Le Fouta-Djalon et la Basse Côte, charpente de la Guinée

Suite aux nombreuses inepties et l’arrogance des ignorants entrés en politique en Guinée, nous avons jugé utile d’aller rechercher dans les archives de notre histoire, l’explication de la formation de ce qui est devenu la république de Guinée.  D’abord, il est utile de rappeler à ceux qui ne connaissent pas leur propre histoire comme MM. Alassane Condé, Alifa Condé et consort que la Guinée n’est pas le fruit de la volonté des peuples de ce pays mais plutôt du diktat de la France coloniale.

Ce n’est pas banal de le préciser à écouter certains Guinéens, même si c’est de la provocation à but purement démagogique pour les plus instruits parmi eux.  Mais notre silence peut induire en erreur et renforcer l’ignorance des jeunes qui ne vérifieraient pas ces mensonges.

Ci-dessous, nous allons, avec un commentaire à la fin, vous reproduire des extraits pertinents pour notre propos, tirés du site WebGuinée - Histoire : Gabriel Hanotaux, Alfred Martineau, et al., eds.  ‘’Histoire des Colonies Françaises et de l'Expansion de la France dans le monde.’’  Paris. Librairie Plon. 1929. Tome IV. pp. 259-71.

IV. La formation de la colonie de la Guinée française (1875-1904)

 

  Nos premiers établissements des Rivières du  Sud.

L'ancien régime n'avait jamais perdu de vue que des établissements d'une certaine importance pourraient être formés au delà de la Gambie et l'on a vu les tentatives faites à diverses reprises pour prendre pied soit aux îles Bissagos, soit à Sierra-Leone. Aucune n'avait duré longtemps. Le régime issu de la Révolution Française (1789) devait aboutir à des résultats plus positifs. En même temps qu'au Sénégal on cherchait à s'éloigner des côtes pour pénétrer dans l'intérieur du pays et y faire de la colonisation agricole, les gouverneurs poursuivirent et obtinrent l'acquisition de nouveaux postes sur les côtes méridionales. Dès 1827, Roger acquit l'île de Diognè à l'embouchure de la Casamance. Deux ans plus tard, un négociant français nommé Blanchard, voulut établir un dépôt de marchandises sur le marigot de Cagnat, dans la même région, mais les Portugais qui occupaient Ziguinchor s'y opposèrent. Tout en respectant la situation spéciale de nos concurrents, le gouverneur Pujol donna, en 1836, à Malavoix, commandant de Gorée, l'ordre de créer un poste à Carabane. Devenu à son tour gouverneur au départ de Pujol, Malavoix fit installer l'année suivante deux nouveaux postes, l'un à Sédhiou et l'autre à Diambéring, au sud de Carabane. Les emplacements nécessaires nous avaient été cédés respectivement par les indigènes les 24 mars et ler avril 1827.
Ces travaux d'approche devaient nous conduire rapidement aux « Rivières du Sud », la Guinée actuelle. Les Landoumans du
rio Nunez ayant, en 1838, maltraité des commerçants sénégalais, la goélette la Fine fut envoyée l'année suivante pour exiger des réparations et un traité conclu le ler août 1839 avec le chef des Landoumans donna libre accès aux Français et à leurs ressortissants dans le rio Nunez, moyennant, il est vrai, le paiement de coutumes. Dès 1840, trois maisons françaises y étaient installées. Le lieutenant de vaisseau de Kerhallet, commandant la canonnière
l'Alouette, consacra cette situation le 10 janvier 1842 par une convention qui renouvelait et précisait nos droits.
Nouveaux progrès en 1845. Le lieutenant de vaisseau Laffon de Ladébat agrandit notre domaine en effectuant d'abord la reconnaissance de la Mellacorée et en passant le 18 avril avec le chef Mouri Laye, une convention nous assurant le monopole du commerce dans la vallée de cette rivière. Puis il dirigea une expédition contre les Baga, qui gênaient notre commerce dans la région du
rio Nunez et obtint d'eux le 27 mai un traité analogue à celui conclu avec les Landoumans. Boké fut acquis dans les mêmes conditions, le 27 juillet 1848, par le lieutenant de vaisseau Ducrest de Villeneuve. Le roi des Landoumans ayant refusé l'année suivante de supprimer la traite des esclaves, la corvette
la Recherche bombarda Boké au début d'avril et occupa définitivement ce point ; le roi fut détrôné et remplacé par son frère ; tous les habitants du rio Nunez reconnurent notre souveraineté. Enfin, nous prîmes pied au rio Pongo en 1851 et à la rivière Kitafini, dite encore rio Cassini, en 1857.
Un traité conclu le 28 novembre 1865 avec
Youra, roi des Nalous, nous assura la propriété de la région de Victoria, mais tous ces traité ou accords n'avaient qu'une valeur relative : les chefs indigènes étant la plupart du temps liés à la fois ou successivement vis-à-vis de plusieurs puissances européennes. C'est ainsi que le 15 février 1876 John Cotty, roi du rio Pongo, conclut un traité par lequel il reconnaissait notre protectorat, tandi que nous lui assurions une pension annuelle de 500 francs ; mais John Cotty recevait, par ailleurs, une subvention analogue du gouverneur anglais de Sierra-Leone. Cette circonstance détermina le commandement de Gorée, de qui relevaient encore les Rivières du Sud, à consolider nos droits sur le rio Pongo en établissant un petit poste à Boffa. Avec ceux précédemment créés à Boké (rio Nunez) et à Benty (Mellacorée), cela portait à trois le nombre de nos postes dans cette partie de l'Afrique. […]

En 1880, nous nous établissions dans la région de Dubréka, et nous acquérions des droits sur l'île Toumbo, où devait s'élever plus tard Conakry, le chef-lieu de la nouvelle colonie. Cette île — qui n'est plus qu'une presqu'île à marée basse — présentait une grande importance, du fait qu'elle abrite un mouillage utilisable par les navires et qu'elle commande le petit groupe des îles de Los, lesquelles appartenaient alors à l'Angleterre. Elle faisait partie du royaume du Kaloum, qui englobait également Dubréka et à la tête duquel se trouvait un chef nommé Balé Demba. Le capitaine Chapelet, commandant du poste de Benty, mettant à profit la crainte qu'avait Balé Demba de voir son royaume annexe par les Anglais des îles de Los, détermina ce prince à placer ses Etats sous le protectorat français.

 

Olivier de Sanderval.- Organisation des Rivières du Sud.

C'est également en 1880 que Sanderval se rendit à Timbo. Son intention était de pousser jusqu'aux mines d'or du Bouré, dans le Manding. Mais il ne dépassa pas le Fouta-Diallon, où il fut retenu par les beautés pittoresques du pays, le charme du climat et l'espoir qu'il avait d'y fonder un établissement prospère. Parti du rio Grande en février 1880, il arriva le 7 avril à Timbo. Il ne tarda pas à acquérir une influence considérable auprès de l'almami et des notables du Fouta-Diallon, qui lui cédèrent en toute propriété les hautes terres du Kahel. Il s'en fit reconnaitre roi par les indigènes, avec l'agrément de l'almami du Fouta-Diallon, y installa une ferme modèle et explora méthodiquement son royaume, pendant que deux de ses agents, MM. Gaboriaud et Ansaldy, obtenaient pour lui, le 27 juin, de l'almami de Timbo, la concession d'une voie ferrée devant relier le Fouta-Diallon à la mer. En août, il ralliait la côte à Boké et se rendait en France, afin de s'y approvisionner en matériel. De retour au Kahel, il levait et équipait une armée qui lui servit à maintenir l'ordre dans son royaume et faisait même battre monnaie à son nom et à ses armes. Le pouvoir qu'il exerça au Kahel durant une quinzaine d'années fut réel et il l'employa efficacement à préparer l'occupation du Fouta-Diallon par la France et à combattre les visées britanniques sur cette province. Il devait aider puissamment en 1888 la mission politique du lieutenant Plat et en 1889 celle du capitaine Levasseur. Enfin, en 1896, lors de notre établissement définitif au Fouta-Diallon, il devait contribuer, avec son armée et ses partisans, à la défaite de notre ennemi Bokar Biro, et faire ensuite abandon à la France des droits qu'il avait acquis.
Il n'était pas indifférent pour nous qu'Olivier de Sanderval eût pu pénétrer à Timbo dès 1890 et y eût fait prédominer l'influence française. En 1881, en effet, le gouverneur anglais Goldsbury, qui avait alors la charge des établissements britanniques de la Gambie, remontait ce fleuve jusqu'à Yarboutenda, et, par Kadé, arrivait en avril à Timbo. Il voulut y conclure avec l'almami un traité de protectorat, mais, grâce à Olivier de Sanderval, l'almami s'y refusa absolument et consentit seulement à signer un traité de commerce. Prévenu des desseins du gouverneur Goldsbury, Brière de l'Isle, avant de quitter le gouvernement du Sénégal, avait chargé le docteur Bayol de se rendre au Fouta-Diallon et d'en obtenir le protectorat pour la France. Accompagné de l'explorateur et futur administrateur Noirot, le docteur Bayol quitta Boké le 17 mai, arriva à Timbo le 12 juillet et, le 14 juillet 1881, il concluait avec l'almami Ibrahima Sori un traité plaçant le Fouta Diallon sous le protectorat français. Les droits résultant de ce traité devaient être reconnus en 1882 par la Grande-Bretagne, en 1885 par l'Allemagne et en 1886 par le Portugal.
Le 28 juin 1882, une convention franco-anglaise reconnaissait nos droits sur le rio Nunez, le rio Pongo, le Kaloum, la Mellacorée, et, comme nous venons de le dire, sur le Fouta-Diallon, et fixait les limites entre nos possessions des Rivières du Sud et la colonie britannique de Sierra-Leone.
Un décret du 12 octobre de la même année organisait nos établissements des Rivières du Sud et, tout en continuant à les faire relever du gouverneur du Sénégal, les plaçait sous la direction d'un lieutenant-gouverneur spécial, qui fut le docteur Bayol.
Un traité avec le chef de Bramaya, en 1883, et un autre avec le chef de Lakata, en 1884, élargirent vers l'Est et vers l'Ouest, nos territoires du rio Pongo, dont le centre était Boffa. Le 30 janvier 1884, le docteur Bayol signait avec Youra, roi des Nalou, un accord comportant la cession à la France du territoire compris entre les marigots de Caxiope et de Ropas, dans la région de Boké.

[…]. Le 12 mai 1886, le Portugal reconnaissait de son côté nos droits sur le rio Nunez et le rio Componi, ainsi que sur le Fouta-Diallon, et la frontière était fixée entre ses possessions et les nôtres. Ainsi la colonie des Rivières du Sud se trouvait constituée du point de vue international, allant, sur la côte, de l'estuaire du rio Componi jusqu'à celui de la Mellacorée inclus, sans solution de continuité, et avec les portes libres du côté de l'intérieur ; seules, les six îles de Los demeuraient encore propriété de l'Angleterre : elles l'étaient depuis 1818. Des décrets du 16 juin et du 4 août de la même année augmentèrent les pouvoirs du lieutenant-gouverneur des Rivières du Sud, en plaçant sous sa haute autorité, en qualité de dépendances, les établissements français de la Côte d'Or (aujourd'hui Côte d'Ivoire) et du Golfe de Bénin (aujourd'hui Dahomey).

 

Occupation de Conakry (1887).

En 1887 mourut Youra, roi des Nalou , remplacé par son neveu Dina Salifou, dont nous aurons à reparler plus loin. C'est cette même année, le 8 mai, que nous fîmes pour la première fois acte d'occupation sur l'emplacement de la ville actuelle de Conakry. Nous y fûmes amenés par une prétention inattendue des Anglais qui, sous prétexte que la presqu'île de Tombo est une île à marée haute, affirmaient qu'elle faisait partie du groupe des îles de Los et, par conséquent, appartenait à la Grande-Bretagne. Pour empêcher cette singulière prétention de s'appuyer sur le fait de la non-occupation du point en litige par la France, le docteur Bayol prit possession du terrain cédé par Balé Demba en 1885.

[…]Quelques jours après la publication de ce décret était conclue la convention franco-britannique du 10 août 1889, qui, sur les bases de l'arrangement antérieur du 28 juillet 1882, définissait les limites des Rivières du Sud et de la colonie de Sierra-Leone et confirmait la reconnaissance de nos droits sur le Fouta-Diallon. On se préoccupa dès lors d'assurer la pénétration économique au moyen d'une voie ferrée. Sanderval avait bien obtenu de l'almami du Fouta-Diallon la concession d'un chemin de fer destiné à relier cette province à la mer, mais il n'avait pu trouver les moyens financiers de réaliser sa conception. Il fallait d'ailleurs étudier un tracé. Une mission fut constituée à cet effet en 1890, sous les ordres du capitaine Brosselard-Faidherbe, qui, accompagné de l'écrivain Félix Dubois et du peintre Adrien Marie, partit de Benty en remontant la Mellacorée et en se dirigeant vers Timbo et le haut Niger : dès cette date, en effet, l'idée dominante était, non seulement de mettre le Fouta-Diallon en communication avec les rivages de l'Océan, mais encore de relier la côte des Rivières du Sud au bief supérieur du grand fleuve soudanais.

Constitution du Gouvernement de la Guinée française (1893)

Le 17 décembre 1891, un nouveau décret donnait à la colonie son autonomie pleine et entière, en la détachant complètement du Senégal et en lui accordant un gouverneur titulaire, qui conservait les pouvoirs de haute juridiction sur les résidents du Grand-Bassam et de Porto-Novo, et qui fut le docteur Ballay. Le 10 mars 1893, le nom de « Rivières du Sud » , qui n'avait plus sa raison d'êêtre depuis que le territoire auquel on l'appliquait n'était plus une dépendance méridionale du Sénégal, fut remplacé par celui de « Guinée française », en même temps que les établissements de la Côte d'Or et du Golfe de Bénin étaient érigés à leur tour en colonies autonomes, sous les noms de « Côte d'Ivoire » et de « Bénin ».

[…]Vers la même époque, l'explorateur Bailly, accompagné du naturaliste Pauly, tenta de pénétrer par Kissidougou dans les régions, encore inconnues, habitées par les Toma et les Guerzé ; les deux voyageurs furent massacrés le 17 mai 1898 à Zolou, dans l'arrière pays du Libéria. L'année suivante, en 1899, les cercles soudanais de Kouroussa, Siguiri, Kankan, Beyla, Kissidougou furent rattachés à la colonie de la Guinée française, dont les limites se trouvèrent ainsi reportées vers l'Est au delà du Niger. […]

Commentaire de Ollaid: il est ainsi clair pour les ignorants ségrégationnistes du RPG, leurs Alassane Condé et Alifa Condé que les autochtones de Kouroussa, Siguiri, Kankan, Kissidougou, Beyla sont devenus GUINEENS bien après les ressortissants du Fouta Djalon. Donc Alassane Condé devrait retourner au Soudan français d’abord, après les PREMIERS GUINEENS (Soussous et Peuls) vont lui répondre.  Alassane Condé de retour au Mali actuel et Alifa Condé au Burkina Faso, nous pourrons parler avec plus de sens !

Source:http://www.webguinee.net/bibliotheque/histoire/hanotaux_martineau/formation_guinee_francaise.html 

 

Ibrahima Diallo -‘’Ollaid’’

 

Ibrahima Diallo-''Ollaid''

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