Qualité en voie d’apparition : la satisfaction d’être Guinéen !

Ce 27 juin 2010, la Guinée n’a pas fait la guerre mais elle a remporté une bataille: les élections se sont déroulées dans un calme inespéré. Les Guinéens ont voté massivement et librement, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Pas de bousculades, pas d’injures : c’est déjà une victoire.

Je ne sais pas qui va remporter cette élection. Y aura-t-il un second tour ? Pour le moment, on n’en sait rien. C’est d’ailleurs risqué de parler avec certitude entre deux tours. C’est comme se balader entre deux trous béants : en se précipitant on peut tomber dans un précipice.

Aujourd’hui ce n’est pas ma tête qui parle mais mon cœur et je ne veux pas du tout être long. J’ai voté hier à l’ambassade de Guinée à Paris. J’ai souffert de la forte chaleur. Des amis m’ont proposé des facilités pour éviter l’interminable file d’attente. N’ayant que des cheveux blancs, ce qui n’est pas un handicap, n’étant accompagné d’aucun bébé dans une poussette et, surtout, n’étant pas en état de grossesse j’ai refusé poliment ce passe-droit. L’importance de l’événement vaut bien quelques sacrifices physiques.

A Paris j’ai vu des Guinéens de toutes origines ethniques et politiques qui votent et qui fraternisent. C’est l’image qu’on voudrait voir de la Guinée. Des échos sont parvenus du pays profond : il n’y a eu aucune animosité. Je suis fier d’être Guinéen !

La Guinée ne sera jamais en feu mais nous devons tous porter la flamme de l’espoir : l’unité nationale. La présidence de la République n’a qu’un seul fauteuil. La personne qui va bientôt l’occuper devra tendre la main à tous les Guinéens. Notre pays a besoin d’un vainqueur sans air victorieux mais pas de vaincus. Il faut absolument un gouvernement d’union nationale. La Guinée nous appartient à tous.

N’ayons pas la mémoire courte. Si nous nous félicitons de ce qui nous arrive en ce moment, c’est en partie grâce aux actions d’un certain Toumba Diakité et d’un certain Sékouba Konaté. Ils ne sont pas les seuls méritants. Je ne veux pas remuer la balle dans une cicatrice trop visible. Mais on peut affirmer qu’en neutralisant Dadis, Toumba nous a épargnés indirectement une probable guerre civile. Maintenant Dadis est en convalescence prolongée au Burkina Faso où il passe le temps à regarder des dessins animés. Pauvre gosse dont Compaoré ne sait même plus comment se débarrasser !

Quant à Sékouba Konaté, il a rempli sa mission de transition. En bon militaire il a respecté ses engagements. La prochaine administration devra en tenir compte. Sékouba, très influent au sein de l’armée,  peut encore être utile au pays. Qu’il ne commette aucune faute de dernière minute !

Donc il faut réhabiliter Toumba (même s’il faut retirer la « toumbacine » de nos pharmacies locales) et demander à Sékouba de poursuivre le nettoyage de l’armée.

Que chacun médite cette pensée bien de chez nous : «  yé fèle gbe a gue mawa » (ce sont les deux mains qui se lavent ensemble)!

 Je vous salue.

 

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