Prosternation devant AC : « Alphaou Akbar » ? Jamais !

Depuis qu’«El âge» Condé de Pinè s’est emparé frauduleusement du pouvoir au détriment d’El hadj Diallo de Dalein, la Guinée ne cesse de s’enfoncer : curieux changement en profondeur !

Normalement quand on atteint le fond, l’espoir renaît car on ne peut que remonter. Dans notre pays où tout heurte le bon sens, c’est le «grimpeur», faisant office de Président Dictateur Général, qui continue à creuser. Aurait-il l’idée d’extraire du pétrole ?

Je ne le crois pas. Pour le moment, la Guinée n’a pas de pétrole; pas de dirigeants géniaux, non plus !

 

Je rappelle encore (habitude salutaire car certains ont la mémoire courte) les 6 axes prioritaires du candidat Alpha Condé, tirés de la bible de son «Alliance arc-en-ciel»:

- unité nationale dans le respect de la démocratie et des libertés fondamentales

- autosuffisance alimentaire

- école et santé pour tous, avec prise en charge des enfants et des femmes enceintes

- développement basé sur l’agriculture et la transformation du secteur informel productif

- programme de réformes structurelles en partenariat avec tous les secteurs d’activité

- encourager l’investissement étranger.

Bien entendu, je laisse à chacun le soin de faire son commentaire sur le bilan des 8 derniers mois. Pour ma part, j’estime que ce dernier n’est pas globalement positif ; il est entièrement négatif. Qui pourrait relever le défi de me prouver le contraire ? Pourtant, on le laisse bien travailler !

Ne perdons pas de temps sur ce qui est l’évidence même: celui à qui a été collé le titre de numéro 1 guinéen est, en réalité, un numéro nul ! Son remplacement serait d’ailleurs à l’ordre du jour dans les discussions de ceux qui l’avaient coopté. Chacun a vu qu’il ne fait pas l’affaire, sa seule expérience étant de se faire passer pour un opposant historique.

Allons donc à l’essentiel. Condé, contrairement à sa promesse, n’a pas pris exactement la Guinée là où Touré l’a laissée. Je m’explique.

Le tyran Touré est mort fin mars 1984 et à la fin de son règne, son ardeur s’était déjà émoussée ; il ne sermonnait plus les masses et ne tuait plus en masse (les derniers fusillés de Mamou n’étant qu’un amuse-gueule pour sanguinaire affamé). Il savait que tout le monde savait qu’il avait échoué politiquement, économiquement, culturellement et socialement. Il avait, d’ailleurs, trouvé asile hypocritement dans la religion en commentant des hadiths pour s’attirer les faveurs de certaines monarchies pétrolières. On était donc relativement loin de ses discours haineux de 1976 au moment de sa déclaration de guerre à une certaine communauté (que je ne nommerais pas de peur de tomber dans ce que des négationnistes qualifieraient de victimisation outrancière).

Dès lors, quand on voit la virulence des propos ethnocentristes d’AC lors de la campagne présidentielle et la fébrilité postélectorale avec laquelle ce führer stigmatise et brutalise une certaine communauté, on constate qu’il a grignoté le temps pour prendre la Guinée de 1976 et non celle de 1984 !

Héritier «dynastique» de la Guinée de 1976, AC en a récupéré les méthodes : violence, culte de la personnalité et ethnocentrisme. D’anciens flics de Sékou Touré, formés dans l’ex Tchécoslovaquie, ont repris du service sous « Alifa Condè ». Leurs méthodes sont variées mais le résultat est unique : avouer sous la torture ce qu’on a pas fait, en dénonçant au passage celui qu’on n’a jamais connu !

Le monde entier sait maintenant, grâce au web, ce qui se passe partout sur la planète. AC, qu’il le veuille ou non, est surveillé. Le web, qui n’est pas un gilet pare-balles, ne l’empêchera pas de tuer mais chacun de ses crimes sera instantanément connu du public. Ainsi, début avril 2011, lors d’un retour triomphal de M. Cellou Dalein dans son propre pays, la soldatesque d’AC a accueilli ses militants et sympathisants par des tirs.

Bilan : 1 mort, 8 blessés par balles, 71 arrestations dont 10 mineurs et 37 condamnations dont 10 à des peines de prison ferme. Le 15 août 2011, ils ont bénéficié d’une grâce d’AC ! Qu’est-ce qu’il est bon, cet AC qui accorde son pardon à des innocents ! Ce geste ne répare aucune injustice ; il met simplement fin à un calvaire dû aux injustices quotidiennes. Dans un Etat de droit, les libérés auraient porté plainte contre l’auteur de leur détention arbitraire. Que compte faire le « premier magistrat » du pays pour la mort de l’innocent Zakariaou Diallo et les blessures des militants?

La justice est vraiment injuste en Guinée : la victime doit bénir le criminel ! Sortons de la situation où on est obligé de saluer la magnanimité de celui qui nous oppresse. Je souhaite ardemment qu’on remercie AC mais pas au sens propre de lui témoigner de la reconnaissance mais au sens figuré de le congédier, de le licencier, de le foutre à la porte, etc. Je ne saluerai jamais celui qui me salit. Arrêtons les « oui, chef et merci, chef ! »

Incapable de répondre aux besoins pressants de nos populations (je préfère nettement ce terme à celui de peuple), AC est en quête permanente de boucs émissaires. Il cherche à attribuer à l’«Alliance des Bâtisseurs» le brevet de sa nouvelle invention: le coup bidon de Kipé.

 

Aujourd’hui, AC dispose de tous les pouvoirs, donc des forces militaires (bandes armées qui n’ont rien de national) spécialisées dans les tueries de civils et d’une manne financière à vocation corruptrice, atouts indispensables pour fausser les prochaines législatives et créer une assemblée niaise, soumise au chef et criant collectivement « Alphaou Akbar ! ». Gare aux empêcheurs de « tricher en rond » !

Cependant, AC a plusieurs cordes à son arc. En plus du bâton et de la carotte (je dirais du gourdin et de l’igname), notre « président démocratiquement élu » sème la confusion en lançant sa taupe du moment : L. Kouyaté, ex « premier sinistre » de Guinée.

Aurions-nous déjà oublié qui est ce L. Kouyaté ? Celui qui avait enjambé, sous la protection d’un certain Général Arafan, une mare de sang avant d’acheter en 2007 la primature sous le règne d’un Conté malade et vieillissant ? L’homme aux nominations scandaleusement ethnocentristes et des marchés de gré à gré pour, disait-il, favoriser Kouroussa qui manquerait de milliardaires ? Le seul mendiant qui tendait la main à bord d’un jet privé ? L’homme aux projets douteux mais aux financements pharaoniques ?

Je ne crois pas à une brouille entre AC et Kouyaté. Je pense que ce dernier est en mission commandée pour le compte de celui qui ne peut l’ignorer ! Maître et griot sont dialectiquement liés ! Comme un vaisseau spatial, le parti de L. Kouyaté est toujours en orbite géostationnaire autour de l’alliance « arc-en-ciel ». Mais en bon « kouyanaute », l’ancien chef de gouvernement vient d’atterrir en douceur dans les bras de Jean-Marie Doré, autre vassal au cas désespérant !

Je rappelle que ces 2 ex (ils n’étaient pas mariés ensemble, que je sache !) ont tous marqué de boue noire et puante leur passage à la primature. J.-M. Doré était une taupe de Sékou Touré, chargée d’infiltrer les intellos de la diaspora guinéenne.

Quand une taupe rencontre une autre taupe, que se disent-elles ? C’est top secret et seul AC pourrait le savoir. On peut changer de position sans être dans l’opposition. Si L. Kouyaté veut être crédible, il doit dénoncer publiquement les dérives dictatoriales d’AC et rejoindre la vraie opposition. Celle-ci doit se montrer vigilante à l’égard des opposants circonstanciels et ne jamais perdre de vue qu’en Guinée, « il n'y a d’AC que lui seul et LK n’est qu’un de ses envoyés ! »

Est-ce une raison de se prosterner devant AC ? Non ! Car notre Pr. n’a appris qu’une seule leçon : la force. Pourquoi ne pas lui parler le langage qu’il comprend le mieux ? En lui résistant, on comprendra vite qu’il n’est pas résistant. C’est un président de karité et dès que ça chauffe, il fond ! AC qui dispose de tous les moyens n’est pas à ménager mais à combattre par tous les moyens.

Si AC conserve le portefeuille de la défense, c’est qu’il a lui-même peur de sa propre armée qui carbure à l’argent facile. Par ses méthodes, le civil AC rappelle le civil Sékou Touré : faire en sorte que les officiers se neutralisent et s’éliminent physiquement, chaque gradé croyant que son supérieur direct est le frein de sa propre promotion. Comment peut-on torturer son frère d’armes ? L’auteur de torture d’aujourd’hui sera peut-être le martyr de demain. Ce dernier n’était-il pas le bourreau d’hier ? A méditer dans les casernes.

Je vous invite à combattre la dictature qui s’enracine en Guinée.

Ibrahima Kylé Diallo

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