Le réseau nébuleux d'une multinationale basée en Chine dans des contrats troubles en Afrique.

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(Deuxième partie): Expansion en Afrique

La connexion angolaise a facilité l'entrée ensuite de CIF [China International Fund ] en Guinée et plus tard, Madagascar et le Zimbabwe.

En 2008, des officiers dissidents de l'armée ont évincé le gouvernement guinéen [à la mort du Général Lansana Conté]. Le nouveau régime était diplomatiquement isolé et désespéré pour de l'argent comptant.

Mahmoud Thiam, alors ministre des mines de la Guinée, a indiqué que CIF a approché la junte en mars 2009 en tant ''qu' ami spécial'' qui fournirait l'aide financière nécessaire. Thiam était sceptique. Mais deux semaines plus tard dit-il, CIF s'est arrangé pour envoyer le Président de Sonangol, Manuel Vicente, à Conakry, la capitale guinéenne, pour le convaincre.

Le 10 octobre de cette année là, Thiam a signé un accord formel qu'il a qualifié du ''contrat du siècle'' lors d'une conférence de presse qui impliquerait un investissement entre $7 milliards à $9 milliards. Mais le contrat lui-même ne spécifiait aucun montant particulier ; par contre, des droits d'exploration ont été accordés à CIF dans trois vastes zones de Guinée en échange de projets d'infrastructures proposés par le gouvernement guinéen mais que légalement rien oblige CIF de fournir [sic]. Le deal devait potentiellement rapporter des milliards de dollars [pour qui ? La Guinée ou pour ceux qui ont signé?] : la Guinée a les plus grandes réserves au Monde de bauxite et des dépôts significatifs en fer inexploité.

La cérémonie de signature est venue juste 12 jours après un des événements les plus sanglants dans l'histoire guinéenne récente [malgré ce carnage, ils n'ont pas eu la décence de reporter cette signature, quels que soient les milliards en jeu, eh Dieu !]. Le 28 septembre [2009], des militaires ont ouvert le feu sur des Guinéens dans une manifestation paisible contre la junte [au Stade du 28 septembre à Conakry], laissant plus de 150 morts et plus de 1.200 blessés. Des centaines de femmes ont été violées. En réponse, la communauté internationale a appliqué des sanctions. Par conséquence, Thiam a indiqué, CIF était le seul investisseur étranger voulant négocier avec la Guinée.

''Il y avait quelque chose sérieusement malsain,'' a dit Abdoulaye Yero Baldé, actuel vice-gouverneur de la Banque centrale de Guinée qui était alors dans l'opposition politique du pays. ''Le gouvernement venait juste de violer des femmes et avait tué des civils innocents, tous les investisseurs partaient mais ce groupe est resté et a signé. Il est difficile de savoir ce que vraiment la Guinée tire de bon dans ce contrat.''

Vers la fin de 2010, Thiam a fait plusieurs voyages à Madagascar avec des représentants de CIF pour négocier avec le gouvernement qui est arrivé au pouvoir après le coup [d'État] de mars 2009. Il est un ami du ministre des mines du pays, et CIF était intéressé par le gisement de pétrole de Tsimoro à Madagascar, on estime que les réserves à presque un milliard de barils.

En janvier, le ministre des finances a annoncé la formation de la ''Madagascar Development Corporation'' [société de développement de Madagascar] enregistré à Singapour, la joint venture entre le gouvernement et CIF devrait avoir la priorité dans l'exploration pétrolière et de minerais.

Quand la China-Sonangol et CIF sont arrivés au Zimbabwe, ils ont employé la même stratégie qu'en Angola et Guinée : ils ont promis d'aider dans la ''rénovation des infrastructures du pays.''

Comme ailleurs en Afrique où CIF et la China-Sonangol ont fait des affaires semblables, peu de détails au sujet de l'accord au Zimbabwe ont été publiés [rendu public]. Selon une station radio d'État, l'affaire est censée inclure des investissements dans l'or et le raffinage de platine, l'exploration de pétrole et de gaz, le carburant ainsi que dans des ensembles immobiliers. Il est peu clair combien a été promis réellement et ce que CIF obtiendrait en échange.

Une autre compagnie, ''Sino Zim Development'' , a des concessions dans des domaines controversés de Marange au Zimbabwe,(...).

Sino Zim Development a été enregistré comme joint venture en juin 2009 à Singapour. Ses directeurs incluent Lo Fong Hung de CIF [encore lui !] et un Zimbabwéen appelé Masima Ignatius Kamba. Selon des informations de Singapour indiquent que Sino-Zim est entièrement la propriété de deux compagnies enregistrées en Îles Vierges britanniques [British Virgin Islands]. Une autre compagnie également appelée Sino-Zim Development a été enregistrée au Zimbabwe. Lo et Veronica Fung sont parmi ses directeurs. [c'est compliqué ! S'y retrouvent-ils eux mêmes?]

Une adresse à Wall Street et les défis à venir.

Des fissures sont récemment apparues dans la structure de corporation de CIF. L'année dernière, un de ses directeurs, Wu Yang a poursuivi en justice plusieurs compagnies appartenant à CIF, exigeant l'accès à leurs documents comptables. En 2004, le groupe industriel,''Beiya Industrial Group'' - basé à Harbin, a transféré ses parts d'actions à Wu. Lors d'une audience en mars, les avocats de CIF ont dit que Wu ne pouvait pas voir les documents comptables parce qu'il servait de prête nom, pas le vrai propriétaire des parts.

En Guinée, où un nouveau gouvernement démocratiquement élu a été mis en place depuis un peu moins d'une année, le futur de CIF semble incertain. Le mois dernier, Reuters a cité l'actuel ministre des mines de la Guinée disant que le contrat de CIF avait été annulé. Cependant, lors d'une visite à l'Université de Columbia [USA] peu après, le Président guinéen, alpha Conde a déclaré, ''je ne vois pas comment nous pouvons annuler un contrat que nous n'avons pas examiné encore.''

En Angola, on s'attend à ce que le prochain Président de la République soit Manuel Vicente de la China-Sonangol après l'élection de l'année prochaine. Mais Deborah Brautigam, professeur à ''School of International Service at American University'' [école du service international à l'université américaine] et l'auteur du livre ''The Dragon’s Gift: The Real Story of China in Africa '' [Le cadeau du dragon : La vraie histoire de la Chine en Afrique], indique que ce ne serait pas nécessairement un avantage pour CIF.

''Ils doivent encore avoir l'argent pour faire des affaires,'' écrit-elle dans un email, mais ''ils n'ont pas une bonne réputation professionnelle à délivrer [ou de réalisation], même avec le support de Vicente et Sonangol derrière eux. Et leur habilité à obtenir des concessions réellement productives en ressource a été très pauvre, en dépit de toute l'exagération de médias.''

Les doutes sur China-Sonangol se sont prolongés jusqu' au coeur financier des États-Unis.

A l'aube du siècle dernier, 23 Wall Street à New York était l'adresse la plus célèbre dans le domaine des finances aux États Unis. C'était le siège social de la première société dans le Monde à avoir atteint le milliard de dollars, JP Morgan et Cie. Aujourd'hui la China-Sonangol essaye de convertir le lieu en un centre commercial de luxe.

A travers une compagnie du Delaware,''CS Wall Street'', China-Sonangol a acheté le bâtiment en 2008. L'espace commercial au 23 Wall Street est offert pour des magasins de haut luxe. En février, les clients potentiels se sont réunis au tour de cocktails pour visiter les lieux. En juillet, Cushman & Wakefield Inc., une société d'immobilière réputée, a été retenue pour sélectionner les locataires.

Aujourd'hui, trois ans après que la China-Sonangol ait acheté la propriété, le bâtiment reste vide.

(Avec le reportage en Guinée par Patrick Martin-Menard, à Hong Kong et la Guinée par Pei Shan Hoe , et à New York par les membres de la ''Stabile class'' de 2011, ''Graduate School of Journalism, Columbia University'').

Transmis par Ollaid

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