Présidentielle : Faut-il éliminer Kouyaté, parce que griot ?

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« Je suis fier d’être Kouyaté. (...) Un griot a plusieurs fois assuré l’intérim dans le Manding (...). » Le leader du PEDN, candidat à la présidentielle du 27 juin revendique et défend ses origines avec autant de facilité que d’irrévérence. C’était lors d’un débat à la télévision nationale.

Lansana Kouyaté a eu une occasion unique pour laver l’affront de ses adversaires politiques et de ses nombreux détracteurs aujourd’hui tapis dans l’ombre. Cette maîtrise de ses origines – il est le digne descendant de Balla Fasséké Kouyaté, maître de la parole ayant été envoyé par Soundiata Keita auprès de Soumaoro Kanté pour exiger la capitulation de celui-ci – le conforte-il cependant dans la course à la présidentielle ? Certainement non. Elle a permis néanmoins à nombreux téléspectateurs de se faire une autre idée de l’homme.

Un peu éclairés dorénavant, des concurrents se tournent vers les origines de Lansana Kouyaté, pensant secrètement que c’est un critère d’office éliminatoire de la course à la présidentielle. Au fait, cet article existe-il dans le code électoral, la Constitution en gestation ? On n’en a pas la moindre idée. En attendant, Kouyaté arbore fièrement sa tunique de griot et draine encore aujourd’hui une grande foule notamment de la région de la Haute Guinée, acquise à la cause de son parti, le PEDN. Dans cette foule, on y rencontre assurément, des nobles ou fils de nobles. Bref, toutes sortes de déclinaisons identitaires.  Chacun exprimant ses sentiments et ses rêves à l’égard de l’ancien PM de consensus. Par cet acte, bien que politique, le critère de caste est peu ou pas du tout considéré. C’est le devenir de la Guinée qui compte. Sinon qui pouvait imaginer que le fils d’un homme noir du Kenya pouvait être d’abord élu local au Sénat de l’Illinois en 1996. Puis en novembre 2004, le seul noir à être élu au Sénat des Etats-Unis. Avant de dérouter entre autres l’ancienne first lady, Hillary Clinton véritable machine politique et briguer enfin la magistrature suprême américaine ?

Obama, fils d’une mère blanche du Kansas, lorsqu’il avait essuyé la toute première fois une défaite cinglante (candidat comme Député fédéral en 2000, à Washington), il a revu autrement ses ambitions sans jamais relâcher. Et tout le monde a vu comment il a mené sa campagne et barrer la route à de redoutables adversaires américains de souche, pas d’enfants d’esclaves.  En ce XXIè siècle, les expériences pratiques des hommes politiques, leur ton oral, la maîtrise des grands dossiers et le bagage intellectuel de ceux-ci, ne sauraient tromper, confirmant de fait qu’on ne vient jamais en politique au hasard.

Partant, à chacun de juger le leader du PEDN mais, il ne faut pas ‘’l’éliminer’’ de la course à la présidentielle. Certainement, d’autres leaders pourraient se retrouver dans le même embarras sociologique. Mais à des degrés plus ou moins différents. On a compris que l’homme lui, ne se gène point de sont identité : il est griot et il le proclame. Et les autres Samba Tala, Koumba Alarba, Manga Famoudou, des déclinaisons identitaires et d’autres qui, dans certaines familles, ne sauraient trouver une épouse, encore moins, penser à briguer une magistrature suprême. Qui sait s’il n’ y a pas au sein des candidats à la présidentielle de Burkinabés, Maliens, Bissao-guinéens, etc. ou d’autres captifs contemporains ? On ne doit pas perdre de vue que dans certains villages, avec l’évolution de la société, des familles finissent fréquemment par se rebaptiser (Comme ces nombreux yettè Barry, Keita, Soumah, ...) pour faire disparaître complètement la ‘’tâche noire’’. Conséquence, des personnes qui portaient des noms excentriques pourraient porter par exemple le nom du Prophète (PSL). Les sociologues ne vont certainement pas le démentir. Où est donc le problème si ce n’est un faux débat que celui d’être noir, un griot ou tout simplement un homme de caste. 

Il est plus intéressant de s’occuper, d’examiner une idée, une politique, une feuille de route des politiciens que de passer son temps sur le détail qui met souvent en veilleuse leurs vrais aptitudes à gouverner. Si Kouyaté est donc apte, il passera absolument au lendemain du 27 juin prochain (Il est loin d’être notre candidat. On l’a vu à l’œuvre. Mais nous n’avons rien contre lui. Ce qui nous a intéressés, c’est le caractère inédit : un griot qui n’a pas le ‘’droit’’ d’être Président de la République chez lui).  Locataire de Sékhoutourya ? On en n’est pas là encore. On attend la rude bataille. Pas celle de 1235 à Kirina, mais celle des urnes en 2010, en Guinée Conakry. Ça promet et des déceptions insoutenables ne sont pas à écarter à l’issue des urnes. Qu’on soit homme de caste ou noble. Du Clergé ou du Tiers Etat !

 

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Commentaires (1)

1. fadiga à paris 10/05/2010

vous etes entrain de vous tromper de jugement.le cas kouyaté n'a rien à avoir avec obama.se sont deux réalités distinctes et deux peuples differents.le problème des castes est une règles non écrite qui s'applique désolement dans nos sociétés.ceci est une réalité en afrique pour l'instant.un autre aurait connu le meme sort.c'est dommage.

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