LES ELECTIONS LEGISLATIVES EN LIGNE DE MIRE

 Les partis politiques dans leur ensemble, observent sans le crier sur les toits, une certaine attitude de satisfaction, face à la situation de chaos que constituent les escarmouches au niveau de l’exécutif, car d’une telle atmosphère de déliquescence des structures de commandement, leur champ d’action devient propice à la proposition d’alternatives de modes de gouvernance dans un avenir proche, favorisant ainsi l’adhésion des populations, à des programmes de sociétés, susceptibles de garantir une relative sécurité sociale et économique, compte tenue de l’urgence des attentes. Le caractère obsolète des mécanismes de gestions économique et financière, magnifié par les dérives courantes, dans la gestion administrative, du fait du non respect des principes de moralité et d’éthique dans l’action publique, nous font admettre qu’au-delà des difficultés inhérentes à la conjoncture économique internationale, le problème de mal-gouvernance dans notre pays, est profondément lié au relâchement des mœurs, qui se traduit par l’inaptitude chronique de nos décideurs politiques, à privilégier les rapports de cordialité, par la coopération et la concertation, dans leurs prises de décisions engageant l’intérêt général du peuple de Guinée dans son intégrité. Face à ce constat, les discours propagandistes, n’ont aucune chance de trouver un écho favorable, car ce peuple, trop longtemps privé de son droit naturel à aspirer au bonheur, par la simple satisfaction de ses besoins primaires, à force d’être manipulé et instrumentalisé, a compris la machination dont il est victime et s’astreint désormais à suivre aveuglément des crieurs publics, qui se déguisent en guides spirituels, pour nos orienter vers des horizons ténébreux, dépourvus de lueurs d’espoir. Dans cette lutte perpétuelle pour la survie quotidienne, l’énième augmentation du prix du carburant et son effet domino sur les prix des denrées de première nécessité, est de nature à augmenter le désarroi des plus démunis d’entre nous. Dans pareilles conditions, le sentiment d’injustice et de haine, se justifie par le contraste existant entre l’utilisation des moyens étatiques et les résultats probants sur le terrain, à cause non pas seulement, de la limitation des ressources, mais bien évidemment, cette situation est une simple résultante de l’aliénation des esprits, qui se manifeste par le comportement mafieux des groupements d’intérêts particuliers, d’hommes et de femmes, à qui on a pourtant, accordé le privilège d’avoir l’honneur, d’incarner les aspirations de la société tout entière. La mission qui leur est dévolue, est de donner un sens positif à notre existence en tant que nation épanouie et œuvrant au rayonnement des idéaux de paix et de prospérité dans le monde. Malheureusement, l’orientation politique dans notre pays, est contraire aux aspirations de la population, qui continue de végéter dans la pauvreté et la misère en se demande chaque jour que Dieu fait, à quand la fin de nos malheurs ? Dans ce cas, point de réjouissance pour les guinéens que nous sommes, tant qu’on n’aura pas compris qu’il faille que l’on se remette résolument en cause, dans nos comportements individuels, guidés trop souvent, par le seul profit personnel, en ayant malheureusement à l’esprit, ce faux entendement de la fonction politique, comme moyen d’enrichissement illicite. La fonction politique sous tous les cieux, va de paire avec les privilèges, mais dès lors que la priorité est donnée aux droits par rapport aux devoirs, son exercice se trouve dénaturé par l’hypocrisie qui consiste trop souvent, à demander aux autres, ce qu’on ne fait pas soi même. Dans le cadre guinéen, la responsabilité dans la dilapidation des deniers publics, est œuvre commune d’une majorité substantielle de nos décideurs, se situant dans tous les maillons de la chaîne des structures directionnelles, les rapports d’audits des départements ministériels récemment rendus publics, en font largement foi. Mais comment responsabiliser les gens et leur demander des comptes, quant le laisser-aller devient une pratique structurée, à la limite de l’institutionnalisation, tant elle est profondément ancrée dans les mœurs ? L’initiation, la coordination et le suivi de politiques de développement, dans le cadre d’une gestion économique et sociale efficace et efficiente, qui permette une lecture claire dans le processus d’évaluation et d’appréciation des données, demeure le seul gage de réussite de nos différentes entreprises, en prenant en compte la stricte application des textes réglementaires qui régissent le fonctionnement de nos institutions. Encore une fois, on ne peut qu’être sceptique quant à la suite à donner aux recommandations de ces fameux audits à cause de l’impunité ambiante. Ce nouvel acte ne peut malheureusement être vu, que comme une autre parade de façade, destinée à épater et ameuter l’opinion publique, en brandissant la menace d’une grève qui n’emballe pas fort la population, soucieuse de sa survie quotidienne et dorénavant habituée à ce genre de manœuvres, toutes les fois qu’une action de désapprobation est faite de la part du général Conté à l’encontre du P.M. Ce climat d’incompréhension et de frustration, ne peut perdurer, car les inquiétudes à la nomination de M.Lansana Kouyaté à la primature, étaient que le général ne lui laisse les coudées franches dans la réalisation de sa mission. Dés lors que maints exemples prouvent aujourd’hui cet état de faits, au-delà des oppositions de principe à la personne du P.M, l’intérêt du peuple de Guinée, est que s’opère une rupture à l’amiable de ce couple qui ne répond plus aux critères de conduite normale, de la classe dirigeante d’une nation, qui se veut prospère et progressiste. Aujourd’hui, entre autres objectifs à brèves échéances, nous avons la tenue d’élections législatives libres et transparentes, dont l’acquisition du principe d’organisation, ne doit être perçue comme une fin en soi, bien que si elles se déroulent et aboutissent convenablement, elles favoriseront un rééquilibrage des rapports de forces au sein de la future assemblée nationale, avec une tendance favorable à l’opposition, dans la perspective de la constitution d’un groupe parlementaire majoritaire, situation dont on peut attendre des résultats concrets dans les prises de décisions stratégiques. Dans cet ordre d’idées, si la nomination d’un nouveau P.M n’est pas une contrainte constitutionnelle pour le Président de la République, la pression populaire sera de nature à légitimer cette option et vue l’allure où vont les choses, l’on peut se réjouir du fait qu’en plus de l’arme fatale que constitueront les possibilités de motions de censure, à l’encontre de la politique gouvernementale, il y’aura la probabilité de la mise en place prochaine d’une procédure légale de destitution du Président, pour cause d’incapacité physique et moral consécutive à son état de maladie, clouant du coup au pilori les ambitions malsaines d’une poignée d’individus, qui continuent obstinément à graviter autour du président et qui pour assouvir leurs besoins d’influence et de maintien dans les méandres du pouvoir, contre le gré de la population, usent de tous les moyens de pression, y compris occultes, prenant en otage le peuple opprimé et traumatisé, qui ne demande rien de plus que justice lui soit rendue, sans occulter notre passé, aussi lourd qu’il soit, de faits peu reluisants sur le plan humain.

BAYO Abidine

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