Notre PM, Jean-Marie "Kouyaté"

D’emblée, nous pouvons avancer que certains indices nous amènent à prédire que les élections présidentielles, en tout cas, n’auront pas lieu cette année 2010 sauf si le peuple descend dans la rue pour les exiger ; c’est la seule condition qui pourrait me contredire.

Cela dit, une variante de l’arnaque politique de 2007 est entrain d’être reproduite sous nos yeux sans que nous nous en rendions compte a fortiori réagir.  En effet, nous assistons aujourd’hui  à un remake de la saga Kouyaté comme un cauchemar qui vient nous hanter encore une fois. 

Pour un gouvernement sensé ne pas excéder, en théorie, 6 mois, il y a tant de retard et de tractations que seuls les nigauds peuvent désormais croire en la sincérité de ces accords et du PM.  Il s’est créé volontairement une nébuleuse pour mieux tromper le peuple.   Encore une fois de plus, des politiciens guinéens qui pensent être plus bénis que leurs compatriotes veulent les tourner en bourrique en leur faisant miroiter une chose alors qu’ils  sont prêts à confisquer subtilement ou de force le pouvoir.  Sans langue de bois, c’est apparemment ce que Mr J.M.Doré aurait en tête en tergiversant ainsi –encore subtilement épaulé par les mêmes acteurs politiques spécialistes en lèche-bottes- en voulant violer des accords mal ficelés qui lui interdisent d’être candidat aux prochaines élections.  Et pourtant, il est suffisamment instruit pour avoir lu et compris les termes des propositions de Ouaga avant de s’être excité pour le poste de PM.  C’est vrai que pour nous Guinéens, être ‘’ministre’’ est le plus grand honneur que l’on peut nous faire ici-bas avant tout, plus   qu’aller même à la Mecque ou au paradis après la mort : être ministre, c’est avoir tout eu sur Terre en Guinée.  C’est aussi une attitude et mentalité qui posent problème aux partis politiques qui peuvent voir leurs cadres les déserter ou débauchés  pour un simple poste au gouvernement.  

Peut-on imposer le bonheur à un peuple malgré lui ?  Cette question mérite aussi d’être posée maintenant  vu l’attitude réfractaire des Guinéens depuis 2007 à progresser vers l’émancipation politique en choisissant librement leurs dirigeants : nous remettons notre sort entre les mains de leaders autoproclamés par leur argent et observons passivement leurs inepties.  En effet, depuis Kouyaté en 2007 et Souaré par la suite, nous n’avons cessé d’accepter –souvent sans réagir- que l’on nous fasse prendre des vessies pour des lanternes !  Depuis les révoltes de la rue il y a trois ans, aucun gouvernement désigné n’a montré le moindre égard et respect pour ceux qui ont sacrifié leur vie pour que nous puissions améliorer la nôtre.  Au contraire, la majorité des dirigeants ont pactisé avec certains leaders de l’opposition pour abuser de la bonne disposition du peuple à l’apaisement social à travers des opérations démagogiques pour confisquer le pouvoir à leur profit.  Comment comprendre que Kouyaté et Souaré aient passé tout leur temps et dépensé des fortunes pour des projets qui n’ont rien à avoir avec la raison de leur nomination : organiser les élections ?   Ils ont poussé l’insulte jusqu’à dire qu’il ne leur était  pas question de démissionner malgré leur échec : Dadis aurait dit qu’ils sont « culottés » ceux là!  Ils ont ainsi donné un bon prétexte au CNDD pour perpétrer leur prise d’otage de la Guinée.  Pour cette raison, il faudra que le futur parlement guinéen mette en place une commission parlementaire pour faire la lumière sur les rôles de Kouyaté, Souaré et Somparé ; ce qui a conduit à l’avènement du CNDD : il faut que la nation en tire les leçons pour l’avenir et l’Histoire.   Mais cela ne disculpe pas non plus les leaders syndicaux, principaux acteurs et partie prenante du conflit pré-CNDD, qui ont manifestement choisi la compromission au lieu de rester du côté du peuple surtout qu’ils avaient physiquement souffert aussi au début de leur vaillant combat. 

Cela dit, le plan de J.M.Doré est trop flagrant pour que nous fassions les nigauds qui ne comprennent rien.  Les Forces Vives et le PM ont aujourd’hui la latitude d’imposer leur propre structure de gouvernement, s’ils  désirent travailler sérieusement pour l’intérêt du peuple et organiser dans un délai raisonnable des élections ‘’propres’’.  L’équipe gouvernementale telle que proposée -avec le Shadow* gouvernement de Konaté- n’a pas été fait par hasard ou par soucis de satisfaire l’équilibre de la centaine des partis politiques comme le prétend J.M.Doré : ils ne se sont pas souciés de ces  susceptibilités lorsqu’ils concoctaient leur short-list pour aller à Ouaga ; pourquoi maintenant alors ?  La réponse est simplement de rendre la transition plus compliquée au point qu’elle dure le plus longtemps possible.  Réfléchissons !  Combien d’acteurs politiques actuels vont retourner dans l’anonymat sans ‘’fond de commerce’’ une fois cette chienlit surmontée et un gouvernement légalement élu et qui fonctionne  en place?  Et bien, la majorité de nos vedettes politiques actuelles !

Je vais encore barber certains en réitérant ma théorie-bientôt un axiome- selon laquelle le problème en Guinée n’est pas seulement l’Exécutif mais surtout et aussi nous, la Société civile prête à renoncer à toute morale, intégrité et opiniâtreté pour un strapontin politique qui nous donne l’illusion d’être devenu quelqu’un : combien ont eu la dignité de démissionner du gouvernement après les 22 janvier 2007 ou  28 septembre 2009 ?  Et à ce niveau, nous sommes tous coupables de complicité passive et hypocrite car ces ‘’collabos’’ une fois renvoyés nous les acceptons à bras ouvert dans la communauté comme s’ils étaient des victimes et innocents : nous agissons ainsi sous prétexte de mansuétude car au fond nous sommes tous pareils et ferions pour la plupart la même chose si l’opportunité se présentait.  Après 51 ans de répétition des mêmes causes reproduisant les mêmes  effets, nous ne pouvons perpétuellement accuser exclusivement les chefs d’Etat sans nous remettre en cause !  L’impunité est reine en Guinée parce que la majorité manque de vertus –ou les ont perdues.  Pour preuve, des faits anodins mais qui en disent long : malgré les Dadis shows et auparavant les quelques audits faits, certains cadres continueraient aujourd’hui encore à reimmatriculés des véhicules de l’Etat, ‘’VA’’ en ‘’RC’’ pour se les approprier ; des personnes nommées en catimini avant les passations de services, etc.  Toutes ces malversations parce qu’aucune punition n’a jamais été appliquée et maintenue selon la rigueur et la fermeté du droit.  La faute n’est pas exclusivement à l’Exécutif qui est après tout issu de nos rangs, ce n’est pas une génération spontanée ; les militaires compris !  La société guinéenne-intra et extra muros- est malade !

Pour finir, nous demandons à toutes les sections des Forces vives en dehors de Conakry de se consulter et se mobiliser en appelant le peuple à la vigilance et pour mettre la pression sous toutes les formes possibles sur les acteurs politiques pour que le gouvernement soit réduit au strict nombre de ministres nécessaire pour organiser les élections, que la force de protection soit déployée et que le chronogramme soit respecté sans subterfuges politiques dilatoires.   Autrement, non seulement il n’y aura pas d’élections et si la santé du Général Konaté arrivait à se détériorer, tout et le pire est à redouter.  Et personne ne dira que c’est un scenario catastrophe surprenant et imprévu !  Le cas de Haïti -encore frais dans nos mémoires- devrait nous faire réfléchir et méditer ; pas pour le  malheureux tremblement de terre mais à cause de son histoire politique de deux siècles d’indépendance gâchée par la médiocrité de ses leaders a fortiori  à contourner les pièges des ‘’impérialistes’’.  Et les mots de la fin : comment expliquer que des cadres sensés et expérimentés aient pu faire en l’espace de quelques mois deux mauvais choix de suite pourtant évidents : Blaise Campaoré et  J.M.Doré ?  C’est vrai que ce sont des professionnels convertis à la politique.  Or on naît politique, par contre tout le monde peut être politicien..  Vivement du sang neuf !   

Jean-Marie ‘’Kouyaté’’ veut nous rouler dans la farine comme en 2007 si nous ne réagissons pas.

* : dans le système britannique-UK, le principal parti de l’opposition(le 2nd en majorité) forme un gouvernement à l’équivalent de celui qui gouverne effectivement et ses ministres sont appelés Shadow minister  Autrement, shadow en anglais signifie ‘’ombre’’.

 

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