Lettre ouverte au Président de la république, M. Alpha Condé et au Chef de file de l’Opposition, M. Cellou Dalein Diallo

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Après la marche du 16 août, voici dans cette « situation concrète », des « propositions concrètes »

« .. L'Humanité ne se pose jamais que des problèmes qu'elle peut résoudre.. » (Alpha Condé, reprenant Karl Marx, in préface de la « Critique de l’économie politique »)

 Pour nous éviter une résistible guerre civile

Je vais faire très court, m’étant largement expliqué dans de précédentes réflexions que chacun pourrait relire.

Je dis d’entrée de jeu qu’Alpha Condé est élu et que lui demander de démissionner ou le chasser ne pourrait que prolonger, avec risque d’une guerre civile, les souffrances actuelles de l’immense majorité des Guinéens. Je propose donc des solutions réalisables, acceptables par tous et propices à nous sortir du labyrinthe où s’est trouvée précipitée la Guinée depuis 1958 ou même avant, en 1956, avec la Loi-cadre ou Loi Gaston Defferre qui donnait de larges pouvoirs administratifs au Parti dominant et à son chef d’alors, le PDG-RDA et Sékou Touré. Il s’agit d’une refondation nationale, avec le démantèlement progressif mais radical, du système (Papa Koly Kourouma) et de l’appareil d’Etat, cimentés par une idéologie qui aura duré environ 60 ans, mais qui a fait long feu depuis l’élection présidentielle de 2O10, un effondrement qui vient d’être illustré par l’historique journée du 16 août.

Lire ce que j’ai appelé L’Ecole guinéenne

I Le président Alpha Condé doit remercier le Premier ministre Youla et son gouvernement.

A la place, il doit appeler autour d’une table, les principaux chefs des 4 grands Partis du pays, à savoir M. Cellou Dalein Diallo, « chef de file de l’Opposition », M. Sidya Touré, M. Faya Milimono du Bloc Libéral, M. Lansana Kouyaté, président du PEDN et M. Amadou Oury Bah. Ensemble, ils doivent trouver de manière consensuelle, le cadre organique d’un nouveau gouvernement, dirigé par une personnalité consensuelle.

Ce gouvernement provisoire aura pour mission :

-   La poursuite des chantiers engagés par le président de la république, au moins réalisés à plus de 50%.

-   L’examen et l’audit des chantiers et projets lancés, qui pourraient être gelés, le cas échéant, pour ne pas dire annulés, en cas de marché de gré-à-gré dépassant un montant à déterminer par avance.

-   La mise en place du comité d’organisation d’une conférence nationale, en collaboration avec des représentants de tous les groupes politiques à l’assemblée nationale, les principales institutions républicaines, des représentants des Guinéens de l’Extérieur choisis par leurs propres bases dans chaque pays de résidence, et désignés par des commissions d’investiture, des représentants des principaux syndicats, des deux présidents de la commission chargée de réfléchir sur la réconciliation nationale, des personnalités  morales ou physiques (re)connues et largement acceptées pour leurs compétences, leur lutte connue pour l’avènement de l’Etat de droit, sinon pour leur patriotisme. Avec l’appui d’un Observatoire international. (A configurer..)

-   Ce gouvernement ne pourrait être limogé ou remanié avant l’organisation de la conférence nationale qu’avec l’accord d’au moins 4 des membres de ce "sixté", avec obligatoirement l’accord du chef de file de l’Opposition et du président de la république.

II L’organisation d’une conférence nationale.

Il ne s’agit pas d’une Commission de réconciliation. Pour faire pièce à cette approche sans doute inspirée de La Commission de la vérité et de la réconciliation en Afrique du sud (CVR, créée par le Promotion of National Unity and Reconciliation Act de 1995), je rappelle que là-bas, les acteurs politiques n’avaient pas mis la charrue devant les bœufs. C’est quand L’ANC et Nelson Mandela, devenu président (1) 1994 à 1999, avaient auparavant pratiquement pris le Pouvoir dans les faubourgs rendus ingouvernés et au bord de la sécession, avec la reconnaissance tacite de la Communauté internationale y compris l’ONU et le Conseil de Sécurité qui avaient lâché les gouvernements de l’apartheid, que le président Mandela et ses compagnons ont demandé aux principales formations sociales, en particulier le « pouvoir blanc » ou les représentants de l’ex apartheid, la communauté « blanche », de se mettre autour d’une table pour ressouder une nation qui menaçait de se liquéfier. Je dois rappeler qu’une conférence nationale est l’équivalent des Etats généraux tels que ceux auxquels a débouché la révolution de 1789 en France, Etats généraux qui se sont autoproclamés Assemblée constituante, destituant ainsi le Roi (Louis XVI). Les premières  six conférences nationales qui se sont tenues en Afrique au seuil des années 90 ont été imposées par une population massivement dressée contre les Pouvoirs en place. Et le paradoxe est que toutes ont été convoquées par décret du chef de l’Exécutif. Comme ce fut le cas en France : « dès Le 8 août 1788, le marasme financier et la dégradation de la situation dans tout le pays amènent Louis XVI à convoquer les états généraux du royaume pour le 5 mai 1789 », et c’est le roi en personne qui prononça le discours d’ouverture des travaux.

Tant que l’Etat, la Nation et le Pouvoir ne sont pas ébranlés jusque dans leur fondement, organiser une commission de réconciliation n’est que s’essouffler à attiser un feu de paille. Ce n’est pas non plus dans le bureau de savants ou dans les cabinets de consultants que des formations sociales décident pour écrire dans une page d’histoire, les règles d’un vouloir-vire ensemble. Le contrat social ne se signe ni dans une mosquée, ni dans une église, ni dans un temple ou dans le Bois Sacré. Il se scelle publiquement, après des confrontations parfois, souvent sanglantes.

Les derniers mouvements de masse, en 1993, juin 2006 et surtout janvier-février 2007 ont largement fait payer aux masses guinéennes, surtout les femmes et la jeunesse, leur tribut, leur part de sang. Le 16 août dernier ne fait que rappeler cette possible dispense de nouveaux affrontements sanglants, où la Boîte de Pandore répand ses horribles figures, parmi lesquelles il faut beaucoup de perspicacité pour y dénicher la pierre précieuse. En effet, l’histoire nous donne rarement des exemples où un potentat a cédé de lui-même le pouvoir qu’il croit être de droit divin, souvent ad vitam aeternam. On a pourtant vu des balais qui nettoient de la terre au ciel, comme une tornade, sans trop d’effusion de sang.

Gageons que nos éminents protagonistes dont on ne peut douter du patriotisme, s’inspireront d’exemples très proches, dans le temps et dans l’espace.

Was-Salam.

El Hajj Saïdou Nour Bokoum

www.nrgui.com

Note : 1) Mandela est devenu président en 1994. Après une transition difficile où de Klerk et lui évitent une guerre civile entre les partisans de l'apartheid, ceux de l'ANC et ceux de l'Inkhata à dominante zoulou, Nelson Mandela devient le premier président noir d'Afrique du Sud en 1994. Il mène une politique de réconciliation nationale entre Noirs et Blancs : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nelson_Mandela

Addenda. Voici des liens sans chronologie que l’on peut lire en vrac :

http://www.nrgui.com/component/content/article/6-le-poing-de-ma-vue/5647-comment-balayer-une-decharge-publique-qui-a-nom-guinee

http://www.nrgui.com/component/content/article/6-le-poing-de-ma-vue/7744-alpha-ne-pourra-que-lacher-du-leste-ou-il-sera-lache-par-l-histoire-saidou-nour-bokoum

http://www.nrgui.com/component/content/article/2-actualites/8170-iloe-alpha-iloe-bolibana-par-saidou-nour-bokoum

http://www.nrgui.com/component/content/article/2-actualites/8071-critique-de-la-raison-amnesique-par-saidou-nour-bokoum

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