Comment sauver le navire Guinée ?

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J’aimerais tout simplement réagir à ces trois interventions de nos responsables politiques.
1. Un extrait du discours du Président de la République à N’Zérékoré. « Pourquoi il y a eu le problème en 1991 ? Pourquoi il y a eu le problème de Galapaye ? Pourquoi celui de Zogota ?

Et maintenant les problèmes que l’on vient d’enregistrer ? C’est parce que l’Etat était absent. Désormais l’Etat va être présent à tous les niveaux et la sécurité des personnes et leurs biens sera assurée. »

2. La promesse du premier ministre à N’Zérékoré. « Les auteurs des violences seront traqués où qu'ils se trouvent même s'ils sont réfugiés hors du pays »

3. Extrait de l’intervention du ministre de la sécurité. « Ceux qui se lanceront dans la distribution d’argent à ces mineurs, je les arrêterais et ils subiront les conséquences de leurs fautes. Je les ai filés, je les ai vus, ils m’ont vu, ils savent de quoi je parle et ils m’entendent en ce moment… Si ce comportement désagréable se reprend demain, ils me verront dans leur dos de la manière la plus violente”

Mon Analyse : A part la tragédie de 1991, celles de Galagbaye, de Zowota, de Koulé et de N’Zérékoré sont survenues sous le régime actuel. L’Etat n’arrive ni à prévenir, ni à protéger et encore moins à prendre des mesures d’urgence pour aider les sinistrés. Le bas peuple n’a plus confiance en l’Etat guinéen et ce ne sont pas des discours qui changeront la donne. Une remarque, il y a un an, des militaires guinéens firent une excursion nocturne pour massacrer des civils dans leur sommeil à Zowota ; le Président de la République ne fit aucune déclaration de condamnation et de condoléance. Ce fut un silence radio.

Trois jours plus tard, si mes souvenirs sont bons, des pirogues se renversèrent au large de Conakry (des morts et des disparus), le Président présenta ses condoléances et décréta une journée de deuil national. Pour le président de tous les guinéens, pourquoi cette différence de traitement ?

Je ne vais pas énumérer ici toutes les tueries depuis les élections présidentielles de 2010 ; le gouvernement a toujours promis faire des enquêtes et force est de constater qu’aucune d’entre elles n’a encore aboutie ; aucune arrestation. J’aurais bien aimé que le premier ministre nous explique comment son gouvernement qui n’a pas pu arrêter des tueurs en Guinée,  compte traquer ceux-ci en dehors du pays.

Quand la situation était alarmante, une délégation des forestiers sollicita une rencontre avec le premier ministre, en l’absence du président, en vain. Monsieur le premier ministre, les guinéens sont fatigués des discours démagogiques.

Je ne me souviens plus de l’année, c’était lors d’une coupe d’Afrique des Nations de football, sous le régime de Lansana Conté ; des quartiers n’eurent pas d’électricité et des jeunes descendirent dans la rue. Ceux qui gouvernent aujourd’hui étaient dans l’opposition ; ils traitèrent le vieux Général d’incompétent et patati et patata.

Aujourd’hui, les opposants d’hier sont aux commandes, ils n’arrivent pas à donner le minimum que l’incompétent Général donnait en cette période ; des jeunes ressortent dans la rue pour manifester leurs mécontentements ; curieusement, les gouvernants parlent de manipulation et les opposants sont indexés. Comprendra qui voudra.

Monsieur le ministre de la sécurité, dans l’histoire de notre pays, des hommes sévirent et bombèrent le torse de sévir encore plus ; renseignez vous sur leurs sorts. La roue tourne toujours. Il y a débat actuel entre certains forestiers sur les législatives :

 • Il y a ceux qui veulent boycotter ces élections pour exprimer leurs mécontentements ; c’est une position respectable.

• Il y a ceux qui veulent aller aux élections pour que la région soit dans la sphère de décision ; cette position est aussi respectable. Moi je crois que peu importe la couleur politique de la future assemblée nationale parce que ce régime ne changera pas de nature et n’apportera rien de bon à notre pays. Ces élections seront une perte de temps et d’argent.  

Je vois que le bateau Guinée qui a longtemps navigué à vue, montre ses limites. Dans le ciel nuageux de notre beau pays, les hommes aux commandes ont perdu le contrôle ; c’est un navire ivre qui chavire et commence à prendre de l’eau de tout coté. Voilà pourquoi la question : comment sauver le navire Guinée ?

Paul Théa

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