Guinée : Toujours le Brouillard

   

Peuple de Guinée ! Quand verras-tu donc la fin du brouillard entretenu sciemment sur ton pays par ceux que tu as coutume d'appeler tes dirigeants politiques? Quand donc ton chemin sur la voie du progrès des Nations s'éclaircira? Quand enfin pourras-tu te considérer comme les autres ? En disant les autres, tu devines bien que je peux parler des autres Peuples, des autres Nations qui ont délibérément rejeté les combinaisons de petitesse quelle que soit leur taille géographique et humaine et qui ont refusé la médiocrité dans laquelle dans laquelle tes dirigeants semblent se complaire. Et pourtant, j'avais imaginé dans ma jeunesse, avec d'autres guinéens de ma génération , sans chauvinisme ni forfanterie de notre part que notre Guinée était douée de grandes qualités pour la grande aventure humaine.

Hélas! à considérer les hommes du pouvoir depuis que la Guinée est devenue République de Guinée, les Guinéens n'ont vécu que dans le brouillard, dans diverses formes de brouillards à tel point que ceux-ci ont secrété une forme de culture politique stérile. Le mysticisme politique qui en a résulté , fait de celui qui arrive au pouvoir un envoyé de Dieu. Et ceux qui ont été Présidents , jusqu' à aujourd'hui, ont été convaincus de cela d'autant plus que des légions de marabouts, de féticheurs et autres voyants avides de jouissance matérielle, ont seriné quotidiennement à leurs oreilles cet aspect de leur personnalité.

L'obscurantisme qui s'en est suivi dans une population largement analphabète a conduit beaucoup de nos compatriotes à se fier à la parole de politiciens inconsistants mais conscients du fait de tirer partie de cette situation. C'est pourquoi, il n'y a jamais eu en Guinée, en dehors des élucubrations verbales et de la Mamaya, de véritable politique d'émancipation de l'immense majorité des Guinéens pouvant lui permettre de s'autodéterminer sur telle ou telle question nationale. L'art de la manipulation a été l'ossature du savoir-faire des Présidents: Sékou Touré, prix d'excellence dans les montages macabres et théâtraux; Lansana Conté , prix d'application laborieuse dans l'art de vouloir imiter l'autorité du Maître et également un prix pour ses appétits financiers et matériels. Moussa Dadis Camara aux pieds d 'argile mais qui se croit malin pour poursuivre la manipulation du peuple guinéen.

Pour ceux des Guinéens qui recommandent naïvement de taire tous ces brouillards qui recouvrent la Guinée et de ne parler que de problèmes d'aujourd'hui: audits, transition, élections etc., ces Miroirs aux alouettes qui les fascinent, il faudrait un peu réfléchir car dans un pays , il ne faut pas oublier qu'existe un lien entre les faits qui façonnent l'évolution. Il n'y a pas de génération spontanée.
 

L'obstination de la Première République à n'avoir pas préparé une vraie démocratie à conduit au coup d'Etat militaire de 1984 qui a installé un caporalisme qui s'est maintenu 24 ans . C'est de celui-ci et de son impéritie à organiser une vraie Armée en lieu et place de compagnies de tontons –
macoutes (pour parler comme les Haïtiens), qu'a pris naissance le coup d'Etat de décembre 2008. Il ne faut pas que le lien qui s'est établi entre ces trois régimes soit perdu de vue pour éviter que le peuple guinéen continue de tourner dans les couloirs labyrinthiques faits de brouillards. Des Guinéens voudraient bien que ces brouillards persistent. Leurs motivations, leurs intentions profondes.? Tout indique qu'en dehors de l'alignement des mots qu'ils utilisent, il n'y a rien qui paraisse patriotique.

A y réfléchir un peu, je note que les brouillards dont je parle, ont fini par transformer certains Guinéens en des espèces de rats. Tout le monde connaît ces rats qui se plaisent dans des caves ou dans des cases sombres pour rogner à loisir ce qui leur tombe sous la dent et disparaissent dès qu'une lumière est allumée. C'est cette image grossière , faute de mieux, pour désigner nombre de nos compatriotes, qui ont toujours fait le lit de la dictature dans notre pays. Et ce n'est peut-être même pas une simple image grossière quand on sait que la capitale , Conakry (« La ville perle de la Côte d'Afrique occidentale » des années de l'avant-indépendance) est devenue la ville de sa catégorie, la moins électrifiée en Afrique. Mais l'obscurité qu'on y a installée permet toutes les magouilles du pouvoir qu'il peut présenter sous l'angle qu'il veut. L'image utilisée, conforte bien celle de rats que la lumière dérange parce qu' on les a habitués à l'obscurité , aux brouillards..C'est sur cette trajectoire que demeurera longtemps encore le pays si les Guinées conscients de l'avenir collectif ne bougent pas. C'est bien cette trajectoire qui se dessine en dépit du tam-tam de Dadis plein d'intentions louables sur le thème du rétablissement de l'eau et de l'électricité à Conakry.

Pour le reste du pays on verra plus tard. Pourquoi tant de pessimisme?...C'est parce que je ne crois pas que Moussa Dadis Camara, Sékouba Konaté et les autres membres du CNDD aient la volonté et la capacité de promouvoir en Guinée, une démocratie et un développement même en s'entourant de cadres compétents (et il y en a parmi les Guinéens). Paradoxal non? Eh bien! Non. La seule culture politique que connaissent Dadis et ses compagnons et qu'ils ont vue en pratique et ont héritée de la période 1958-2008, n'est pas la démocratie participative, mais celle de la force brutale, de l'omnipotence et du culte du Chef. De lui tout doit procéder et à lui tout doit aboutir En dehors des apparences, dans un tel contexte, la présence de très bons cadres ne peut pas conduire à une créativité sociale. C'est ce qui a dû se produire pour certains de nos compatriotes sous Sékou Touré et même sous Lansana Conté, encore que pour celui-ci il ya eu des moments où il se fichait de la chose publique pourvu qu'on garnisse sa cassette personnelle. A voir les agitations de Dadis qui a le sentiment d'être universitaire et militaire gradé et donc d' avoir une certaine suprématie sur son environnement, on note déjà que toute prise d'initiative d'un collaborateur, si haut placé soit-il, est ressentie par lui comme un crime de lèse-majesté. Le premier Ministre Komara doit déjà en savoir long sur cet aspect de son patron.

Un certain comportement erratique , une perpétuelle hésitation dans des prises de décisions,  l'absence ou le dérèglement d'hygiène de vie en outre de son statut de militaire devraient conduire Dadis à s'ôter de la tête cette lubie d'être candidat à l'élection présidentielle de 2010. Les signaux avertisseurs du mauvais choix qu'il constituerait pour cette élection devraient pousser les plus consciencieux de ses supporters à attendre des opportunités pour plus tard. Le fait par exemple , pour Dadis de dormir plus de jour que de nuit , parce les coups d'Etat ont souvent lieu de nuit lui démontre l'illégitimité de sa situation actuelle et fait de lui un homme fragile qui a besoin de temps pour se reconstruire avant de s'attaquer à une charge aussi lourde que la Présidence de la République. Il faut qu'il cesse la distribution directe des deniers publics à d'éventuels clients électeurs.

Cette pratique s'appelle la corruption que lui Dadis a dit vouloir combattre. Il faut qu'il cesse ces pratiques dignes de pays recouverts de brouillards politiques et qui consistent à intimider et à harceler les travailleurs du secteur de l'information. Que signifie pour celui qui remplit les fonctions ( usurpées) de Chef de l'Etat de désigner d'autorité des commis à sa solde: Préfets, Elus locaux et autres fonctionnaires comme étant les forces vives
guinéennes? C'est exactement la méthode qu'utilisaient les Forces de l'Allemagne Nazie dans les pays occupés d'Europe en 1939-1945: désigner en dehors des élus des collaborateurs comme maires et autres employés.


Toutes ces incohérences n'émeuvent pas certains de ceux qui se disent patriotes mais dont le patriotisme semble se borner à la carrière politique d'un homme qu'au devenir guinéen. Il faut cependant leur répéter que Dadis et son équipe du CNDD ont déjà montré aux Guinéens qui ont des oreilles pour entendre et des yeux pour voir que leurs « joujoux » dénommés :Transition, Audits, Lutte contre les narcotrafiquants, Elections etc. , apparaissent à présent comme autant d'attrape-nigauds maintenus dans cet état par les brouillards politiques que j'ai déjà signalés. En effet si le CNDD avait la volonté politique de s'attaquer vraiment à tous les « joujoux » cités, on pouvait raisonnablement s'attendre, qu'à l'heure actuelle , il serait bien avancé, fort du soutien populaire, sur ces chantiers. Des axes précis auraient pu être, à présent, dessinés sur chacun de ces thèmes dans le cadre d'une transition annoncée et qui avait recueilli une adhésion spontanée et massive.


Pour le CNT, un délai de deux à trois mois après le putsch était largement nécessaire pour en faire un contour précis. Après tout quand des hommes se préparent de longue date, comme c'était le cas sous Lansana Conté malade, à prendre les pouvoirs d'Etat, cela ne s'improvise pas; on réfléchit à bien de choses de la gestion d'un pays. Le CNT dont on nous parle est encore dans les limbes et sa composition annoncée à 244 membres vient d'être portée à 270.Ce CNT est à l'image de tout ce qui est entrepris au niveau d'un gouvernement guinéen. Tout organisme est conçu à échelle pléthorique pour que personne ne se sente laissé pour compte. Après de vaines agitations, chacun voulant montré sa disponibilité, on se retrouve au bout de l'organisme bidon, sans aucun résultat concret mais au passage quelques malins auront eu le temps de se servir au lieu de servir la cause commune.


Pour les audits, un cadre cohérent , non pas d'un règlement complet de cette vaste question , mais de recension de la situation et la mise en place d'organismes compétents d'audits, aurait pu être entrepris depuis huit mois. Ce n'est pas cette voie de travail sérieux qui a été privilégiée mais l'incontournable mamaya pour exciter la population. Ce folklore n'a jamais ouvertement mis en cause Lansana Conté et ses gouvernements corrompus et a même permis à de grosses huiles de ce monde glauque de s'organiser pour échapper à de vrais audits . Certes des lampistes seront toujours pris pour preuve d'audits et montrés à la vindicte populaire. Ce n'est pas sérieux.


Pour la lutte contre les narcotrafiquants, un nombre d'entre ceux-ci étant ou ayant eu commerce lié avec des membres de l'Armée guinéenne, on aura du mal à savoir qui va chasser qui. Où était l'Armée guinéenne si prompte à mitrailler de jeunes Guinéens à Conakry, lorsque de petits avions bourrés de sacs de drogue passaient nuitamment d'Amérique Latine pour se poser sur des aéroports aménagés en Guinée? Ce n'est que quand ce trafic a atteint une certaine ampleur que le public guinéen en a eu connaissance. Où étaient ceux qui veulent se servir de la lutte contre les narcotrafiquants pour s'attirer la faveur des Guinéens? C'est de l'opportunisme.


Pour les élections rapides que la Transition devait mettre en place, Dadis et ses compagnons n'y avaient véritablement jamais cru après leur putsch, d'où leur promesse facile dans ce sens. En outre, éblouis par les acclamations populaires, ils ont cru que l'avenir travaillait pour eux et c'est ce qui explique l'apparente ouverture d'esprit qu'ils ont manifestée alors dans les premières concertations qu'ils ont eues alors. Ils n'ont pas tardé à regretter les promesses de transition rapide en sentant que ce qu'ils considéraient comme une conquête de pouvoir leur échappait. En effet, ce que Dadis et ses compagnons n'ont pas tout suite révélé était que ce sont eux militaires qui avaient risqué leur vie en faisant le coup d'Etat. Quelle explication misérable! Risquer leur vie contre le cadavre de Lansana Conté?...

Ce qui est plausible, c'est que n'importe quel groupement militaire aurait pris l'initiative du coup de décembre 2008, n'aurait rencontré que des ralliements d'autres militaires. Rappelez-vous que le coup d'Etat de Lansana Conté- Diarra Traoré en 1984 contre l'Etat hyper-organisé et militarisé du Parti-Etat de Guinée n'avait rencontré aucune résistance de la part de militants civils et militaires « aguerris ».De semblables évènements ont montré, ailleurs en Afrique que des militants convaincus ont organisé un minimum de résistance.

C'est à croire que nos braves soldats qui affectionnent de parader en battle-dress, n'ont jamais entrepris un coup d'Etat qui pouvait présenter un risque pour eux. C'est pourquoi quand certains insistent sur le fait que le coup d'Etat de 2008 s'est passé sans verser une goutte de sang, ils oublient de le replacer dans le réel contexte guinéen. Si donc le coup de Conté- Traoré contre le Parti-Etat aux nombreux militants de « La patrie ou la mort » n'a pas fait de morts, comment voulez-vous qu'un coup d'Etat contre l'Etat-Néant de feu Lansana Conté en fasse? Les putschistes de 2008, ont cependant apprécié et propagé auprès de la population l'idée à répandre que leur stratégie de prise du pouvoir était si au point qu'ils n'ont pas versé une goutte de sang guinéen et n'ont perdu personne dans leur rang. ORZP (« opération réussie, zéro perte », pour parler comme des militaires).L'apprentissage du langage de brouillard était déjà en marche.

L'exercice du pouvoir d'Etat est apparu comme autre chose et a tout de suite montré les limites de nos centurions : des hommes hésitants , sans méthode dont la tenue de treillis militaire décrit à merveille des images de patins de paille habillés en Rambos de guerre. Non! en tant que tels et en association, ces hommes ne peuvent pas gouverner rationnellement la Guinée. La question n'est pas de dire que Moussa Dadis Camara ne peut pas être candidat à la Présidence de la République de Guinée. Comme toute citoyenne et tout citoyen guinéens jouissant de ses droits civiques, il a le droit d'être un jour , candidat à cette fonction.

Mais pour l'heure, il est militaire guinéen , c'est-à-dire un des bras armés par la Nation guinéenne pour sa défense contre d'éventuelles agressions extérieures. La place qu'il occupe, aujourd'hui à la tête de l'Etat, est illégitime, il la doit à la force de la partie de l'Armée qui le soutient encore mais pas de la volonté populaire guinéenne. Quand Dadis aura quitté l'Armée et n'aura plus aucun lien organique dans cette corporation, il pourra quand bon lui semblera être candidat à la Présidence. Lui qui se dit intellectuel et militaire, ce qui n'est pas le cas de beaucoup d'autres militaires, est capable de faire une analyse philosophique et morale de la conception démocratique du pouvoir. C'est le pouvoir démocratique qui est la voie de l'avenir, même en Afrique. Toute politique qui consiste à payer avec les deniers publics des soutiens fantoches est à courte vue.

L'orgueil démoniaque qu'on peut éprouver dans la quête du pouvoir, l'aveuglement de ne pas pouvoir s'arrêter à temps, le cynisme dans les calculs politiciens peuvent conduire non pas aux délices du pouvoir mais à des cauchemars voire à des drames familiaux. Mais l'habitude du Guinéen est de projeter l'avenir même collectif dans des hypothèses très optimistes mais rarement l'inverse est envisagé pour se tenir dans une position de reconversion.
Pour revenir aux élections sur lesquelles toutes les énergies de la Transition ont été focalisées par l'attitude d'abord équivoque puis à peine voilée de Dadis de se, porter candidat avec toute la logistique d'Etat de son pouvoir de fait, il faut qu'il se rende compte que ce deuxième coup d'Etat ne le mènera nulle part.

Cela ne constituera, une fois de plus, qu'une entrave à la marche de la Guinée en avant. C'est pourquoi je mesure pour la Guinée la chance que constituent ces levées actuelles en masses des Guinéens et des Amis de la Guinée à travers le monde pour barrer la route aux hommes du CNDD et à leur chef égarés de mythes. Ainsi le Forum des Forces Vives, section France, organise une grande marche unitaire le 26 septembre 2009.Les mêmes types de manifestations ont eu lieu ou auront lieu dans d'autre pays d'Europe mais aussi en Amérique du Nord. En Guinée même, malgré une
répression continue et des conditions de bâillonnements insoutenables de la libre expression, le vrai Forum des Forces vives de Guinée ne se soumet pas aux ukases de Dadis. Le mot d'ordre mobilisateur de partout doit être ISOLER DADIS ET LE CNDD C'EST BARRER LA ROUTE A LA DICTATURE NAISSANTE EN GUINEE. Isolés, ces hommes du CNDD ne pourront rien faire car ils attendent tout de l'extérieur.

Le dilemme de Dadis et des autres militaires du CNDD, partir ou rester est vrai. Comment, après avoir goûté aux délices du pouvoir, se retirer purement et simplement dans les casernes? Ils connaissent les incertitudes que peut réserver cette Armée sans éthique et indisciplinée qui n'obéit que de façade et ne connaît plus la notion de hiérarchie. Les chefs d'aujourd'hui resteront-ils les chefs de demain? N'ont-ils pas mis, eux, les généraux de Conté à la retraite d'office? Aussi, si le CNT peut faire œuvre d'imagination sur cette question pour ouvrir la voie à la démocratie, cela pourrait consister en l'élaboration d'un plan de reclassement des membres du CNDD qui ne souhaiteraient plus continuer la carrière militaire..On pourrait penser à l'Administration civile, à des Ambassades etc. Mais il ne s'agit que de pistes indicatives.


Quoi qu'il en soit, il faudrait que des élections transparentes arrivent enfin en Guinée. Des hommes se sont, de longue date, préparés pour accomplir les fonctions qui s'y rattachent et ils les rempliront infiniment mieux que des militaires. La logique militaire ,sauf cas exceptionnel dans l'histoire, n'a jamais permis à un Etat de se développer convenablement, surtout en ce début du 21e siècle. J' ai, à maintes fois cité l'une des causes principales du retard de l'Amérique Latine sur l'Amérique du Nord par les répétitions de coups d'Etat latino-américains du début du 19e siècle au milieu des années 1960.Mais depuis la raréfaction de l'irruption de l'Armée dans la vie politique latino-américaine, nombre de pays de cette zone connaissent des évolutions économiques et sociales que les pays africains pourraient leur envier. Certains pays d'Amérique Latine, devenus pays émergents pèsent d'un poids dans l'économie mondialisée, comme on en trouve en Asie.

La stagnation ou le recul de l'Afrique subsaharienne, trouve une part d'explication dans l'irruption de l'Armée dans la vie politique depuis plus de 40 ans. Toutes ces raisons doivent inciter les militaires guinéens à se retirer de la scène politique. J'ai dit que des hommes se sont préparés pour ces
fonctions politiques. Et qu'on cesse de les traiter d'assoiffés de pouvoir. Les hommes politiques guinéens ne sont pas plus assoiffés de pouvoir qu'ailleurs dans. le monde. Mais il ya dans notre pays ce défaut rédhibitoire qui consiste à reprocher aux autres ce qu'on se sent incapable d'accomplir. En se battant perpétuellement dans un contexte de non-droit et sur un champ politique miné ,ils n'ont fait que ce qu'exige la bataille politique. Ceux qui ont été jusqu'à traiter ces opposants à la dictature d'assoiffés de pouvoir , le font , soit par ignorance, soit par paresse intellectuelle, soit par psittacisme doctrinal en s'étant eux-mêmes éternellement engouffrés dans une brèche facile . Encore une trace du brouillard d'éducation reçue.

Enfin, pour terminer sur le point de l'élection présidentielle, je dirais que la question primordiale que je me pose en tant qu'intellectuel d'un pays sous-développé à construire n'est pas de savoir de quelle région doit sortir le prochain Président guinéen mais de savoir quel Guinéen est enfin capable de sortir la Guinée et les Guinéens de la malédiction du sous- développement, de la faim, de l'obscurantisme, de la maladie. Bref, le Guinéen capable de conduire la Guinée sur le chemin du progrès des Nations.

Naturellement, vous ne trouverez aucun candidat potentiel qui puisse avoir l'humilité de s'exclure lui-même de la possibilité de réaliser ces objectifs. Dans notre pays, très souvent, chacun se croit capable de tout et c'est là une des sources fondamentales de la malédiction guinéenne. C'est aussi cette surestimation d'un capitaine sorti du rang de prétendre diriger un pays avec autant de problèmes que la Guinée , en ne cherchant même pas à comprendre que l'une des raisons majeures de l'énigme guinéenne, un pays assis sur des ressources naturelles considérables mais plus pauvre que des pays sahéliens, est l'incompétence, l'imposture et le mensonge qui ont été installés aux commandes de l'Etat.


Il faut qu'au nom et pour l'honneur de nos ancêtres qui reposent depuis longtemps en terre guinéenne , l'imposture cesse d'être la règle de conduite sur la terre qu'ils nous ont léguée. Pour une fois , il faut que nous arrêtons par tous les moyens la nouvelle imposture que Dadis et ses épigones se préparent à installer en Guinée.

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