Le nouveau président élu Alpha Condé propose un large gouvernement d'union nationale

 

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La journée du mardi 16 novembre a été marquée par des violences à Conakry et en Moyenne-Guinée. Par ailleurs, dans une interview accordée au Figaro, Alpha Condé a réitéré sa volonté de former un gouvernement d'union nationale. « Il faut un large gouvernement d'union nationale pour au moins deux mandatures », a déclaré celui qui est arrivé en tête de l'élection présidentielle.

La victoire modeste, c'est aujourd'hui l'attitude que s'impose le camp d'Alpha Condé. Selon l'un des lieutenants du professeur, la journée du 16 novembre a été en bonne partie consacrée à calmer les esprits. « On tente de ne pas trop manifester notre joie mais surtout on essaye d'éviter à tout prix que nos militants lancent des représailles après les violences en Moyenne-Guinée. », explique cette source.

Dans ce souci d'apaisement, Alpha Condé a renouvelé sa main tendue à ses adversaires en se déclarant favorable à la formation d'un gouvernement d'union nationale. « La tâche est tellement immense que toutes les compétences seront les bienvenues », confirme l'un des directeurs de campagne de l'alliance arc en ciel.

Dans le camp de Cellou Dalein Diallo, tout le monde n'a pas encore accepté la défaite, certains estiment que la Cour suprême renversera la tendance mais dans l'attente du verdict final la priorité est, comme chez Alpha Condé, de faire retomber la pression. « Hier, on a fait passer des messages dans nos fiefs pour que les jeunes arrêtent de s'en prendre aux partisans du camp adverse », jure un proche de Dalein.

Par ailleurs, concernant la volonté d'Alpha Condé de former un gouvernement d'union nationale, tous les membres de l'alliance Cellou Dalein Diallo président ne ferment pas la porte. Deux membres influents de cette coalition concèdent déjà que pour le bien du pays, ils seraient prêts à travailler sous les ordres d'Alpha Condé.

Les Guinéens entre joie et inquiétude.

Commune de Kaloum, la nuit est tombée mais de nombreux badauds continuent à traverser le quartier à pied. Les phares des voitures éclairent les habits de fête des jeunes femmes. Le 16 novembre, Kaloum a fêté la Tabaski mais aussi la victoire d’Alpha Condé.

« Cette Tabaski, ça c’est bien passé, Dieu merci. C’était la fête. Avec l’arrivée du président Alpha Condé cela a été une fierté pour la Guinée » affirme un jeune homme.

A ses côtés, une femme ne cache pas sa satisfaction : « On est en joie. Tout le monde est en joie parce notre leader est passé. Toute la journée je n’ai pas mangé tellement que je suis en joie ».

Dans la commune de Ratoma, fief de Cellou Dalein Diallo, la Tabaski a eu un goût amer en raison de la défaite mais aussi des descentes violentes des hommes en uniforme dans les rues des quartiers comme en témoignent des habitants :

« La Tabaski s’est très mal passée chez nous ici. Depuis hier, le quartier n’est pas calme ». « Bon, les gens n’ont pas été prier car nous avons la peur. Il y a une psychose générale qui règne dans ce quartier. Nous avons une visite permanente des forces de sécurité». « Si tu es Peuhl, on te frappe, on te bastonne ». « Il bastonne les gens avec leur fusil, ce n’est pas ça le démocratie », ajoute un autre habitant.

Sur la route Le prince, on voyait encore dans l’après-midi du 16 novembre les traces des barrages de fortune dressés par les jeunes manifestants. Dans le quartier de Hamdalay on pouvait encore entendre des détonations à l’arme automatique, sans savoir si ces tirs étaient en l’air, destinés à impressionner ou s’ils étaient pointés sur une cible.

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