DEUX PARTIS NATIONAUX POURRAIENT ETRE UNE GARANTIE DE STABILITE ET D'ALTERNANCE DEMOCRATIQUE EN GUINEE

 

Voici une analyse d'un compatriote, le Professeur Aguibou Mouké Yansane de l'Universite' de Californie sur la situation actuelle de notre patrimoine commun: la Guinée

I INTRODUCTION

Pour la première élection libre et démocratique en Guinée, le 27 Juin, 2010, on comptait 129 partis politiques reconnus. Pour maintenir le nombre de candidats à un niveau facile à gérer, la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) imposa le paiement d’une caution de 400 millions de Francs Guinéens (FGN), soit près de 80.000 dollars Américains, par candidat. La caution serait remboursable si le candidat mobilisait 5 pourcent des votes. Il y eut 24 candidatures retenues sur les 42, qui s’étaient faits inscrire à la Cour Suprême.

Les deux vainqueurs furent l’ancien Premier Ministre, El Hadj Cellou Dalein Diallo (43,69 %) et Dr. Alpha Condé (18,25 %). Pour départager les deux finalistes, la campagne électorale a d’ores et déjà mis en relief les alliances régionales, ethniques, économiques, et politiques, qui puissent avoir un effet sur les résultats, en ce moment critique? Quels sont les sujets qui doivent être débattus par les candidats et leurs alliés respectifs? Quels sont les comportements à éviter dans les deux mouvements et des partis alliés? Quels résultats faudra-il espérer des alliances et possibles fusions des partis politiques?

II LE GENERAL SEKOUBA KONATÉ RESPECTE SA PROMESSE; MAIS QUE SIGNIFIENT LES PROMOTIONS MILITAIRES QUI SE SUCCEDENT ENCORE?

L’Accord de Ouagadougou a permis aux dirigeants politiques de reprendre la voie du

dialogue avec les dirigeants du Comité National pour la Démocratie et le Développement

(CNDD), la junte militaire. L’agenda de l’Accord Politique et économique était le

suivant:

 renforcer le dialogue politique et social entre les Guinéens;

 renvoyer les forces de l’armée de défense et de sécurité dans les casernes militaires et leur conversion en une force républicaine pour servir la paix, l’ordre civil, la démocratie, et le développement, tout en accomplissant ce dernier objectif dans les buts suivants;

 former un gouvernement d’union nationale de transition, dirigé par un civil de l’opposition politique, qui doit organiser une élection présidentielle libre, ouverte, crédible, et transparente dans six mois;

 mettre sur pied un programme de restructuration des forces de défense et de sécurité;

 renforcer les décisions économiques déjà négociées avec les partenaires et adoptées entre 2007 et 2009, concernant la mise en application de la Seconde Stratégie de la Réduction de la Pauvreté (SSRP) supportée par la Facilité de Croissance et la Réduction de la Pauvreté (RPFC) du Fond Monétaire International (FMI), et d’autres partenaires techniques et financiers (PTF); tout cela doit se faire dans le contexte d’un programme d’urgence économique minimale (PUEM) en vue d’adopter des mesures pour renforcer la stabilité des prix, de la monnaie, des finances publiques, et de créer les conditions économiques favorables au réengagement des partenaires au développement du pays.

Jusque là, Général Sékouba Konaté a souscrit sa promesse d’organiser des élections dans lesquelles il ne participera pas, quoique sa neutralité ait été débattue, par les femmes de Conakry. En réalité il n’a pas été candidat à l’élection présidentielle du premier tour. Aucun officier militaire n’a été candidat à l’élection présidentielle du 27 Juin, 2010. Aucun membre du gouvernement de transition ne s’est présenté à l’élection présidentielle. Cette non-participation de tout officiel important du gouvernement de transition a contribué à une certaine atmosphère d’optimisme qui a entouré l’élection présidentielle.

Au moins quatorze candidats enregistrèrent des complaintes sur les irrégularités dans les procédures de vote et d’inscription. De leur côté, le porte-parole de la CENI disputait ces allégations de fraude et de bourrage d’urnes de votes. A ce jour, la plupart des partis et des Guinéens ont accepté les résultats du premier tour du scrutin tels que publiés par la Cour Suprême de Guinée, et sont disposés à travailler pour la paix et l’unité, alors qu’ils se tournent de manière optimiste et fataliste vers le deuxième tour quand ils souhaitent que le meilleur qui puisse faire le bonheur de la Guinée gagne.

Beaucoup de promotions de dernière minute dans la hiérarchie de l’armée pendant cette période intérimaire, ont contribué à nourrir des doutes quant à la bonne foi des militaires sur leur retrait dans les casernes, après le deuxième tour de scrutin de l’élection présidentielle. Cette situation présenterait de regrettables conséquences pour le pays. Premièrement, elle n’inspire pas de confiance sur l’intention des militaires de se retirer dans les casernes et de laisser les civils gérer l’administration publique, surtout dans un environnement de polarisation politique non seulement entre les deux dirigeants finalistes des partis et mouvements, mais surtout leurs activistes et militants disposés à gagner à tout prix ou remettre en question les résultats de la CENI et de la Cour Suprême par tous les moyens et coûts possibles. Deuxièmement, comment est-ce-que le prochain gouvernement à court d’argent pourrait mettre en œuvre le paiement budgétaire de ces promotions accélérées et d’autres recrutements de milice qui entraîneraient un accroissement substantiel des dépenses publiques, étant donné la difficile situation fiscale projetée en 2010-2011, alors que la plupart des bailleurs de fonds et partenaires ont gelé les programmes d’aide non-humanitaire. Troisièmement, elle aurait un impact sur la bonne foi de la capacité de tout prochain gouvernement à formuler, mettre en œuvre et maintenir des mesures macroéconomiques saines qui seraient exigées pour renouveler le soutient des partenaires et pour une annulation éventuelle de certaines dettes. Voilà des questions qui sont toutes liées au problème clé de la gouvernance.

Nous espérons que le gouvernement de transition fasse preuve d’une impartialité totale envers les deux candidats au second tour de scrutin, et que le contrôle de la CENI assisté techniquement par le Ministère de l’Administration Territoriale et des Affaires Politiques (MATAP) soit assuré sans défaillances, sans toucher la Constitution et le Code Electoral. Les résultats finaux n’auront pas besoin d’être ternis par la politique de l’ethnicité.

III LA GUINÉE EST UNE SEULE FAMILLE: LES MEMBRES D’AUTRES PARTIS POLITIQUES DEVRAIENT ETRE DES OPPOSANTS POLITIQUES ET NON DES ENNEMIS

La Guinée a fait preuve de beaucoup de maturité politique en faisant l’expérience d’une

élection présidentielle pacifique, sans violence, et ni incidents majeurs. La démonstration

à laquelle nous nous référions auparavant, était survenue seulement après que la CENI ait

annoncé les résultats provisoires. Cependant une guerre psychologique semble être livrée

dans les media locaux et internationaux, et sur les sites Guinéens de l’Internet, entre les

partisans des deux finalistes Celou Dalein Diallo et Alpha Condé. La campagne

politique qui aurait pu être focalisée sur les questions fondamentales telles que le

problème de pauvreté généralisée et comment le résoudre, devient de plus en plus axée

sur la politique de l’ethnicité, et la stigmatisation des «bons» et «mauvais» Guinéens et

alliances. Les deux finalistes devraient utiliser des mots et expressions civils et avoir

un sens de protocole envers l’un l’autre, mais aussi pour apaiser leurs militants et

activistes, et qu’ils aient toujours à l’esprit qu’ils doivent avoir à faire l’un avec l’autre

après l’élection pour pouvoir bâtir un état-nation fort, uni et sécurisant.

La Guinée n’a pas connu de violents conflits ethniques depuis les années 1950, pendant

l’ascension du RDA pendant les dernières années coloniales. La démonstration de

dirigeant politique pour les deux finalistes consisterait à éduquer et rééduquer leurs

militants de base, activistes à considérer les politiciens, militants et activistes des partis

rivaux comme des opposants politiques et non des ennemis. Montrez-nous un pur

Fulbé, un pur Maninka, un pur Sosso, un pur Cognagui, Toma, Kissi ou Guerzé ? Il n ya

plus de pureté ethnique. Il n y a pas une seule personne en Guinée qui n’ait pas dans sa

généalogie un descendant d’un autre groupe ethnique. {Le Moreaka, (c’est-à-dire le

Sosso Mori) qui écrit ses lignes et qui pourrait prétendre être Sosso de Forécariah, est

issu d’un ancêtre Mori de la savane Guinéenne, et plus proche de nous, une grand’mère

Fulah de Timbo, Nènè Kadé, donnée en Allah Mani, cinq générations avant nous. Nènè

Kadé est si proche de nous spirituellement qu’il ya une demi-douzaine de Kadidja dans

ma famille. Cette procédure pourrait s’appliquer à tout Guinéen et toute Guinéenne de

notre génération, soit-elle ou il de la Forêt, du Fouta Djallon, de la savane de Haute

Guinée ou de la Guinée Maritime}. @1).

Dans un passé relativement récent, la Guinée a connu beaucoup d’alliances ethniques et

régionales. Immédiatement après la Seconde Guerre Mondiale, il y avait les alliances de

la Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO) de Guinée, dirigée par le

député Yacine Diallo du Fouta Djallon, avec le Conseiller de l’Union Française, Karim

Bangoura et le Conseiller de la République, Fodé Mamoudou Touré, ces deux de la

Guinée Maritime et Farah Touré, de la Forêt, d’un côté. De l’autre il y avait une alliance

de l’Union Mandingue entre Mamba Sano (Haute Guinée), député Indépendant, avec le

Conseiller de l’Union Française, Momo Touré (Guinée Maritime). Les dirigeants

de la Guinée coloniale d’après-guerre étaient à même de faire des coalitions et alliances

souples pour réussir à promouvoir le bien-être de la Guinée coloniale. Ils avaient réussi

à faire de la Guinée coloniale une entité relativement prospère d’autant plus que la

Guinée était devenue le second territoire en approvisionnement fiscal au budget de

l’Afrique Occidentale Française (AOF).

En 1958, quand la Guinée rejeta la Comunauté Franco-Africaine parce que des opposants

tels que Diawandou Barry, Koumandian Kéita, Karim Bangoura, et Fodé Mamoudou

Touré, tous du Bloc Africain de Guinée (BAG), c’est-à-dire de l’opposition au Parti

Démocratique de Guinée (PDG), et Barry III de la SFIO, avaient tous serré les rangs

autour du PDG. Au Niger où il y avait des conflits entre le parti de la SAWABA de

Djibo Bakary et le Parti Démocratique du Niger (PDN-RDA), la colonie rejoignit la

Comunauté Franco-Africaine en 1958. L’administration coloniale Française

avait conspiré l’opposition minoritaire pour renverser le parti de la majorité, qui

contrôlait le gouvernement de la Loi-Cadre.

La Guinée vient de vivre 52 ans de dictature, de corruption, de népotisme et de

répression, qui ont laissé de profondes blessures non-cicatrisées. Les slogans de

campagne responsables ne devraient point être orientés vers l’exagération des divisions

existantes, les exclusions, les stéréotypes, et les menaces implicites ou explicites des

groupes d’opposants et leurs choix d’alliances. De telles attitudes individuelles ou

sociales rappellent les causes de 52 ans de dictature de Sékou Touré, de Lansana

Conté et de Moussa Dadis Camara. Les deux finalistes, Cellou Dalein Diallo et Alpha

Condé ont clairement déclaré leur intention de former un gouvernement d’union

nationale, en acceptant être l’un avec l’autre, soit au gouvernement, à l’Assemblée

Nationale, dans les préfectures et sous-préfectures, dans les communautés rurales de

développement (CRD), les communes urbaines (CU), pour reconstruire l’Etat de Guinée.

Cela oblige les deux dirigeants à maintenir des rapports civilisés pour pouvoir faciliter la

transition la plus souple en Guinée et permettre au gouvernement d’unité nationale et à

l’Assemblée Nationale de travailler main dans la main après l’élection présidentielle pour

la réconciliation nationale.

Parce qu’il n y a pas eu de gagnant le 27 Juin, 2010, les 22 candidats et leurs partis

interviennent en «faiseurs de rois». C’est ainsi que l’Union des Forces Démocratiques

de Guinée (UFDG) a décidé de s’allier à l’Union des Forces Républicaines (UFR) de

Sidya Touré; à la Nouvelle Génération pour la République (NGR) de Ibrahima Abe Sylla;

au Parti de L’Unité et du Progrès (PUP) de Aboubacar Somparé; au Parti National pour le

Renouveau (PNR) de Boubacar Barry; au Rassemblement des Guinéens pour l’Unité et le

Développement (RGUD) de Abraham Bouré; à la Génération Citoyenne (GECI) de

Mohamed Fodé Soumah; à l’Union des Forces Démocratiques (UFD) de Mamadou

Baadiko Bah…

Le Rassemblement du Peuple de Guinée d’Alpha Condé a fait des alliances avec les

dirigeants politique de la Basse Guinée; le Parti de l’Espoir et du Développement

National (PEDN) de Lansana Kouyaté; le Rassemblement pour la Défense de la

République (RDR) de Papa Koly Kourouma; le Rassemblement pour le Développement

Intégré de la Guinée (RDIG) de Jean-Marc Telliano; la Guinée pour Tous (GPT) de

Ibrahima Kassory Fofana; le Parti Libéral pour l’Unité et la Solidarité (PLUS) de Dr.

Ousmane Kaba; le Front Uni pour la Démocratie et le Changement (FUDEC) de

François Lounsény Fall; l’Union Démocratique de Guinée (UDG) de Mamadou

Sylla; le Parti du Travail et de la Solidarité (PTS) de Mamadou Diawara; la Convention

Démocratique Pan-Africaine (CDP) de Madame Saran Daraba Kaba, le Parti Républicain

(PR) de Alpha Ibrahima Keira.

D’autres partis politiques ont participé à l’élection présidentielle du 27 Juin, 2010

et qui ne se sont pas encore déterminés: l’Union pour le Progrès de la République (UPR)

de Ousmane Bah, l’Avenir Démocratique et Prospérité de Guinée (ADPG), le Parti pour

le Développement et l’Union (PDU) de Dr. M’Bemba Traoré, l’Union pour le

Développement Intégré de la Guinée (UDIG) de Joseph Bangoura, et le Rassemblement

Guinéen pour la Prospérité (RGP) de Bouna Kéita.

De ces alliances il ressort qu’il y a dans chaque camp d’anciens hauts fonctionnaires et

ministres qui ont travaillé avec les trois régimes dictatoriaux. La Guinée de ces 52

années passées a connu un gouvernement autocratique qui bat, emprisonne et tue des

citoyens. Il s’agissait simultanément de trois Etats: premièrement d’un Etat patrimonial

dont les officiels traitaient l’Etat comme leur propriété personnelle. Il s’agissait, en

second lieu, d’un Etat prédateur dont les officiels considéraient leurs citoyens

comme des proies à leur propre merci. Il s’agissait en troisième lieu, d’un Etat parallèle

où les réseaux politiques non-formels opéraient une économie parallèle, en

s’engageant dans plusieurs activités illégales. Ces trois formes d’Etat qui ont souvent

cohabité en Guinée pendant 52 ans se livraient aux fonctions d’Etat collecteur de loyers,

créant des pénuries artificielles, et récompensant des groupes favoris par des prix

et profits élevés. L’impunité a été rampante; les individus qui détournèrent des sommes

faramineuses de deniers publics, sont arrêtés, rarement condamnés pour leurs crimes

économiques. Certains de ces malfaiteurs reçoivent même des promotions spectaculaires

dans l’administration civile ou la hiérarchie militaire.

Les deux mouvements parrainés par l’UFDG de Cellou Dalein Diallo et le RPG d’Alpha

Condé sont à présent en concurrence dans la course présidentielle. Tous les deux

bénéficient du ralliement de vieilles et nouvelles figures de l’arène politique Guinéenne.

Tous les deux partis, l’UFDG et le RPG ont souscrit des alliances avec des dirigeants de

l’élite politique et commerciale controversée, qui ont été montrés du doigt comme des

«prédateurs» des régimes précédents, des porteurs de casseroles. Les deux partis se

partagent ces «prédateurs» du régime de Lansana Conté et celui de Moussa Dadis

Camara. Sans apparaître comme indulgent envers la corruption et le népotisme, il serait

extrêmement difficile de tabler sur la corruption et le népotisme des régimes précédents,

et les prédateurs passés pour départager les deux mouvements et leurs candidats

pour l’élection présidentielle du 19 Septembre, 2010. Des Commissions impartiales ad

hoc pourraient cas par cas, sans esprit vindicatif, séparer la graine de l’ovaire en temps

opportun.

Des alliances sont les droits historiques et politiques dans l’arène démocratique. Le BAG

de Barry Diawandou, de Koumandian Kéita, de Karim Bangoura et de Fodé Mamoudou

Touré, et la SFIO de Barry Ibrahima (dit Barry III) avaient librement décidé de rejoindre

les rangs du PDG dans une alliance qui avait facilité la transition pacifique de la Guinée

coloniale à l’indépendance, en 1958. Alpha Condé et ses alliés ne devraient point juger

les alliances de l’UFDG de Cellou Dalein Diallo avec l’UFR de Sidya Touré, de la NGR

d’Ibrahima Abe Sylla. Ni Cellou Dalein Diallo et ses alliés de l’UFDG ne devraient en

faire autant pour l’alliance du RPG d’Alpha Condé avec le PEDN de Lansana Kouyaté,

le RDR de Papa Koly Kourouma, le DRIG de Jean-Marc Telliano et d’autres partis.

Quelles devraient être les issues réelles à débattre, dans une Guinée meurtie pendant 52

ans, à supposer que les alliances soient les revenants bons des citoyens libres dans l’arène

politique libérale et démocratique?

IV QUELS SONT DONC LES SUJETS A INSCRIRE AU PANNEL POUR LA CAMPAGNE ELECTORALE?

La guerre psychologique de la campagne présidentielle en Guinée dans les media et sur

les sites de l’Internet, semble être centrée sur la corruption, le népotisme et les

détournements de deniers publics par les «prédateurs» de l’économie. Ces différentes

tares ont toujours existé en Guinée depuis la Première République. @2). La corruption

devrait-elle être le sujet central pour démarquer les deux candidats ? Non, parce que tous

les deux candidats jouissent à présent du support d’un grand nombre de «prédateurs» de

l’économie Guinéenne. Les articles tendent à avoir trait à la politique de l’ethnicité et

l’ethnocentrisme. En réalité il y a d’autres facteurs importants à considérer pour mitiger

cette politique-là. Premièrement, l’urbanisation rapide a contribué à émousser les

sentiments et distinctions ethniques surtout en ces moments où un tiers de la population

vit dans les zones urbaines. Conakry, la ville capitale compterait 2.5 million de citadins;

neuf villes auraient plus de 25,000 à 100,000 habitants. Deuxièmement, beaucoup de

Guinéens en exil, sont revenus chez eux et se sont mis à promouvoir la libéralisation

économique. Troisièmement, beaucoup de dirigeants orientés vers les réformes ont été

au paravant opposés par l’élite traditionnelle marchande encline à maintenir le statut quo

et le réseau de patronage politique, qui continue à récompenser l’impunité. La plupart

des trafiquants de drogue qui étaient arrêtés, et qui devaient être sujets aux poursuites

judiciaires ont été libérés. Il n’est point certain que leurs biens saisis aient bénéficié le

Trésor Guinéen.

Les questions primaires seront quels sont les programmes des candidats pour résoudre le

problème de l’impunité? Quelle coalition est capable de dispenser les services de

base aux populations rurales et aux taudis urbaines? Le malaise social, qui s’était

emparé du pays tout entier dans les cinq dernières années, était dû en grande partie

au manque des services de base (l’alimentation, l’eau, l’électricité, les facilités

d’éducation, de santé, et de bonnes routes, etc.); le coût élevé du standard de vie, et de

beaucoup de biens et de services (riz, denrée de base, produits pétroliers, etc.); mais aussi

des bas salaires et de pauvres conditions de travail. Les citoyens Guinéens aimeraient

savoir quelles solutions les candidats et leurs partis proposent aux problèmes de

développement économique et social de Guinée. Comment est-ce-que les candidats

comptent remédier aux dramatiques augmentations des prix des produits de première

nécessité? Comment est-ce-que les candidats vont approcher les questions prioritaires

suivantes?

 Comment réaliser l’unité nationale et la paix?

 Comment établir un système judiciaire indépendant?

 Comment encourager le dialogue politique et social entre les partis?

 Comment restaurer l’autorité de l’Etat?

 Comment ranimer l’économie nationale?

 Comment faire accroître la base de revenus de l’Etat?

 Comment gérer le secteur minier?

 Comment créer l’emploi pour les jeunes ?

 Comment réformer la fonction publique?

 Comment reconstruire les infrastructures (éducation, santé, réseaux de routes, etc.)?

 Comment résoudre le problème de l’énergie?

 Comment réformer le secteur agricole pour accroître les rendements comme ils étaient dans les années 1950?

 Comment mobiliser les ressources pour la croissance économique et le développement durable?

 Comment réformer les services de sécurité défaillants?

 Comment résoudre les problèmes de l’insécurité?

 Comment les partis politiques peuvent-ils forger des rapports fonctionnels avec les syndicats de travailleurs et d’autres organisations de la société civile sans les contrôler et sans les considérer comme des menaces à leur autorité?

 Comment promouvoir la bonne gouvernance et moderniser l’Etat en Guinée, un des enjeux gigantesques du nouveau gouvernement?

V COMMENT RENFORCER LA GOUVERNANCE ET LE NOUVEL ETAT?

La Guinée a fait l’expérience de beaucoup de problèmes de gouvernance et de manque de participation réelle des citoyens dans la gestion de leurs affaires. Il s’agit surtout de la capacité du gouvernement central d’établir la règle de droit et les fondations de l’ordre social. Sur ce sujet, je commencerai par citer un auteur Guinéen, Mahmoud Ben Said, qui nous donne un conseil très proche de l’esprit Guinéen, dans son livre: « Ajuster le train de vie de l’Etat à ses propres ressources pour conserver sa dignité »; @3). Il faut aussi citer Hobbs, Locke, Montesquieu, et Rousseau, que l’élite Guinéenne pratique aisément. Les Guinéens qui semblent mettre un accent particulier sur leur dignité devraient être moins enclins à quémander l’assistance d’autres nations, encore moins pour payer les frais des élections, surtout que les 24 candidats n’ont pas eu de problèmes à payer la caution individuelle très élevée de 400 millions de FGn.

La Guinée a besoin d’un Etat fort de légitimité, des services des citoyens, de l’inclusion de toutes ses populations dans leur capacité professionnelle de satisfaire les besoins d’aujourd’hui et simultanément préparer ceux de demain. Les fondations de la démocratie sont la libéralisation de la politique, les systèmes de transparence, le respect de la règle de droit, des droits de l’homme et de la femme, et des structures démocratiques améliorées. Les normes fondamentales de la bonne gouvernance sont applicables universellement. Mais des institutions spécifiques et des systèmes nécessaires pour la bonne gouvernance doivent être conçus pour s’accommoder aux caractéristiques spécifiques du milieu pour lequel ils doivent être mis en application. Le CNT vient de ré-écrire une nouvelle constitution pour la Troisième République. Cette constitution n’est point parfaite. C’est probable que la prochaine Assemblée Nationale y apporte des amendements pour renforcer l’unité nationale en créant un poste de vice-président, pour pouvoir concilier l’équilibre national. Il se peut que la même Assemblée Nationale réexamine les critères de validation d’un parti politique national.

1) Les Paris Majeurs de la Gouvernance

Nous pouvons facilement identifier quatre paris majeurs:

 premièrement, renforcer la démocratie;

 deuxièmement, promouvoir la participation politique;

 troisièmement, dispenser des services publiques efficaces aux populations de base;

 quatrièmement, s’assurer plus d’aide effective des partenaires de développement.

Un Etat tel que la Guinée qui aspire à la légitimité après les élections présidentielles et législatives doit premièrement, établir des procédés constitutionnels et la règle de droit, afin de renforcer la démocratie. Quoique la Guinée n’ait pas été formellement une zone de conflits (comme dans les pays frontaliers du Libéria, de la Sierra Léone, et de la Côte d’ Ivoire, et de la Guinée-Bissau), il ya eu de profondes blessures laissées par trois régimes répressifs, qui ont besoin d’être guéries et cicatrisées. Nous avons besoin d’une intègre Commission de la Vérité et de la Réconciliation, qui doit être formée par le nouveau Gouvernement. La Troisième République a déjà une Constitution. A présent dès que le nouveau gouvernement est formé, il doit travailler pour établir sa légitimité.

Le second pari de la gouvernance est de promouvoir la participation politique de tous les citoyens sur la base de la routine quotidienne de leur travail. La Guinée est signataire de la Charte Africaine de Participation au Développement et à la Transformation, adoptée à Arusha, Tanzanie, en 1990. @4). La participation populaire est un droit fondamental des populations pour participer pleinement et effectivement à la détermination des décisions qui affectent leur vie à tous les niveaux et à tout moment. Le gouvernement devrait incorporer tous les partis politiques nationaux, tous les groupements, et hommes et femmes dans le procédé de gouvernance.

Le troisième pari de la gouvernance est de dispenser les services publics indispensables dont les populations de base ont besoin. Ce sont l’eau, l’électricité, l’éducation, les soins de santé, et les bonnes routes, pour assurer la croissance économique. La technologie de l’information peut aussi être un instrument important pour accroître l’efficacité des services publics. La plupart des états Africains ont eu accès à l’Internet en fin 1997. Pour la Guinée personne ne sait quand?

Le quatrième pari consiste à assurer un support plus efficace des partenaires au développement. Les partenaires ont le plus souvent pensé aider les pays en développement à améliorer la gouvernance en leur fournissant l’assistance technique, à supporter la capacité et la possession locales du procédé de développement. Deux réponses sont liées aux questions suivantes: comment aider tous les éléments de la société à bénéficier de la gouvernance améliorée? Comment aider les femmes, les jeunes, et les groupes vulnérables de la société? Comment améliorer la qualité de l’aide pour promouvoir la bonne gouvernance?

 

2) L’Amélioration de la Gouvernance et la Participation des Citoyens

Il y a plusieurs mécanismes pour améliorer la gouvernance et la participation des citoyens au développement. Quelques uns sont les suivants:

 institutionnaliser les mécanismes de prévention de conflits et de faire la paix tels que ceux conçus lors des Journée Nationales de Dialogue et d’Initiatives organisées par la Promotion de la Concertation Sociale en Guinée (PROCONSOGUI) telle que celle qui s’était réunie à Conakry, la ville-capitale de Guinée, le 14 Août, 2008, et dans les autres régions; @ 5) ;

 nourrir la démocratie, en créant non seulement le cadre de régulation qui permet aux organisations de la société civile (OSC) d’exister, mais aussi de poursuivre les mesures politiques, sociales, et économiques qui leur confère un pouvoir réel;

 transformer le rapport entre la gouvernance de l’Etat et les OSC individuelles, de façon à ce que l’Etat ne les considère pas comme des concurrents; il ne s’agit pas seulement de choisir un représentant des OSC comme ministre, mais plutôt établir un conduit institutionnel entre les OSC et le gouvernement central;

 régulariser la participation des femmes en politique et en administration publique en leur assurant un minimum de 25 à 35 pourcent de représentation dans l’Assemblée Nationale pour elles et dans tous les services publiques;

 améliorer la capacité des institutions et des agents par l’éducation à l’intérieur de la Guinée; l’enseignement de l’instruction civique, pour une meilleure gouvernance et une participation aux niveaux des Communautés Rurales de Développement (CRD) et des Communes Urbaines (CU); cela suppose la mise en application de la progressive législation telle que Le Code des Collectivités Locales; @6).

 promouvoir un dialogue continuel parmi les dirigeants Africains pour une plus large participation civile dans la gouvernance en établissant un Comité sur la Bonne Gouvernance.

 

3) Le Renforcement des Pratiques de la Gouvernance

La Guinée a besoin de venir à bout de quelques caractéristiques de l’Etat patrimonial, de l’Etat prédateur et de l’Etat parallèle, en exigeant des fonctionnaires d’être plus responsables, plus transparents, et plus aptes à rendre compte. Elle doit permettre à tous les citoyens de participer dans la gestion de leurs affaires. Le rôle fondamental de l’Etat doit être de créer un environnement habilitant pour les citoyens d’entreprendre tout ce qu’ils peuvent faire dans le cadre de la loi.

Dans un pays qui vient de faire l’expérience de sa première élection présidentielle libre, ouverte, crédible et transparente, des réformes doivent conduire à une démocratie plus authentique. Le gagnant de l’élection présidentielle doit résister la tentation de l’action du «gagnant qui prend tout», en offrant toutes les fonctions stratégiques à ses partisans. Il doit en finir avec la répression de l’opposition ouverte ou silencieuse. Les partis et mouvements d’opposition qui seraient représentés dans l’Assemblée Nationale, ont un important rôle dans la gestion politique et doivent coopérer avec la coalition gouvernementale pour mettre en œuvre les réformes de manière responsable et transparente.

4) Les Critères pour Créer un Etat Capable

L’Etat est caractérisé par quatre attributs: premièrement, en tant qu’ordre politique; deuxièmement, en tant que système des lois; troisièmement, en tant que personnification (ou incarnation) d’une nation; et quatrièmement, en tant que propriété des citoyens. L’Etat capable est caractérisé spécialement par des facteurs suivants:

 il est souvent dit que pour assurer une gestion économique saine, il faut créer un service public plus mince, plus compétent et effectif, fondé sur le mérite plus que sur l’impunité, la plus grande promotion du professionnalisme, et l’application d’un code rigoureux d’éthique;

 il faut renforcer la capacité institutionnelle de l’Assemblée Nationale de Guinée et ses Commissions mettant ses membres à même d’user les lois de l’équilibre et de contre-équilibre de manière efficace pour renforcer l’expertise des législateurs;

 il faut renforcer l’indépendance du système judiciaire par la promotion de leur autonomie financière;

 il faut renforcer la capacité de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et renforcer son pouvoir à pouvoir organiser les élections libres, justes et transparentes;

 il faut créer les mécanismes de collaboration pour promouvoir le dialogue et régler les différences entre les partis gouvernementaux et les partis d’opposition pour mettre en valeur l’intérêt national;

 il faut combattre la corruption, et l’impunité, deux maux spécifiques si enracinés dans les mentalités de l’élite, ce qui exige des actions spécifiques et énergiques, et probablement une nouvelle série d’instruments.

5) Un Etat Capable Fournit un Environnement Habilitant

La stabilité politique et économique peut aider à créer un environnement qui pourrait supporter les changements menant aux guides appropriés pour une gestion rationnelle et équitable des revenus des ressources naturelles d’une nation. Les ressources telles que la bauxite, le fer, l’or, et le diamant, extraits du sol appartiennent à tous les citoyens de la Guinée. Une fois qu’elles sont extraites du sol, leur valeur devrait bénéficier à tous les citoyens une fois que les compagnies minières d’extraction ont été justement compensées. La question appropriée est de savoir comment établir un système de taxe sur les ressources qui bénéficie et la compagnie étrangère qui fait l’extraction et simultanément fournit à tous les citoyens de la nation leur part équitable des revenus. Les revenus devraient être alloués aux investissements productifs pour s’assurer contre l’épuisement des ressources. L’investissement public devrait être fait après qu’une évaluation technique saine ait été faite pour avoir une bonne idée du taux de revient.

La stabilité politique peut aussi aider à transformer l’économie, qui suppose la transformation de la force des travailleurs. L’amélioration de l’éducation et de la productivité peut aider l’amélioration de la compétitivité du pays. Les départements des sciences et de technologie des institutions de l’Enseignement Supérieur peuvent avoir à faire au focus spécial de l’agriculture pour accroître la production des produits alimentaires et des produits d’exportation et diminuer les importations de produits alimentaires.

Dans un pays comme la Guinée –où plus de la moitié de la population dépend de l’agriculture de subsistance—on a besoin d’un système de crédit en faveur des exploitants agricoles (adultes, femmes et jeunes) pour pouvoir acheter les outils d’équipement. Pour accroître la productivité et les rendements des petits exploitants agricoles, la Guinée et l’Afrique ont besoin d’apprendre des techniques de la «Révolution Verte» qui a contribué à la réforme agraire au Sud de l’Asie dans les années 1970. Les composantes étaient les suivantes:

 le développement des produits alimentaires de haut rendement;

 la formation d’experts très habiles dans les sciences de l’agriculture;

 l’augmentation des capacités et des engagements du gouvernement au développement agricole;

 l’expansion des marchés pour les produits de l’agriculture.

L’idéal serait de trouver une solution de juste milieu qui combinerait les approches des super-groupes de l’Alliance pour la Révolution Verte en Afrique (AGRA), fondée sur la recherche et les investissements orientés sur l’utilisation de la technologie et la productivité avec les connaissances agro-écologiques endogènes de l’Afrique. Ce juste milieu contribuerait à éviter des échecs de la première Révolution Verte en Afrique. @7).

La Guinée forme plus de diplômés qu’elle ne puisse en employer. Il y a donc un besoin d’élargir les programmes de formation professionnelle pour satisfaire les demandes du marché, et réformer le marché de la main d’œuvre pour encourager l’investissement direct. Il ya encore une carence de médecins, d’ingénieurs, et d’architectes.

Des efforts de diversification devraient être dirigés dans les manufactures de textiles, de bijouterie, etc. Une culture entrepreneuriale existe déjà. Elle devrait être renforcée par la disponibilité des petits prêts à bas intérêt et la judicieuse performance des fonctions de guider des propriétaires de petites entreprises et d’encourager plus de programmes dans l’agriculture, l’industrie manufacturière et touristique, au-delà du commerce, des détaillants et des services.

L’Etat devrait assurer une saine gestion économique. Il devrait y avoir un environnement macro-économique stable qui entraîne la conception, la rédaction et la mise en application des mesures de réduction de pauvreté. L’élite politique doit être convaincue de l’urgence d’agir sur les principales questions qui affectent l’économie, et offrir l’espace pour tous ceux qui tiennent les enjeux pour contribuer afin que l’économie nationale en bénéficie.

Les responsabilités de l’Etat en matière de gouvernance économique ne seraient pas complètes si on ne mentionnait pas quelques critères fondamentaux: les allocations de dépenses publiques devraient être ajustées aux revenus de l’Etat. L’Etat devrait s’engager dans les réformes de la fonction publique par les retranchements du secteur public mais aussi par l’offre des compensations aux fonctionnaires retraités afin de les orienter dans le secteur privé. Le renforcement de la formation en capacité devrait être fondé sur le mérite et un code d’éthique professionnelle. Il doit y avoir un système transparent de mobilisation de ressources par les services de douane et l’administration fiscale.

Les dirigeants de Guinée feraient bien d’étudier les transformations dans deux autres pays d’Afrique: l’Ile Maurice et le Botswana. @8). Une intelligente gestion économique et politique a mis à même ces deux pays à progresser jusqu’à avoir le statut de classe moyenne. Des réformes spécifiques jugées être de grand intérêt pour la communauté des affaires et le secteur privé ont été la stabilité politique, l’ouverture au commerce international, la transparence entre le monde des affaires et le gouvernement, et l’infrastructure améliorée. Quel pourrait être la contribution de nos deux finalistes aux efforts de bonne gouvernance?

VI ALPHA CONDÉ ET CELLOU DIALLO POURRAIENT PEUT-ETRE CONDUIRE LA GUINÉE A UNE POLITIQUE BIPARTISANNE ET STABLE

 

Les deux finalistes, Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé ont eu à développer ou répondre aux questions sur certaines de ces sujets soit dans leurs programmes respectifs, soit dans leurs projets de société, soit dans des questions et réponses de campagne électorale. Tous les deux ont fait de brillantes études formelles. Ils sont très différents en orientation idéologique et politique.

Cellou Dalein Diallo, en tant qu’ancien fonctionnaire des banques et de l’Etat Guinéen, a une idéologie moins claire. Il s’agit d’un économiste saisonné, qui a acquis la grande expérience après tant d’années à travailler dans la fonction publique de Guinée. Il a déclaré ce qu’il croit, c’est-à-dire que l’Etat doit jouer un rôle important pour les réformes des services de santé et d’éducation. Mais il va favoriser le secteur privé pour les approvisionnements d’eau, d’électricité, l’exportation de l’énergie, l’augmentation de la productivité dans le secteur agricole, et la création de l’emploi. @9). Il faut donc s’attendre à ce qu’il compose sciemment avec le monde des affaires.

Alpha Condé a passé sa vie dans l’opposition à combattre les trois dictatures. Alpha Condé a commencé sa vie en tant que socialiste comme tous les anciens dirigeants des mouvements étudiants, surtout la Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France (FEANF) pendant les décades insurrectionnelles, et les années de l’indépendance Africaine. De nos jours, il a évolué vers le centre. Il veut créer une société équitable avec l’Etat étant un agent-clé d’intervention. Le RPG, apparemment le parti le mieux organisé, pour avoir des cellules de représentation dans beaucoup de régions, s’est prononcé pour l’unité nationale, une économie fondée sur l’agriculture, la sécurité alimentaire, et le secteur non-formel qui emploie plus de 90 pour cent des Guinéens, l’éducation et les soins de santé pour tous. @10).

Aucun des deux candidats ne s’est encore ouvertement prononcé sur leur approche au secteur minier, ou comment s’assurer que l’armée restât un instrument du gouvernement (Alpha Condé a promis d’augmenter de manière substantielle les salaires de soldats). Ils ne se sont pas prononcés sur leur plan pour reconstruire l’Etat, ou comment réengager les partenaires internationaux. Tous les deux candidats n’ont pas présenté des solutions pratiques pour accomplir leurs objectifs.

Les deux candidats ont déclaré qu’ils vont revoir les contrats miniers, et non les annuler. Les deux candidats ont déclaré que les revues auraient pour but de se rassurer que ceux-là constitueront un double gain (selon Alpha Condé) et que les redevances minières, les arrangements de partage de revenus associés aux investissements en infrastructure soient équitables et que les projets de construction employassent les travailleurs Guinéens. Il faut s’attendre à ce que les contrats avec Rus Al et Hyperdynamics soient renégociés parce que ces compagnies sembleraient avoir payé le gouvernement Guinéen dix fois moins. Il faut aussi s’attendre aux renégociations d’une affaire de 7 milliards de dollars Américains avec China International Fund (CIF), le partage de la concession des Mines de Fer du Mont Simandou entre Rio Tinto and la Corporation d’Aluminium de la Chine (CHALCO). Les media Chinois ont rapporté la signature d’un projet de construction de chemin de fer et de port. Il ya aussi une joint-venture entre le Groupe Benny Steinmetz Ressources (BSGR) d’Israèl et Mining Grant Vale du Brésil qui réclame une partie des dépôts du Simandou. Cette entreprise construira un chemin de fer léger qui va joindre les centres commerciaux de Guinée, à la faveur de «certains avantages» tels que la possibilité de transporter le fer du Sud-Est Guinéen par le Libéria au port de Buchanam. Bellzone qui a acquis la concession de fer de Kalia (Faranah) a annoncé que la CIF faisait des plans pour investir 2.7 milliards de dollars Américains dans la construction de l’infrastructure (chemins de fer, facilités de port, et une installation énergétique) pour faciliter la production et l’exportation des minerais de fer. Voilà tant de projets miniers qui seront soumis à l’examen minutieux du nouveau gouvernement dirigé par l’un de nos finalistes. Le Comité d’Inventaire et d’Audit a déjà rapporté la perte de 240 millions de dollars Américains dans le secteur minier comme non-paiement des taxes et redevances, et d’autres obligations aussi bien que les défaillances résultant de la mauvaise gestion et de l’incompétence des fonctionnaires de l’Etat pendant les six dernières années du gouvernement Conté.

Chacun des deux candidats fournira à la Guinée un nouveau style de dirigeant bien éduqué de manière formelle, et tout-à-fait différent des dirigeants des 52 années passées sous trois dictatures. Chacun des deux va être entouré de technocrates célèbres, saisonnés, et sophistiqués dont certains ont été proches conseillers du Général Lansana Conté et du Capitaine Moussa Dadis Camara, sur des réformes de gouvernement responsable et transparent. Chacun aura sa part d’hommes d’affaires et de représentants de l’élite commerciale et mercantile. Chacun aura aussi sa part de «prédateurs» précédents de l’économie Guinéenne. Chacun tirera son support de tous les groupes ethniques autour d’un noyau ethnique et régional.

 

La campagne du second tour de scrutin des élections a déjà entraîné des maquignonnages. Mais elle a aussi réussi à créer des compromis des deux côtés, alors que les deux candidats se rapprochent de plus en plus du centre et qu’ils ne soient pas plus en désaccord sur l’idéologie et des mesures de développement économique et social.

Nous espérons que les procédés de compromis, des alliances et des partis qui fusionnent pourraient conduire à la création de deux mouvements, voir de deux partis politiques forts qui pourraient se faire concurrence dans les années à venir. Ces deux mouvements ou partis politiques auront un caractère national authentique. Ce serait la voie de la stabilité, non seulement dans les élections présidentielles de l’avenir, mais aussi dans les élections législatives. Plus tard et seulement vers la fin du quinquennat de la Troisième République, il serait possible d’amender la Constitution pour pourvoir à un poste de Vice-Président, qui devrait amener a

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