M.Alpha Condé doit regrimper le mur de l'opposition.

On a tout essayé, avait soupiré un jour Ba Mamadou en levant les bras au ciel.

Le Dix Mai 1981, Mitterrand, l’opposant historique, franchit la première marche de l’Elysée pour s’assoir sur le trône pour lequel il s’était battu près d’un quart de siècle. Auparavant, en Janvier de la même année, il avait fait installer Jospin dans celui qu’il occupait rue Solferino.

- Pourquoi Jospin, lui demanda un journaliste,

 

"C’est le seul qui ne rentrera pas sous la table quand la droite tapera du poing".

 

Ainsi expliquait-il le choix de Lionel Jospin malgré son look « afro », comme Premier secrétaire du nouveau Parti gouvernemental.

 

Anecdote qui vaut un cours de Machiavel.

 

C’est pour cela que l’opposition guinéenne a besoin non pas d’un pasteur de la bonne parole, d'un Martin Luther King, mais d’un Lutteur de classe (Abdel Kébir Khatibi). Aussi, il est temps pour celui qui est à la tête du premier parti de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, il est urgentissime qu’il tape sur la table et amène Alpha Condé à mettre balle à terre. Il ne faut absolument plus parler de dialogue, même dans le cadre d’un CNT qu’il faut respecter par ailleurs. C’est pour cela que la démarche récente auprès de sa présidente était la bienvenue. Mais le temps des démarches est clos. Celui des marches est ouvert. Ce sera un des premiers pas pour arrêter et donc faire reculer celui qui court, en entrainant le pays dans l’abime. Nous ne sommes plus dans les subtilités de la séparation des pouvoirs. Alpha Condé, après avoir piétiné la Constitution à moult reprisses, en défiant donc l’organe qui l’incarne, sait lui faire des câlins quand il en a besoin.

 

Alpha Condé est entré en guerre, pour l’en sortir, il ne faut pas lui laisser le choix des armes.

 

Il faut stopper net ce jeu de séduction entrelardé de bluffs menaçants. En effet, toutes les actions, toutes les sorties médiatiques et violentes d’Alpha Condé sont dans la continuité inexorable d’une marche forcée vers son objectif, gagner une majorité qualifiée. Cependant qu’il foule au pied les textes et ferme la porte au pluralisme de l’expression politique, en verrouillant les médias publics aux représentants ou même à quiconque est soupçonné d’avoir des pensées qui ne renvoient pas les couleurs de l’ex arc-en-ciel. Même les médias privés sont menacés. Les partis sont interdits de marche, de cortège, de manifestation, les journalistes brutalisés, des manifestants tués ou blessés impunément par les forces du désordre..

 

Il faut dire et faire comprendre par la volonté populaire que le Roi est nu depuis un certain 14 Juillet 1789. Il faut amener ce président civil, ex opposant dit historique, « démocratiquement élu », il faut le mettre au pied du mur. Ou bien il met balle à terre, en retirant tous ses projets qui ont reçu un commencement de réalisation, qu’il rétablisse tous les élus ou qui y faisaient office dans nos entités décentralisées, etc. ou bien il se décide à faire descendre l’Etat pour massacrer la prévisible déferlante populaire, cet Etat que son ministre Alassane Condé vient de privatiser et de mettre sous la botte du RPG, des godillots des « maires » tombés lors d’une pluie de décrets, des préfets nés de mon instinct grégaire et clanique, "De vieux Nègres et la médaille" dressés à crier "Ya mon Commandant !".. Supplétifs savamment infiltrés d’experts en PV volés, volatilisés et vendus à plus offrant.

 

La haute administration truffée de prédateurs dont l’expertise en tripatouillage de tous genres pour faire voter des mourants est verrouillée, tout en la laissant ouverte aux girouettes et autres toupies politiques aux doigts de fée. Experts en ouverture, fermeture et tours de passe-passe avec des clés dont la fonctionnalité rime avec leur formule sacramentelle de grigriman : "sésame ouvre-toi !."

 

Vous avez dit SAGEM ?

 

L’administration décentralisée, les collectivités locales sont délocalisées dans la parole unique, enrobée dans le miel en vue d'étancher la soif de pouvoir de celui qui prétend rassembler la nation, qu’il ne cesse par ailleurs de disperser puisqu’il n’a que fiel à déverser sur des pans entiers de ses composantes socio-ethniques.

 

Bref, il faut en découdre et montrer à Alpha Condé que les chars de Kadhafi, de Ben Ali, les balles réelles de Bechar El Assad et Laurent Gbagbo ne pourront rien contre le peuple de Janvier et Février 2007.

 

Ou l’opposition accepte de rentrer sous le sable en versant la figure de ce peuple, ou bien c’est Alpha Condé qui rentrera sous la table, comme son modèle qu’il nous dévoile en des actes ou paroles éminemment symboliques, tous porteurs de germes mortifères pour l’unité nationale.

 

En effet après reconduction ou en se faisant, le noyau angbansan rempile sous l’appareil d’Etat revu ci-dessus. Femme, fils, neveux fils d’adoption sont au cœur d’un réseau dense en ordre de marche pour l’exploitation de nos richesses enfouies sous le sol, le sous-sol et les ascenseurs du lobbying mondial. (1) Mon fils Mohamed, ma Dame qui fait chambre à part pour ne pas qu’on la reconnaisse lors d’importantes rencontres comme ce symposium sur les conventions minières ! La Justice reconfigurée par mon neveu Christian Sow, pour faire le lit des agapes minières organisées par mon autre neveu Guillaume Curtis, ex secrétaire général du ministère de nos misères enfouies, aidé par Namory Condé, ex de la SAG (Société Ashanti Gold) directeur des RE de BHP, numéro 1 mondial des mines. Sous le regard filial de mon premier, Mohamed Lamine Condé qui ne s’en laissera pas conter dans la langue de Shakespeare. Tous les soirs il me relit "Macbeth" ou "La nuit des rois", en français; cela m'aide à ne pas péter les plombs, et c'est mieux que tous les pétards, même ceux qui sont roulés à partir du chanvre de nos immenses champs qui poussait dans le brouhaha des Dadis shows à propos des narcos ! On ne saurait oublier de chercher où se planque l’autre Mohamed, le fils de mon modèle. Les initiés disent que la voie royale pour avoir « son décret » passe par lui.

 

Condé par-ci, Touré par là, on finit par s’emmêler les patronymes.

 

Angbansan est redevenu un réseau opaque pour nous ramener à l’an pire de Soumangourou auquel a mis fin celui de Soundjata, après le court règne du coudaï-dadisme.

 

Pas de panique, l’histoire ne se répète jamais.

 

Il y a moyen de chasser les satrapes, les spectres et les revenants. Le plus radical est de les attraper, et les reconduire aux cimetières dont leurs inspirateurs d’outre-tombe avaient gratifié tout lieu-dit de Guinée. Pour cela, il faut commencer par réinvestir le champ déserté des consciences mithridatisées encore depuis la trituration des accords tripartites où s’est fourvoyée la révolution de Janvier et Février et rappeler par tous moyens que :

 

Il n’y a pas d’Etat sans conscience d’Etat. Tous les décrets et contre-décrets n’y suffiraient pas. Ceux qui règnent autour du Roi nu et qui étaient passés docteurs anesthésistes pour faire signer un grabataire des décrets félons, ne savent pas que leurs nouvelles niches dorées ne sont que des nids de poules de sentiers peu glorieux qui les mèneront aux décharges putrescentes de l’Histoire de ce pays meurtri.

 

Ils apprendront trop tard qu"’il n’y a pas de conscience sans conscience de quelque chose"(Jean-Paul sartre).

 

Que le peuple de Guinée a pris conscience de soi en 2007. Il lui aura suffi d’avoir vaincu ses démons et ses propres fantômes. Il saura comment chasser définitivement les marionnettes qui s’agitent, actionnées par moins de cent quidams poltrons, planqués derrière le rideau de la griotologie publique.

 

Je ne suis pas pyromane, ni naïf. Il y a des assassins, à la gâchette facile qui tuent « au nom du peuple » et qui sont payés pour leurs crimes, avec l’argent public.

 

Il faudra alors que M. Alpha Condé and Co tuent non plus une partie du peuple, mais qu’il en finisse avec tout le peuple. Et qu’enfin le concept angbansan prenne tout son sens :

 

Entre nous seulement

 

Je parie qu’il devra grimper encore le mur de l’impasse guinéenne pour retourner dans son opposition historique.

 

J’ai dit. Que cela soit écrit.

 

Depuis ma petite Kaaba imaginaire,

 

Wa Salam,

 

Saïdou Nour Bokoum

 

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