Le chaos a coûté 219 milliards !

Trois guineens tues par les gendarmes a conakry avant l election

Une partie du bilan sur la crise qui a secoué la Guinée est enfin connue. Les conséquences des mouvements sociopolitiques de Conakry ces neuf dernières années ont causé un dommage de 219 milliards de franc guinéen. Annoncé par le groupe organisé des hommes d'affaires guinéens (GOHA), qui relance la question des indemnisations.

Ces neuf dernières années, les Guinéens ont connu des temps difficiles à cause des différents malentendus politiques. Outres les pertes en vies humaines dont le monde entier a fait cas, il y a des pertes économiques qui sont passés presque inaperçus. En effet, le champ économique a également subi des pertes. En témoigne, le groupe organisé des hommes d'Affaire guinéens (GOHA), né dans les décombres de la guerre civile, qui évoque 219 milliards de franc guinéen, soit 24 millions de dollars US. « Nous avons recensé pendant ces troubles sociaux 418 victimes de pillages dont les pertes économiques se chiffrent à 25 milliards de francs guinéens. En septembre 2009, lors des massacres du 28, sous la junte militaire, nous avons recensé 162 opérateurs économiques victimes de pillages, évalués à environ 7 milliards 700 millions de francs guinéens. En 2012 et 2013 nous avons recensé 442 cas de victimes de pillages qui s'évaluent à 46 milliards 700 millions », relate Chérif Abdallah, le président du Goha qui assure qu'il ne parle que d'une partie des pertes enregistrées par les opérateurs économiques. Selon ce dernier, ce bilan ne porte que sur la période de janvier à février 2007, lors des mouvements sociaux organisés par les centrales syndicales CNTG- USTG. Le président du Goha a fait comprendre que durant la période électorale, ils ont recensé 546 victimes dans les préfectures de province dont Kérouané, Nzérékoré, Banankoro, et Koundara, avec des pertes évaluées a plus de 141 milliards de francs guinéens.

Très touchés par les crises diverses, Chérif Abdallah et d'autres opérateurs économiques, victimes s'étaient constitués en association, le Goha. L'idée à l'origine était de créer un réseau de protection, un lobby dans le but de défendre leurs intérêts. Mais la volonté des hommes d'affaires contraste avec celle des autorités politiques.

Inquiétudes sur les indemnisations...

Parmi les victimes citées par le Goha, il y a aussi des politiciens. A la veille des élections d'octobre 2015, sept personnalités du monde politique répertoriées, ont vu une partie de leur bâtiments brûlés et ou des véhicules incendiés voire vandalisés, dénonçait le Goha. Des dégâts qui n'ont pas suscité la solidarité de la classe politique, envers les victimes.

Un an après les grabuges, un accord a été signé mettant fin à l'anarchie. L'un des chapitres les plus importants de cet accord reste la création d'un fonds d'indemnisation et la mise sur pied d'un comité qui aura la lourde tâche d'identifier les victimes de pillages, exclusivement pour l'année 2013.

Deux problèmes se posent. D'un côté le Goha parle de 1.568 victimes économiques sur 7 ans, alors que les accords ne retiennent que l'exercice 2013. De l'autre, le gouvernement n'a toujours pas entamer le dédommagement des victimes de 2013. Même si l'association applaudit l'accord politique, estimant comme bonne nouvelle la décision concernant les victimes, il reste en désaccord avec la période choisie. « Les victimes des mouvements politiques se valent et s'équivalent », martèle Chérif Abdallah, tout en gardant espoir. « Lorsque ceux de 2013 seront dédommagées, nous mettrons sur la table le cas de toutes les autres victimes que nous avons recensé et nous avons demandé à tous les opérateurs économiques de soutenir les accords et cet appel est suivi partout monde », a-t-il ajouté, en étant sûr que rien ne pourra se faire sans leur avis.

Même après les accords politiques les populations guinéennes craignent le retour à l'instabilité si rien n'est fait pour les victimes surtout les plus pauvres. Une situation qui ne rassure pas les investisseurs étrangers désireux de faire affaire à Conakry. Le Goha est bel et bien très concerné.

Source: Tribune Afrique

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