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Elections guinéennes : Konaté dissipe le brouillard « Doré »

La transition guinéenne n’est pas un fleuve tranquille mais un cours d’eau impétueux. La navigation y est difficile, même en canoë. Entre deux voyages et renonçant à une lenteur administrative injustifiée, le Général Sékouba Konaté, qui préfère certainement l’avion au kayak, a signé le « papier » de Rabiatou Diallo.

Konaté était-il coincé ? Avait-il fait l’objet de pressions internes ou externes ? Peu importe ! L’essentiel, c’est le résultat obtenu, c’est-à-dire la signature attendue. Dans son processus de normalisation, c’est la Guinée qui marque un point. Peu à peu notre république bananière se « débananise ». En politique il faut éviter à tout prix le suivisme et tout examiner au cas par cas. Tout acte concret est à saluer s’il va dans la bonne direction. C’est pourquoi je salue cet acte et m’associe au merci général adressé à Sékouba Konaté.

Le Tigre, pour rester crédible, doit rassurer nos populations tous les jours. C’est pourquoi je souhaite qu’il sorte encore ses griffes pour donner d’autres coups de patte salutaires contre tous ceux qui veulent dynamiter la dynamique électorale, notamment Jean-marie Doré, très soucieux de son devenir après le 27 juin 2010 et Ben Sékou Sylla qui n’existe que par la CENI, organe brumeux et « pupardisé » à outrance.

En effet, pendant que Sékouba signe des documents, Jean-Marie Doré saigne le pays en signant des contrats alors qu’il n’en a pas juridiquement la compétence. Toute société qui signe quoi que ce soit avec un pourri le fait à ses risques et périls car cette signature individuelle n’engage pas la Guinée. C’est à croire que Jean-Marie Doré est nommé pour tout bloquer. Que n’aurions-nous pas entendu s’il n’était pas « aux affaires » ? Je ne vois pas pourquoi on payerait quelqu’un pour service non rendu. Le traitement de Jean-Marie Doré s’avérant indu, le prochain gouvernement devrait émettre en son encontre, comme en celui de ses prédécesseurs, un ordre de reversement au Trésor Public de notre pays.

Quant à Ben Sékou Sylla, il n’a aucun intérêt personnel à la tenue rapide d’élections. Plus ça dure, mieux ça l’arrange. C’est le type même à l’appétit de destruction massive. Il boit la soupe et avale la tasse et sa soucoupe ! Que sont devenues les sommes versées à la CENI ? Sur les millions de Guinéens de la diaspora la CENI n’aurait pu recenser à ce jour que 53 080 électeurs, ce qui est historiquement (l’adverbe plaira à certains !) ridicule. C’est comme si ces recensés étaient les représentants du « Congrès de la diaspora guinéenne ». Un recensement qui aurait coûté, selon les calculs d’un compatriote, 1 893 323 francs guinéens par personne recensée (au taux dollar US/Fg du 9 mai 2010 du marché financier de…Conakry) ! Qui nous dit que le coût unitaire réel n’est pas que de 323 francs guinéens ? C’est écoeurant.

En revanche, le CNT a fait son travail dans des conditions pénibles et chez certains de ses membres, arrivés de l’extérieur, le regain de patriotisme a primé sur l’appât du gain. On ressent d’ailleurs ces difficultés dans la nouvelle constitution qui répartit des pouvoirs sans se soucier de leur séparation, encore moins de leur équilibre. On peut toujours faire mieux mais on fera avec !

Donc si tout se passe comme prévu, on aura à partir du 27 juin 2010 un président civil en Guinée. Ce sera un d’abord un simple changement à la tête de l’Etat. Ensuite, si le nouvel élu est patriote et sincère, ce sera le point de départ pour un véritable changement au bénéfice du pays. En effet, la démocratie ne s’installe pas en un jour au lendemain d’élections, fussent-elles libres, transparentes et crédibles. Elle se construit et se consolide chaque jour et de manière collective.

Pour l’instant, il faut encourager toute action en vue d’un changement qualitatif. Si Sékouba Konaté a dissipé un brouillard, rien ne nous garantit que des saboteurs ne vont pas tenter de brouiller les cartes dans les semaines à venir. Je ne sais pas si Sékouba est sincère ou réaliste mais je viens de déceler chez lui le défaut qu’il n’a pas : l’entêtement. Qu’il ne se laisse pas distraire par des cons qui l’entourent. Un con, on le contourne pour suivre son chemin ! Un flatteur, on le fuit car il vous distrait de l’essentiel. Comment peut-on proposer le grade de maréchal à Sékouba ? Un maréchal-ferrant lucide n’aurait pas cette idée.

Pour ma part, j’ai du mal à contourner un bourdon qui continue, bien qu’ayant perdu tout crédit, à polluer le Net. Depuis que je visite les sites, c’est la première fois que je vois un titre qui comprend deux phrases. Que c’est laborieux, historiquement ! Prenez de l’aspirine avant de lire l’article car c’est du « Ni Ni » nul. Mon crime est d’avoir évoqué le nom de Mme Konaté ( Aïssatou Bah) sur l’affaire du marché de l’habillement militaire, publiée par « guinee live » le 25 avril 2010 à 20h56.

La petitesse du diablotin n’a pu révéler qu’une seule réalité : Mme Konaté a son baccalauréat et je le savais. Le marché dont elle a bénéficié est tellement injuste que j’ai fait le jeu de mots BAK (Bah Aïssatou Konaté) et bac ! Je reste persuadé que le mérite du baccalauréat ne saurait revenir à un enseignant qui affirme que son élève Aïssatou Bah était «  TRAVAILLEUR » et qui écrit «  Alors, laisse-là tranquille », confondant la personne avec un lieu quelconque ! L’attaquant (qui bave plus qu’il ne mord) affirme avoir connu Aïssatou Bah dans l’exercice de ses fonctions et j’espère que cette connaissance n’est pas dans le sens relaté dans l’Ancien Testament. Paraît-il que « Son groupe de copines, elles étaient au nombre de trois… ». Quelle précision pour un enseignant qui s’intéresse à la composition d’un groupe de copines! On comprend maintenant que des cours soient mal préparés.

J’apprends à l’intéressé (qui est loin d’être intéressant) qu’une épouse est une compagne mais qu’une compagne n’est pas nécessairement une épouse. J’aurais été désobligeant si j’avais parlé de copine, de concubine ou de camarade de chambre. Je lui apprends aussi que toute famille, indépendamment de son ascendance ou de sa descendance, est respectable même si elle renferme quelques individus détestables. Personne n’attaque l’épouse (c’est-à-dire la compagne) d’un leader politique si elle n’est pas mêlée aux magouilles de son époux. Je lui indique, enfin, que la jalousie ne porte que sur la qualité. Où est-elle ?

Finissons par du positif. J’ai salué un geste de Sékouba de qui je n’attends rien à titre personnel. Je continuerai à saluer tout acte positif de sa part. J’ai salué Abe Sylla du NGR qui avait vidé de ses rangs BDT, le « singe sans frontières » qui prétend parler au nom de toute une communauté. Je salue le Dr Edouard Zoutomou Kpoghomou de Salt Lake  City. Son grain de sel contre l’ethnocentrisme doit être apprécié à sa juste valeur.

Je vous salue.

 

Ibrahima Kylé Diallo

Directeur de guineenet.org et de kylediallo.info

Mon contact : kylediallo@gmail.com

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