Flandre : pour apporter du matériel médical en Guinée, de futures infirmières se mobilisent

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Dans moins d’un mois, Pauline, Hazebrouckoise, et Vanina qui habite à Vieux-Berquin s’envoleront pour un voyage humanitaire dans un hôpital en Guinée avec trois camarades. Élèves infirmières à Armentières, elles organisent vendredi à Hazebrouck leur dernier événement, un loto, pour récolter des fonds.

Si leurs sentiments oscillent entre impatience et appréhension, une chose est sûre, ces jeunes femmes sont déterminées. Depuis un an, l’Hazebrouckoise Pauline Van Merris, Vanina Brassard qui habite Vieux-Berquin, Mathilde Ayala de Steenvoorde (absente pendant la rencontre) et leurs camarades Kelly Tytgat de Deûlémont et Mathilde Cattoire d’Armentières, travaillent sur leur projet de voyage humanitaire en Guinée. Toutes sont élèves infirmières à l’Institut de formation en soins infirmiers (IFSI) d’Armentières. « Notre école a un partenariat avec la Guinée et le centre hospitalier de la ville de Mamou », précise Pauline Van Merris. Comme une trentaine d’autres étudiants de l’IFSI, l’Hazebrouckoise est tentée par cette aventure humanitaire en Afrique. « Mais dès qu’il a fallu se bouger, on était moins nombreux. » Pas évident, complète Mathilde Cattoire, d’Armentières, « de se bouger pendant les examens. Ça demande beaucoup de temps et beaucoup se sont découragés. » Et puis surtout, le projet connaît un gros coup dur au mois de mars. Le voyage est alors purement et simplement annulé, les billets d’avion perdus, « à cause d’une épidémie de choléra et des troubles au Mali. Ça nous a mis une grosse claque, ça a été très dur à vivre », confie Pauline. Une déception surmontée depuis par le petit groupe qui a hâte de vivre cette expérience d’un mois dans le service pédiatrie et maternité, « le thème de l’année de l’Acauped (association de coordination d’actions utiles aux pays en voie de développement, ndlr), c’est la mère et l’enfant », expliquent les jeunes femmes. C’est en effet pour pérenniser les projets de l’Acauped que des étudiants de l’IFSI ont créé l’association Où t’as garé l’chameau, et c’est par le biais de ces deux structures que Pauline et ses camarades organisent leur mission.

« Une révélation »

Pour chaperonner les étudiantes : une formatrice de l’IFSI, déjà partie plusieurs fois, et « connue dans le village Elle pourra nous permettre d’avoir des échanges culturels. On sera logées dans une villa, en sécurité. » Elles comptent aussi sur un apaisement de la situation politique, grâce aux élections législatives. « On ne prendra pas de risque, assure Mathilde. On a envie de partir mais il y a toujours un doute, on ne saura qu’au dernier moment. »

Pour se préparer, le petit groupe a notamment suivi des formations de réanimation de l’enfant. Les jeunes femmes devront aussi faire face au dénuement et aux maladies, « quand on demande aux étudiants déjà partis de nous raconter, c’est tout ou rien, constate Pauline. Soit ils disent tout en détail, soit c’est trop dur. »

Pour Kelly Tytgat, de Deûlémont, qui comme ses copines vivra son premier voyage en Afrique, difficile de se projeter : « Tant qu’on n’est pas là-bas, on ne sait pas comment on va réagir. Il y a un peu de peur, c’est normal. On se rassure en se disant que nous ne sommes pas les premières à partir. » Vanina Brassard, qui habite à Vieux-Berquin, estime que cette expérience, qui compte comme stage dans leur dernière année d’étude, « pourrait provoquer une révélation » et peut-être susciter des vocations dans l’humanitaire.

Matériel de base

À l’hôpital de Mamou, les futures infirmières ont aussi pour projet « de refaire la décoration du service », ajoute Kelly. Une empreinte qu’elles laisseront de leur passage. Au niveau médical en revanche, les précautions sont plus nombreuses puisque le but, « ce n’est pas non plus de créer le manque en amenant du matériel trop technique qu’ils ne pourront plus utiliser ensuite », prévient Mathilde. Depuis des mois, c’est donc du matériel de base qu’elles récoltent, compresses, antalgiques, gants, auprès de pharmacies. Chacune sacrifiera une des deux valises de vêtements autorisées par personne pour transporter ces dons. « Le reste, on l’achète sur place pour faire profiter le commerce local. »

Leurs billets d’avion financés, les jeunes femmes ont déjà organisé plusieurs événements pour récolter des fonds et bénéficié de subventions. Pauline et les autres veulent augmenter leur cagnotte pour le matériel médical. Elles jouent leur dernière carte avec un loto, vendredi à Hazebrouck, mis sur pied avec l’aide du Sporting. À Armentières, une initiative comparable avait permis de récolter 3 600 €. Il ne reste plus aux Flamands qu’à faire encore mieux !

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