Guinée: un vaccin pour limiter l’épidémie de choléra ?

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Une étude menée par le ministère de la Santé guinéen et Médecins Sans Frontières en 2012, publiée le 28 mai dans une revue scientifique américaine, démontre que 86% des individus qui ont été vaccinés en pleine flambée de choléra n’ont pas attrapé la maladie.

En février 2012, une violente épidémie de choléra se déclare en Guinée. La saison des pluies bat son plein et propage rapidement dans le pays cette infection intestinale mortelle due à l'ingestion d'eau souillée par la bactérie responsable de la maladie. Pour limiter sa propagation, le ministre de la Santé et de l'Hygiène publique, Naman Keita, prend une batterie de mesures. C'est à ce moment que débute l'étude portant sur l’efficacité de la vaccination préventive sur 200 personnes entre mai et octobre 2012. Une étude menée par le ministère de la Santé et Epicentre, l'institut de recherche de Médecins Sans Frontières.

Efficacité vaccinale

Publiée le 28 mai dernier dans la revue scientifique américaine The New England Journal of Medicine, l'étude montre que le vaccin a répondu aux attentes des médecins. « 86% des personnes vaccinées ont été protégées. C'est un taux très, très, très, élevé », se réjouit le docteur Rebecca Grais, co-auteure de l'étude. Mieux encore, « dans les zones où le vaccin a été largement diffusé, il n'y a pas eu de choléra. C’est la preuve qu’il est efficace », souligne-t-elle. C'est là le résultat le plus important de l'étude : « l'utilisation de ce vaccin contre le choléra devrait apporter des améliorations notables dans la capacité à endiguer les épidémies », note Rebecca Grais.

 

Avalé : vacciné

Le vaccin testé s'appelle Shanchol©. Son nom est déposé, car c'est le laboratoire Shanta, racheté par le géant français Sanofi, qui le fabrique à un coût de production très bas, ce qui joue en sa faveur. C'est ensuite sur la forme que le Shanchol se démarque de son concurrent le Dukoral. Tous les deux sont des vaccins oraux, à prendre par voie buccale, mais la posologie simplifiée du Shanchol le rend plus pratique à administrer aux populations. Il est particulièrement adapté à une utilisation dans les pays en développement : deux prises espacées d'une semaine suffisent à protéger une personne avec un très bon taux de réussite.

Stocker pour prévenir

L'étude tombe au bon moment, car depuis quelques mois l'Organisation mondiale de la santé (OMS) constitue des stocks de Shanchol. En démontrant l'intérêt de son utilisation sur le contrôle des épidémies, l'étude rassure l'OMS quant à la mise en œuvre d'une campagne de vaccination à grande échelle. Ces résultats pourraient influer sur la décision de l’organisation d’envoyer des doses de ce vaccin au Soudan du Sud, où une épidémie s’est récemment déclarée. Si l'OMS craignait notamment une mauvaise acceptabilité du vaccin au sein de communautés reculées, l'étude démontre le contraire. Mais malgré les bons résultats du Shanchol, Rebecca Grais rappelle que « pour être efficace, le vaccin doit s'inscrire dans un processus global qui place les mesures d'hygiène élémentaires au-dessus de tout ». Aussi performant soit-il, le vaccin reste un pis-aller pour limiter les conséquences du choléra, mais ne s'attaque pas à ses causes. Le choléra touche toujours les populations les plus pauvres et endiguer l’épidémie nécessite des actions sur le long terme : améliorer l’approvisionnement en eau propre et l’assainissement, ainsi que promouvoir l’hygiène.

Par Pierre Olivier

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