Le chronogramme électoral déchaîne les passions (Synthèse)

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Au sein de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de la Guinée, deux sons de cloche se font entendre depuis la publication du chronogramme électoral mercredi dernier. Avec d'un côté des commissaires soutenant mordicus l'organisation de l'élection présidentielle avant les élections locales pour obéir à "un impératif catégorique de la loi", et de l' autre, un groupe qui botte en touche en affirmant que le chronogramme proposé par la CENI lui a été "imposé" par des forces extérieures.

Après le tollé suscité par le chronogramme électoral au sein de l'opposition qui s'est opposée à la tenue de la présidentielle avant les communales et les communautaires, la CENI a jugé utile de justifier l'ordre chronologique de la tenue de ces scrutins.

"En organisant les élections communales, on ne serait pas dans le délai légal de faire l'élection présidentielle qui est un impératif catégorique de la loi. Tout le monde s'attend à l' élection présidentielle en 2015 depuis 2010", a déclaré le vice- président de la CENI, Ibrahima Kalil Kéita, au lendemain de la publication du chronogramme, au cours d'une conférence de presse.

Citant l'article 28 de la Constitution qui stipule que l' élection présidentielle se fait 90 jours au plus et 60 jours au moins avant l'expiration du mandat du président en exercice, M. Kéita a expliqué que l'élection présidentielle doit se tenir entre le 21 septembre au plus tôt et le 21 octobre au plus tard, "pour éviter de mettre le président élu dans une position illégale.

Vendredi, un autre groupe de commissaires de la CENI a donné une autre lecture des circonstances qui ont donné lieu à la publication de ce chronogramme des élections, affirmant que la démarche de la CENI relève de "décisions prises ailleurs qu'on voudrait leur imposer.

Ces commissaires contredisent donc leurs collègues qui ont défendu le chronogramme fixant la présidentielle au 11 octobre 2015 et les communales et communautaires pour la fin du premier trimestre 2016.

Ces prises de position illustrent la tension qui règne au sein de la CENI.

L'opposition, à travers son porte-parole Aboubacar Sylla, a fait entendre sa position dès la publication de ce calendrier.

"Nous nous opposerons farouchement à la date des communales d' autant que la date est anti- constitutionnelle. Les élections doivent se tenir dès l'expiration du mandat des élus locaux. Personne ne doit inverser l'ordre des élections (...). Pour nous, ce sont les élections locales d'abord et les présidentielles après ", a indiqué l'opposition.

L'opposition a menacé de "suspendre sa participation à l' Assemblée nationale, et de rejeter toutes les décisions émanant de la CENI".

Albert Damantang Camara, porte-parole du gouvernement guinéen, a déclaré que le gouvernement "respecte la décision de la CENI".

"Nous notons qu'elle a fait le choix de programmer la présidentielle avant les communales parce qu'il faut absolument respecter les délais constitutionnels de la présidentielle", a-t- il rappelé.

Le chronogramme doit être confirmé par un décret présidentiel, comme le veut la constitution guinéenne.

Source:Xinhua

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