Ibrahima Kassory Fofana : « La Guinée se félicite du soutien français à la candidature du Rwanda »

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Au « Forum de Rhodes » de l'institut Dialogue of Civilizations, le Premier ministre de Guinée a fait le point sur différentes questions africaines

Que pensez-vous du soutien d'Emmanuel Macron à la candidature de Louise Mushikiwabo, comme secrétaire générale de l'OIF ?

La représentation africaine dans les organisations internationales est faible. C'est à l'honneur du président Macron de vouloir encourager une Rwandaise. Que ce pays soit anglophone, cela ne peut qu'aider la francophonie à rayonner.

Pourtant l'Afrique n'est toujours pas parvenue à se mettre d'accord sur le nom d'un pays pour la représenter comme membre permanent au conseil de Sécurité de l'ONU ?

Il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs. Que le conseil de sécurité accepte d'abord de laisser un ou deux sièges à l'Afrique, l'Union Africaine se mettra ensuite d'accord pour savoir quels pays doivent représenter le continent comme membre permanent.

Qui bloque ?

Il y a une volonté commune des membres permanents du Conseil de sécurité d'élargir, mais quand il s'agit de prendre la décision, elle tarde à venir...

Début octobre, le président Alpha Condé a-t-il voulu dénoncer la France en rappelant le poids du passé colonial ?

Il faut replacer ses propos dans leur contexte. Ils ont été prononcés à l'occasion du soixantième anniversaire de l'indépendance de la Guinée. Ce qu'il a voulu rappeler, c'est que l'indépendance a commencé par un boycott de la France qui a fermé son marché à nos exportations de bananes. Nous étions alors le premier exportateur en Europe de bananes. Nous avons en outre dû créer à partir de rien notre monnaie, le franc guinéen. Mais il y a d'autres raisons pour notre retard, notamment internes.

Quelles sont aujourd'hui vos relations avec la France ?

Le président Alpha Condé a d'excellentes relations avec la France et d'excellentes relations personnelles avec le président Emmanuel Macron.

La France s'est-elle détournée de l'Afrique?

Non ! La France ne s'est pas donné les moyens de sa politique. La coopération économique aujourd'hui doit reposer sur le secteur privé. Mais si ce dernier n'a pas, dans des environnements difficiles comme en Afrique, le support des gouvernements en matière de crédits et de garanties, il ne peut pas aller loin. C'est toute la différence avec la Chine qui assure des moyens à long terme pour ses investissements.

Quelle croissance économique pour la Guinée ?

La Guinée se dirige vers une croissance à deux chiffres, au-delà de nos prévisions. Mais cette croissance n'est pas inclusive pour tout le monde car elle est largement tirée par les secteurs minier et, à la marge, agricole. Or le secteur minier dépend des investisseurs étrangers. Le mode opératoire capitalistique ne laisse pas beaucoup de valeur ajoutée au revenu national. Mon gouvernement veut renverser cette tendance. Nous souhaitons ainsi, pour augmenter la part de la valeur nationale, développer la sous-traitance locale dans les transports des mines vers les ports ainsi que dans l'intermédiation.

Jacques Hubert-Rodier
Envoyé spécial à Rhodes

Source: Les Echos

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