Cette réserve est également reconnue pour sa valeur universelle exceptionnelle. Sa diversité géomorphologique, son climat subéquatorial montagnard et son isolement géographique ont favorisé la présence de nombreux microclimats et d’écosystèmes variés, allant de la forêt dense en basse altitude à des alpages herbeux en altitude. La flore locale compte plus de 2 000 espèces de plantes vasculaires, parmi lesquelles un certain nombre sont endémiques ou quasi endémiques.
La faune du Mont Nimba est également d’une rare richesse. On y recense à la fois plus de 300 espèces de vertébrés (dont plus de 100 mammifères) et plus de 2 500 espèces d’invertébrés. Des espèces endémiques telles que le crapaud vivipare, la musaraigne aquatique connue sous le nom de Micropotamogale de Lamotte, et la chauve-souris à feuilles rondes de Lamotte sont emblématiques. Parmi les autres espèces remarquables figurent le chimpanzé occidental, célèbre pour utiliser des pierres comme outils, le lion d’Afrique de l’Ouest, l’hippopotame pygmée, ainsi qu’une faune d’oiseaux notable, au point que la réserve est désignée Zone Centrale pour la Conservation des Oiseaux.
Malgré cette richesse exceptionnelle, le site fait face à de lourdes menaces. Dès le début des années 1990, l’attribution de concessions d’exploitation de minerai de fer menaçait l’intégrité du site, provoquant son inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Le Libéria et certains pans de la Guinée ont subi des dégradations notables liées à l’exploitation minière. Par ailleurs, la réserve souffre d’un manque de gestion coordonnée transfrontalière, de pressions liées au braconnage, à la déforestation et aux feux incontrôlés. Les initiatives de conservation se poursuivent toutefois.
En Côte d’Ivoire, le Centre de Recherches en Écologie a conduit des inventaires sur les chauves-souris, les singes et les crapauds vivipares, et envisage la création d’une station de recherche scientifique dans la zone du Mont Nimba. La coopération entre les deux pays a été stimulée à partir de 2016 dans l’objectif de renforcer la gestion, la surveillance et la lutte contre le braconnage.
Au-delà de son rôle écologique, le Mont Nimba exerce une véritable fascination. Il attire zoologues, botanistes, géographes et voyageurs, époustouflés par la beauté spectaculaire et la biodiversité unique du site. Classé Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1981 pour la partie guinéenne et depuis 1982 pour la partie ivoirienne, le Mont Nimba demeure un sanctuaire naturel d’une valeur inestimable pour la conservation en Afrique de l’Ouest.
Source: Agence Ecofin