Cissé, Monrikè : honneur à la culture, au savoir et à l'expertise.

L’un est ministre de la culture, l’autre de l’Enseignement supérieur. Les hommes qu’il fallait là où il fallait. Tôt ou tard. A moins de dire que Dieu ne dort pas. Cissé, Morikè, c’est inné. Cissé, un grand créateur, Morikè, un grand matheux, tous deux, hommes de réflexion, à la vaste culture. Deux passionnés, deux surdoués. Surtout deux travailleurs, mieux, deux bosseurs, chacun dans leur expertise.

Cissé, poète, dramaturge, chorégraphe, danseur. Cissé, docteur en science politique, ancien élève de « Science Po » (comme un certain Alpha ou Kerfalla Yansané). Il aura     it pu être ministre des Affaires étrangère, ministre de la justice, ministre de l’Education, etc. Il aurait pu être Premier ministre, qui dit mieux ? Il en a les savoirs techniques, humains ; véritable « gobetween », de l’entregent politique à en redonner. Me voilà aux confins de la politique. Militant de première heure, FEANF, un des Jeunes Turcs comme le regretté Malick, en 92-93, il est dans le RPG d’Alpha avant une sourde agitation dans le MND clandestin depuis les années 80 à l’ouverture. Passons sur les accidents de parcours après avoir été le secrétaire politique du RPG, donc le numéro deux en fait pendant les années de braises de la loi anticasseurs et des grenades anti-marches et anti meetings ;  se tenant la main avec les BA, Siradiou et leurs arrière-gardes. Sautons ces sombres années et venons-en aux années grabataires, les années 2000, les années de plomb. Au four et au moulin des alliances, puis des Forces vives, arrondissant les angles, signant les compromis, en évitant les compromissions, quitte à céder la place à ceux qui ont l’art d’illustrer le fameux adage : « quelqu’un a tué le gibier, un autre l’a levé ». L’époque des gnagnaga de Ouaga, où le « fruit » tirait la branche vers le bas et n’arrivait pas à tomber. Voilà, il tombe, et Cissé pour la Culture, eh bien ce sera pour la prochaine fois..

Ministre d’un strapontin culturel ? En politique, dans un gouvernement, c’est l’homme qui grandit la culture et non l’inverse. Pour la culture en Guinée, Ahmed Tidjane Cissé, « y a pas son deux ». Nous avons un grand ministre de la culture. Donc nous sommes bien partis pour avoir un grand ministère de la culture. In chââ Allah !

Morikè ? Les maths ne donnent pas nécessairement un bon élève. C’est même une gageure. Mais Morikè depuis Abidjan, à l’ouverture après la mort de Conté, fut l’intercesseur fin 85 de Jean-Claude Diallo et donc de Conté pour rabattre une dizaine de Guinéens l’Extérieur pour en faire des ministres. C’est même à lui que fut adressé le télégramme aux heureux appelés, télégramme qu’il fit suivre aux destinataires éparpillés de par le monde. Il eût pu dès lors être ministre. Il enseignait comme expatrié à Abidjan et avait sans doute du mal à quitter ses ouailles, je n’en sais rien. Mais je sais qu’il fut parmi les maîtres d’ouvre d’importantes journées de l’Education en Guinée ; il avait accumulé de l’expertise en matière de pédagogie, puisqu’il enseignait déjà depuis l’Allemagne. Le matheux que je connais était obsédé de pédagogie. Il sera le premier surpris d’apprendre que c’est l’ayant approché dans nos interminables discussions spirituelles, voire métaphysiques, que cela m’a frappé.

Dit simplement, il avait quelque chose à transmettre, et bégayait pour y réussir le moins mal possible. Première qualité exigée du Maître, c’est-à dire avoir le souci du comment transmettre. Cela s’appelle en effet l’appel interne de la pédagogie, dont le socle est le souci ombrageux ou orgueilleux de la rigueur (mais c’est un des « défauts » des indigènes de Damaro il paraît). Ayant lâché un contrat d’expatrié à Abidjan pour venir galérer patriotiquement à Conakry, je l’ai vu bâiller dans un petit bureau au ministère du Plan, qu’il partageait avec un autre despérado qui a très vite rebondi dans les hautes sphères du même ministère. Au Plan, curieux et assoiffé de savoir, il a dû glaner plus qu’il n’en faut, pour planifier ses intuitions mathématiques transposables en matière de formation. De quoi abattre l’impasse actuelle où se cognent nos petites têtes déformées, reléguées dans la malformation.

Avec Ahmed Tidjane Cissé et Morikè Camara, Alpha a eu une main heureuse. 

Jt alias Malick doit être un Bienheureux là où il est. Comme Cissé, il avait attendu près de 45 ans.

Wa Salam MM. Six et Morik !

Saïdou nour Bokoum

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