partie, mais je lutte pour un État de droit, et il est clair qu'un des deux camps le viole constamment... (tout en s'en réclamant, la technique est bien rodée), mais je constate aussi que l'autre camp ne se bat pas davantage sur ce terrain (des mots, des mots, mais peu d'action...).

Si l'UFDG ne fait rien (son arrogance est-elle si grande qu'elle s'imagine que le pouvoir va lui tomber « tout cuit dans le bec » ?), elle pourra toujours se consoler de pouvoir continuer à dire ce qu'elle veut, mais ne plus pouvoir faire ce que l'autre ne veut pas...

10 ans de Condé (c'est un minimum), plus 10 ans de Konaté (il partira avec sa bonne réputation, et tout le monde aura oublié sa gestion des déficits)... voire plus si affinités...

Voilà le bien triste sort qui semble réservé à la Guinée.

Il n'est plus temps de se lever, il faut courir maintenant, car le compte à rebours a commencé, et mon petit doigt me dit que le général ne reculera plus, à moins que...

Gandhi, citoyen guinéen

 

 

NB : pour répondre à El Hadj Bokoum, je lui suggère de contacter l'UFDG pour leur conseiller de contester en référé devant le tribunal administratif, l'élection illégale de Louncény Camara à la tête de la CENI. Quelle que soit la réponse du tribunal, cela démontre au moins que l'UFDG la conteste, ce qui est la moindre des choses. J'ai écrit différents papiers à ce sujet avec des arguments, et on pourrait même y ajouter éventuellement (je n'ai pas obtenu de confirmation ou d'infirmation) un nouvel élément : si l'ex président par intérim, Amadou Oury Baldé cumule sa fonction de membre de la CENI avec des fonctions publiques, il devient démissionnaire de droit (article 9 de la loi de 2007) et ne pouvait donc pas participer au vote, ce qui réduit le quota de votants à 16, la règle des 2/3 n'étant plus atteinte.

Pour les autres actions, il y a des moyens plus indiqués qu'un site web pour les évoquer.

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