Quand l’unité ethnique prend le dessus:

L’orage est passé, la tension est toujours palpable mais la sérénité semble être de retour. C’est ce moment propice que je choisis pour faire mon apparition. Trouver une place au milieu des gros calibres de la plume n’étant pas faciles durant la période où le débat fût une passion. Ceci étant, une chaîne ayant la force de son maillon le plus faible, la participation de chacun dans le but de dépassionner le débat, n’est pas inutile et serait même souhaitable. Je vous préviens chers lecteurs, le ton du texte ne sera pas à l’image de cette flegmatique introduction. Le triste constat du scénario des ces deux dernières semaines m’a désespéré. Moi qui me disais, que les choses avaient changé depuis les évènements de janvier et février derniers, je me suis retrouvé face à cette déboussolante réalité. L’attitude que tous doivent adopter, ne devrait-elle pas être semblable à celle de ces personnes, jeunes pour la plupart, qui sont tombées sous les balles des mercenaires et des militaires associés à la cause du général Conté, pour avoir osé se lever comme un seul Homme, comme une seule ethnie, comme un seul parti, pour dire non à la doctrine Conté ? Trois réflexions illustreront mon désarroi : Le quasi otage des problèmes ethniques Les débats ethniques, forts passionnants de ces derniers temps, m’ont effectivement envahi d’inquiétudes ! Tandis que chacun, à quelque exception près, défend son ethnie et essentiellement son ethnie, le pays continue de traîner sa misère à laquelle est pourtant associée toute la peuplade du pays. Je pense que notre combat pour le changement n’aboutira que si, tous sans exception, nous visons la même cible. Il ne doit nullement nous échapper que les populations de la Guinée ont en partage la misère, la pauvreté, l’obscurité, la soif, la faim, la peur, l’insécurité, la maladie etc. Tous ces maux de notre société découlent, d’abord et avant tout, de la mauvaise gouvernance. Les dénonciations faites sur le partage ethnique ne doivent pas être les seuls angles de combat de nos compatriotes, dénonçant avec la plume. Les questions essentielles posées ne doivent pas se limiter à des quotas ethniques. De toute façon, je doute fort qu’on puisse un jour, repartir égalitairement des postes de nos ministres, préfets, gouverneurs… en se basant sur des bases ethniques. Il y’aura toujours des insatisfaits. Par contre, en nous basant sur la compétence et uniquement sur la compétence, on luttera contre cet ethnocentrisme qui nous pourrit tant la vie. Mais, force est de constater que les nominations, effectuées récemment, n’ont pas été faîtes sur cette base. Les personnes fraîchement nommées en tant que gouverneurs et préfets sont elles saines et compétentes ? Je ne peux m’empêcher de penser que ces exigences n’ont pas été remplies. Le Premier ministre n’avait pas tenu compte de ces critères dans ces nominations de ses ministres, et c’est sur cette même lancée qu’il continue sa mission. Dans un pays ou Mamadou Sylla a été nettoyé de toute soupçon ( sans enquête véritable), après la nomination de ce premier ministre, dit de consensus, le ton de la suite de sa mission est clairement donné : s’agripper à son fauteuil de la primature, en faisant plaisir à Conté. En plus d’être dépourvues de probité, ces nominations sont paritairement très insolentes : Trois femmes sur trente trois nominations, soit un peu plus de 9% de représentativité. Sacré Kouyaté !!! Toutes ces incohérences n’ont point été suffisamment soulignées, car apparemment, le quota ethnique demeure et semble le plus important. Une conférence nationale : pour quoi faire ? L’ethnocentrisme découle de cette mauvaise gouvernance. C’est pour cela que parler de conférence nationale, ou mettre en pratique les propositions intéressantes faites par nos compatriotes sous l’ère Conté, n’aura d’autre effet que de conforter et de pérenniser ce pouvoir despotique. En Guinée, il ne suffit pas que les postes ministériels ou les postes de préfet soient équitablement repartis pour que les tracasseries du quotidien disparaissent. Une bonne répartition aurait sans doute calmé l’hémorragie ethnocentrique et crédibiliser Kouyaté. Mais, il ne doit plus nous échapper que ce monsieur est un bon apprenti de la mauvaise gouvernance et en adoptant cette méthode, il perpétue le pouvoir de son maître Conté, rongé par la maladie, et pourra ainsi le remplacer au moment opportun. Monsieur Kouyaté doit comprendre qu’il se trompe. Les recettes du passé ne s’éterniseront plus, car le peuple de Guinée est désormais vacciné et demandera des comptes, dès que les intentions malveillantes du mauvais samaritain seront dévoilées au grand jour. Une vraie réconciliation s’impose, mais elle ne devrait jamais se faire sous cette deuxième République, pilier par excellence de cette exacerbation des passions identitaires. Prendre un médecin pour soigner le mal dont il est lui-même à l’origine, veut dire qu’on lui accorde à nouveau notre confiance. Cette deuxième République ne mérite plus cette confiance. Ceux qui veulent aggraver la division, en faisant circuler des tracts à caractère très raciste, ne rendent service qu’au pouvoir actuel. Pour le respect de toutes nos communautés cohabitant sur le même territoire, toutes les polémiques découlant du contenu des tracts ayant circulé sur le net et la Guinée, doivent immédiatement cesser. Le premier, écrit sans doute par un forcené des temps modernes, a évoqué en moi, après lecture, un sentiment d’indifférence totale. Mais face à l’indignation générale constatée, je suis resté stupéfait car le forcené a gagné son pari. Un tel déchaînement devrait passer totalement inaperçu, car aucune substance logique n’est contenue dans ce tract : le terme qu’il faudrait employer à la place du mot tract serait plutôt acte de démence. Toutes les stigmatisations faîtes à un groupe ethnique, via ce torchon écrit, ne peuvent relever que de la démence. Je n’en dirai pas plus et je condamne dans le même élan le second acte de démence qui a répondu au premier. Inutile de se voiler la face, car le torchon qui a brûlé était certainement imbibé d’essence et qui a pour source cette mauvaise gouvernance que la Guinée connaît et a toujours connu. Il ne doit jamais nous sortir de l’esprit, que c’est seulement en étant unis, que nous pourrons nuire à ce système Conté & Kouyaté, formant désormais une République apparaissant sous sa forme la plus vorace et menant une politique ayant pour objectif la fragmentation du peuple, afin de consolider leur pouvoir. Kouyaté : Après l’espoir, le désenchantement. Pittacos disait : Pour connaître le mortel, donne lui du pouvoir. Kouyaté en est un illustre exemple. Les premières critiques quant à l’incompétence du diplomate Kouyaté, me semblaient précoces et injustifiées. Ces liminaires mesures, qui n’étaient en fait que des chimères, étaient une belle entrée en matière. Qu’il sache qu’une belle entrée en matière ne fait pas forcément un bon bilan. Ma méfiance vis-à-vis de ses méthodes a atteint son apogée lorsque ce dernier, malgré l’état catastrophique de notre économie, a intrépidement décrété un jour férié en Guinée, pour la venue du guide suprême de la Libye. Mais à quelle époque veut-il nous faire vivre, Mr Kouyaté ? Même nos morts de janvier et février n’ont pas eu un hommage digne de leur combat. L’écrivain, Saïdou Nour Bokoum, attirait notre attention assez prématurément après la nomination de Kouyaté : « …Petit monstre arraché à une sanglante césarienne, tous les actes qui en découleront seront marqués du sceau de cet accouchement au coin du feu où trône toujours un « pater familias » qui n’a renoncé à aucune de ses prérogatives…Ne nous attardons pas sur ces tares quand tout est pourri. Comme un arbre rongé dans ses racines par une vermine qui grouille partout dans ses nervures. C’est cet arbre que les récents évènements viennent de secouer, et ont failli abattre. Mais il tient encore. Et il tiendra aussi longtemps que l’eau polluée à laquelle il tire sa sève ne sera pas évacuée dans les caniveaux de l’Histoire. .. » Ô combien j’ai souhaité que ce respectueux homme se trompasse, mais force est de reconnaître qu’il a vu juste. Conté nous a montré dans l’interview télévisée donné à TV5, qu’il restait toujours ce « pater familias ». Désormais, notre mission doit nous conduire dans un élan de solidarité, à combattre cet arbre qui est la source de toutes nos discordes. Les pro-Kouyaté (j’en étais un auparavant) me diront sans doute que cents jours à la primature d’un pays sont insuffisants pour juger d’un bilan et je les rétorquerai que ces cents jours sont assez suffisants pour prédire, si ce bilan sera catastrophique ou pas. Et la folle voiture pilotée par le couple Lansana & Lansana va droit dans le mur. Souhaiter l’échec à Kouyaté serait de l’inconscience, ne pas voir arriver cet échec serait de la cécité. Si seulement notre premier ministre pouvait nous donner tort et soulager le peuple de Guinée en se réorientant vers la bonne direction. Il n’est jamais trop tard, le diplomate a le temps de se ressaisir, mais maintenant qu’il est devenu un politicien, fonctionnant avec des méthodes archaïques, permettez-moi de mettre des réserves sur une métamorphose de sa part, qui irait dans le bons sens. En attendant, je vous en prie, recadrons nos tirs, fédérons nos forces, afin de dénoncer le système dans toute son injustice, dans toute son irresponsabilité, dans toute son incompétence….pour le meilleur et surtout contre le pire. Koumbassa Alassane koumbassa@gmail.com

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