Referendum, candidatures indépendantes: faux débat!

Dans le débat démocratique, tout le monde a droit à son opinion, certes, mais il faut par soucis de cohérence  s’engager dans la rhétorique avec raison et logique dans la chronologique de ses interventions (être bien à propos).  En effet, comment polémiquer sur l’opportunité d’un referendum maintenant que nous sommes  si proche d’un dénouement  alors que le processus a été biaisé et vicié dès le début en mettant la charrue avant les bœufs :

Les législatives en premier auraient levé beaucoup de confusions et éviter le galimatias constitutionnel dans lesquels nous ont plongés Mr Doré et Mme Rabiatou avec la commission ad hoc de Dadis (août 2009).  Donc, ceux qui s’insurgent aujourd’hui auraient dû le faire alors -en 2009- véhément car toute personne politiquement avertie ne pouvait ignorer que les présidentielles en premier auraient conduit à cette impasse et cercle vicieux :  urgence de sortie de la transition avec des scrutins financièrement dépendants  de l’Occident, une constitution à  revoir et adopter en catimini avec des procédures en pis-aller sur un consensus de force pour raison d’instabilités sociale et surtout militaire à très haut risque.  Telle était et est la donne !   L’argument  selon lequel la transition ne finit qu’avec l’élection présidentielle est spécieux car des députés élus par le peuple rendraient de facto le CNDD caduc et il n’aurait alors qu’un rôle de veille et de sécurisation en attendant que les Guinéens désignent librement et dans la sérénité leur président de la République.  Et en plus, cela aurait décanté le paysage partisan dont la pléthore de formations politiques nuit, paradoxalement, à la démocratie par les confusions et divisions qui sont créées dans l’esprit des populations qui découvrent le pluralisme démocratique par excès sans y être préparées.  Comment dans ce fouillis, discerner le bon, du farfelu ou de l’escroc politique ?  Certains candidats vont jusqu’à falsifier leur CV ou embellir exagérément leur carrière ; d’autres n’ont jamais dirigé plus de dix personnes,  jamais eu de responsabilité dans leur vie ou sans niveau académique digne d’un candidat présidentiable en 2010 pour un pays complexe et à défis multidisciplinaires comme notre Guinée en ‘’pièces détachées’’ que nous allons hériter, et prétendent diriger toute une nation (à construire) comme la nôtre !     

Ce sont bel et bien Mr J.M.Doré et Mme Rabiatou suivi des fameux ‘’accords de Ouaga’’ négociés et promulgués unilatéralement par ceux qui avaient la force qui sont les sources de perversion de tout le processus.  Nous avons accepté que la transition se fasse sur la base d’un modus vivendi et non sur des règles claires et de Droit.  Jouer ou prétendre être légaliste aujourd’hui après un coup d’Etat qui est la première des violations du Droit, accepter que des personnes qui n’ont été déléguées par personne hormis un lobby politico-militaire décident du sort du pays en balisant le chemin constitutionnel (présidentielles en premier) pour un potentiel dictateur et en faisant profil bas lors des ‘’accords’’ de Ouaga pour sortir maintenant en critiquant et exiger un referendum n’est qu’une expression de mépris pour le peuple (nous avions besoins de ces réactions en 2009! Où étaient-ils alors?) et une insulte à notre intelligence : Mr J.M.Dore (depuis l’an dernier) et tout le monde savaient qu’un referendum n’était pas envisagé depuis le début.  Pourquoi jouer au médecin après la mort ou chercher midi à quatorze heures?  Tout en respectant leur droit de faire des remarques dans la cadre de la libre expression, de la dialectique politique et de la contradiction, du reste, elles sont anachroniques (elles  étaient opportunes en 2009) et surtout à contre-courant pour le dénouement du processus.   Soyons réalistes et convenons que la transition du CNDD ne s’est pas basée sur le Droit ou le consensus constructif avec des règles précises appliquées et respectées et du bon sens mais plutôt sur  la loi de la force et d’un modus vivendi, CNDD- reste des Guinéens.  Voila tout le problème !  Nous avons accepté ces abus du jeu jusqu’au 28 septembre 2009, puis abdiqué de nouveau par soucis d’apaisement à partir de janvier 2010, nous ne pouvons, presque arrivés à la fin de la partie, demander que les règles soient changées parce que certains ont tout d’un coup des remords de conscience ‘’constitutionnelles’’.  Le vin est tiré, il faut le boire !  La realpolitik commande que le scrutin du 27 juin 2010 soit respecté.

Quant aux candidatures indépendantes, autre faux débat !       

Un candidat dit ‘’indépendant’’ ne l’est que de nom dans la mesure où à part se déclarer indépendant, il mettra en place les mêmes structures et fonctionnera comme un parti à la différence qu’il sera au centre de tout et tout dépendra de lui.  C’est d’une certaine manière l’expression d’un ego très prononcé et d’une très haute estime de soi de penser que tout seul on peut répondre aux aspirations de tout un peuple.  En fait, les candidats dits ‘’indépendants’’ personnalisent leur combat politique  et identifient leur projet de société à leur ambitions personnelles.  Par contre, une formation politique est censée unir des hommes et des femmes sur un même idéal et une même vision.  Le plus valeureux en prend la tête: il y a concurrence et débats internes.

Lorsque le CNT décide que les candidats doivent être présentés par un parti, c’est une option que nous comprenons dans la mesure où nous avons besoin en Guinée-pour le moment- de meneurs d’hommes et femmes capables de faire travailler une équipe structurée claire et connue pour leur élection.  C’est peut-être arbitraire mais utile dans le contexte guinéen.

En conclusion, nous constatons que nos compatriotes sont passés maîtres en rhétoriques et sont des théoriciens hors pair en Afrique.  Nous parlons beaucoup pour nous faire remarquer et par pédantisme  mais accomplissons si peu que point en termes de développement humain.  Tout Guinéen en politique, sans exception, jusqu'à présent se contredit ou se parjure dès qu’il se retrouve du côté du pouvoir ; et il/elle est prêt(e) à toutes les manigances pour y rester le plus longtemps possible.  Et nous constatons aussi qu’un Guinéen qu’il soit de ‘’l’intérieur’’ ou issu de la diaspora, qu’il ait été ‘’aux affaires’’ sous Lansana Conté ou pas, il/elle agit de la même manière une fois au pouvoir.  La polémique sur le referendum et les candidatures indépendantes ne sont que des leurres pour masquer les défaillances de ceux qui ne sont pas encore prêts pour le scrutin du 27 juin 2010.  Seuls les potentiellement faibles électoralement parlant (les elections le confirmeront ou l’infirmeront) cherchent à compliquer encore plus le processus alors qu’ils ont eu plusieurs mois auparavant pour rechigner publiquement. En quelque chose malheur est bon car Dadis nous a permis de découvrir une face cachée de la Guinée à travers le caractère de  nombreux compatriotes, peu reluisant et fourbe.

Que Dieu sauve nos âmes !

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