Présidentielle sous tension en Guinée

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Quelque six millions de Guinéens sont appelés aux urnes dimanche pour désigner leur président, un scrutin sous tension, dont l'opposition menace déjà de contester les résultats, alors que le camp du sortant Alpha Condé affiche son ambition d'une réélection au premier tour.

Après une campagne relativement apaisée, le ton est monté ces derniers jours autour du report du scrutin exigé par l'opposition et rejeté par le président, avec les ultimes meetings des principaux candidats, de retour dans la capitale, Conakry, après avoir bouclé leur tournée dans l'intérieur du pays.

Les violences jeudi entre partisans du chef de file de l'opposition, Cellou Dalein Diallo, et d'Alpha Condé, ont fait au moins deux morts et de nombreux dégâts à Conakry, a appris vendredi l'AFP de sources de sécurité.

De retour à Conakry après pratiquement trois semaines de campagne, M. Diallo a de nouveau exigé jeudi soir un report, pour permettre à des experts électoraux désignés par la communauté internationale de rectifier les listes électorales qu'il estime truquées en faveur du pouvoir, notamment par l'inscription de mineurs.

Le chef de l'Etat, dont le slogan de campagne est "un coup KO", s'est fixé l'objectif ambitieux de se faire réélire dès le premier tour.

Ses adversaires l'accusent de vouloir y parvenir grâce à des fraudes à grande échelle, ce que le camp présidentiel dément, arguant de commentaires positifs de la communauté internationale sur le processus électoral en Guinée.

"On ne participera pas à une mascarade électorale. Sinon, on n'acceptera pas les résultats et je mobiliserai avec tous les autres candidats la population pour refuser", a déclaré M. Diallo, candidat malheureux au second tour face à Alpha Condé en 2010, qu'il avait pourtant largement devancé au premier tour.

Au même moment, le président Condé a paru fermer définitivement la porte à un report, jugeant dans une interview à plusieurs journalistes, dont un de l'AFP, que "la Céni (Commission électorale nationale indépendante) est parfaitement dans son droit d'organiser les élections le 11" octobre.

- Observateurs européens et africains -

M. Condé fait campagne sur son bilan - amoindri, selon lui, par l'épidémie d'Ebola qui s'est déclarée dans le pays en décembre 2013 - : réforme de l'armée et de la justice, achèvement du barrage hydro-électrique de Kaléta, pour régler enfin le problème criant de la pénurie d'électricité, transparence sur les contrats miniers ...

"Malgré Ebola, il n'y a qu'à voir ce que nous avons fait en cinq ans. Demandez au peuple de Guinée, ce que nous avons fait en cinq ans, si les autres l'ont fait en cinquante ans. Posez la question dans la rue", a-t-il déclaré dans cette interview.

Face à lui, sept candidats, dont les anciens Premiers ministres Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré et Lansana Kouyaté, déjà présents en 2010, mais aussi une femme, Marie Madeleine Dioubaté du Parti des Ecologistes de Guinée (PEG).

Ses adversaires l'accusent de mauvaise gestion, y compris de la crise Ebola, d'exercice solitaire du pouvoir et d'attiser les tensions ethniques, notamment envers les Peuls, largement favorables à M. Diallo.

Alpha Condé leur renvoie ces reproches et met en cause le bilan de ses rivaux anciens Premiers ministres.

Plusieurs missions - de l'Union européenne (UE), qui compte 72 observateurs sur tout le pays, de l'Union africaine (UA), de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) - se sont déployées pour observer le scrutin.

Au total, 14.482 bureaux de vote sont prévus dans tout le pays par la Céni, sensiblement plus que les 12.000 des législatives de 2013, avec plus de 72.000 agents de bureau de vote.

Près de 19.000 policiers, gendarmes et agents de la protection civile sont déployés pour veiller à la sécurisation du scrutin, avant pendant et après le vote.

La Céni s'est dite prête pour le scrutin de dimanche, tout en reconnaissant d'importantes disparités entre régions quant à l'avancement de la distribution des cartes d'électeur, de 45 à 90 % à quelques jours du vote.

Les sept candidats en lice face à M. Condé ont réclamé un report d'au moins une semaine, notamment en raison de doutes sur la fiabilité des listes électorales et de problèmes de distribution des cartes d'électeur.

Les deux précédents scrutins en Guinée, la présidentielle de 2010 et les législatives de 2013, ont été émaillés de violences et d'accusations de fraude.

Alpha Condé, ancien opposant qui a connu la prison, est le premier président démocratiquement élu de cette ex-colonie française, dirigée jusqu'alors par des pouvoirs autoritaires ou dictatoriaux.

Par Selim SAHEB ETTABA et Mouctar BAH

Source: AFP

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