Réponses aux réactions au texte <<guinee,1958-2008: l'imposture au pouvoir>>

Ayant reçu sur sites et par courriel des réactions, je dois réitérer ce que j'avais déjà écrit en pareille circonstance. En effet j'estimeque si le temps le lui permet, un auteur doit prolonger les échanges avec ses lecteurs et, au besoin, apporter des compléments à son article. C'est ce que je vais faire en évitant d'être long. Je remercie donc les frères ci-dessous cités et ceux non cités nommément leurs réactions m'étant parvenues par e. mail donc à titre privé. Toutes et tous me donnent l'occasion de répondre et qu'on n'y voit pas des retours de compliments;

Makanéra Ibrahima Sory, si engagé pour la cause guinéenne est entendu pour son encouragement à poursuivre;

Amyson a raison de noter qu'un texte jugé long peut décourager des lecteurs. C'est vrai, je tiendrai compte du conseil pour la prochaine fois. Quand on est lancé dans la frappe directe de son texte, on ne réalise pas toujours la longueur de ce qu'on écrit. C'est pourquoi la méthode qui consiste à d'abord écrire son texte sur papier permet d'éviter des longueurs et des répétitions inutiles. J'ai en plus le défaut de ne pas toujours me relire. D'où parfois des coquilles et des imperfections qu'on laisse passer et que le webmaster redresse à l'occasion.

Ismaël Bah, actif Président de la FAGAF: je suis tout à fait d'accord sur les maux qu'il évoque et qui continuent d'engluer la Guinée; c’est-à-dire la bureaucratie, le parasitisme et le clientélisme. Ce sont là des habitudes qui forment la glu empêchant notre pays de prendre son envol pour un développement durable.

Condé et Moustapha Diallo attirent l'attention sur les comparaisons de situations moyennes. C'est vrai que ces comparaisons ne donnent pas toujours satisfaction. Je concède à Diallo que les individus butés même plus intelligents que d'autres sont en général dangereux. C'est vrai alors qu'il ne faut pas à tout prix se focaliser sur le seul aspect intellectuel. On a connu des Docteurs Mabuse. Un type ordinaire qui a conscience de ses vraies capacités et qui prend conseil est éminemment supérieur à des marchands d'illusions. Si l'on fait référence au niveau culturel de dirigeants politiques, c'est que ce niveau peut permettre une capacité d'analyse de situations à celui qui en a, comparé à celui qui n'en a pas.

Souleymane Diallo: je n'arrive pas également à comprendre les vraies motivations des Guinéens qui se déclarent patriotes mais se font les défenseurs de dictateurs qui ont conduit à faire de la Guinée un lieu de misères et de tourments humains en Afrique. Quand on voit encore en 2009, qu'en Europe, on poursuit des compagnons de dictateurs des années 1930-1940 pour les punir des forfaits commis par eux en ces temps là, on comprend que les européens soient capables d'avancer sur le chemin des progrès de l'Humanité. C'est ce progrès qui attire en Europe, la jeunesse africaine et guinéenne. C'est ce progrès qui pousse nos dirigeants à constamment tendre la main à l'Europe et au reste du monde qui avance pour le moindre projet chez-nous. Cette évolution ne pousse pas certains de nos compatriotes à réfléchir mais à parler, à la manière de perroquet, d'indépendance et de dignité.

Mamadou Billo Sy Savané: j'ai plus d'une fois signalé combien son jugement, solide et sûr m'importe sur bien des sujets de notre pays. Je demeure dans cette disposition d'esprit en ajoutant, continue mon frère!

Barry A. : je crois que devant ce genre de situation, c'est-à-dire le surgissement du CNDD sur la scène politique guinéenne, il ne faut pas être déçu trop tôt, des comportements de ceux qui ne se sont pas tout de suite installés dans la critique. On dit que c'est à l'ouvrage qu'on reconnaît l'ouvrier qualifié. A l'arrivée du CNDD, le fait d'annoncer une « période transitoire » de redressement avait atténué le profond scepticisme de nombreux Guinéens sans les pousser pour autant à renoncer à leur veille sur la situation. Après six mois, on a vu et noté les ouvriers du CNDD. Le moins qu'on puisse dire est qu'ils ne sont pas les ouvriers qu'il faut à la Guinée pour se relever. S'être installés dans la critique dès l'arrivée du CNDD, n'aurait de toute façon rien changé à la situation, sinon à se justifier de leur incompétence par le grand nombre de ceux qui les auraient gênés de mettre en place leurs réformes. Cette explication ne se serait cependant pas accompagnée du retrait du pouvoir. Ceci étant, avoir été sur ses gardes dès le départ de l'expérience, n'était pas non plus condamnable au regard des 50 années passées. La nuance était dans la systématisation ou non des critiques.

Koundouno Fatoma: le classement des trois dirigeants peut être discuté, je l'ai dit plus haut, pour ici, j'ajouterai que le bon sens est, dit-t-on la chose la mieux partagée. Si le Président intelligent manquait de bon sens, on peut effectivement dire qu'il était cynique. Le cynisme a souvent conduit à l'imposture.

Thierno A. Diallo: ses analyses pertinentes sur les dérives du pouvoir politique en Guinée, notamment sur la navigation à vue de Dadis et son équipe, méritent toute l'attention.

Pour les réactions par e. mail, certaines ont été suivies parfois de questions qui portent sur les points suivants:

Des précisions sur le CNDD et son Président Moussa Dadis Camara. J'ai franchement dit que je crois, et cette croyance se renforce en moi de jour en jour, que le CNDD, tel qu'il est, tel qu'il est composé, tel qu'il fonctionne, ne sera pas en mesure de relever la Guinée. Nombreux ceux qui ont été élevés dans la culture politique pratiquée en Guinée de 1958 à 2008, et demeurent des hommes et des femmes de pouvoir à ne pas accorder la moindre importance à ce qu'ils affirment dans leurs discours. C'est ce qui explique qu'ils peuvent dire avec force et un semblant de sincérité des choses dont ils ne croient pas le traitre mot. Cette duplicité dans le comportement et le langage ne s'est pas démentie depuis des lustres. Le CNDD ne s'est vraiment pas départi de ce comportement. Autrement comment comprendre que Dadis et ses compagnons aient annoncé dès leur prise de pouvoir qu'ils établissaient une transition pour remettre le pays sur rails pour une gouvernance normale par la voie démocratique et qu'ils démontrent, à présent, tous les jours qu'ils sont là pour longtemps? Ils donnent confirmation à cette hypothèse en ne cessant pas de rappeler qu'en faisant leur coup d'Etat de décembre ce sont eux, militaires, qui ont risqué leur vie en se lançant dans cette aventure. Conclusion logique : « ceux qui ont levé et abattu le lion, sont ceux qui doivent s'asseoir sur sa peau ». On est loin des citoyens en uniforme, républicains et patriotes, pour lesquels, certains d'entre nous, avaient de bonne foi, cru à l'existence dans l'Armée. Nos braves centurions qui ont pris l'habitude de faire des coups d'Etat contre des morts (en 1984 et 2008) parlent maintenant d' «avoir pris des risques ». C'est pourquoi, ils tentent de retourner la situation en leur faveur. Dans toute communauté humaine, il existe des bons et des mauvais éléments. Un nombre de Guinéens, pensaient que même dans l'Armée guinéenne, existaient des éléments sensibles aux malheurs des Guinéens. C'est ce qu'on attendait de l'Armée comme sentiments. Au reste, ceux qui pensaient ainsi, n'ont pas tardé à prendre leurs distances avec les putschistes dès qu'ils ont senti leurs intentions profondes. Je demeure donc solidaire de ceux qui pensent que les Guinéens ne sont pas tous, partout, des corrompus.

Les velléités de Dadis et des membres du CNDD de se maintenir en place sont confortées par d'obscurs « conseillers » limités qui, de toute façon, vont aller en se raréfiant comme celui qui a écrit: « Vous savez Dadis a commis une grave erreur. Le pouvoir, ce n'est pas une petite chose. Il y a trois phases du pouvoir: sa conquête, sa conservation et son exercice. Mais dès que Dadis est passé à la première phase, il n'a pas mis de véritables stratégies pour les deux autres phases. A savoir, sa conservation et son exercice. Lorsqu'il a pris le pouvoir par un coup d'Etat qui était d'ailleurs attendu, qui était salué, c'est la conquête du pouvoir et que le peuple lui a concédée en disant qu'on est d'accord parce qu'on avait assez. ». Chacun voit midi à sa porte... Je pense et je ne suis pas seul que ce que le peuple a salué, c'était le changement de régime par l'intervention de l'Armée au service de la Nation, Etant le seul corps social « organisé » du pays, il pouvait rendre ce service, les temps ayant changé sans songer à une conquête du pouvoir. Et encore moins sa conservation et son exercice. Mais c'est ce genre de sornettes que ces « conseillers » ces conseillers » serinent à l'oreille de Dadis.

Je suis convaincu, que si celui-ci et ses compagnons tentent de se maintenir en place, ils ne feront que reculer notre pays et je le répète, il faut qu'ils se rendent compte qu'ils sont loin d'avoir les capacités intellectuelles et morales, les moyens matériels aussi de redresser et de diriger efficacement la Guinée. En s'entêtant pour se maintenir en place, ils montreront qu'ils sont en retard sur les temps que nous vivons. Les auteurs des coups d'Etat n'ont plus, aujourd'hui, la « baraka » du temps des Bokassa, des Idi Amin Dada, des Samuel Doe, des Conté etc. qui, du reste, ont fini plus ou moins, dans la honte, l'incapacité physique ou dans le sang et des pays en ruines.

Il faut féliciter les initiateurs guinéens de la rencontre de Bruxelles le 26 juin pour montrer à l'Extérieur, notamment à l'Union Européenne, que continuer à financer des groupes d'arrivistes comme le CNDD n'est pas une aide au peuple guinéen mais à des individus qui non seulement n'apporteront rien à la Guinée mais en profiteront pour s'enrichir. L'appel à l'Union Européenne de regarder les réalités guinéennes est également valable pour les investisseurs qui sont des gens avertis. La rencontre de Paris le 11 juillet 2009, ira sans doute dans le même sens.

Du moment que j'avais parlé des partis politiques guinéens, des questions m'ont été posées sur eux. J'ai maintes fois écrit qu'au lieu de les prendre pour cibles des critiques sous le régime de Lansana Conté, on se trompait lourdement. Quels que soient les problèmes d'aujourd'hui, c'est par l'action des partis politiques que la Guinée se relèvera, si les leaders se révèlent être des hommes ou des femmes d'Etat. Le problème de l'heure est que nos concitoyens ont une prédilection particulière pour les formules: « y a qu'à »; « il n'y a qu’ 'à faire ceci ou cela »; « au lieu de dénoncer, ya qu'à passer à l'action » et personne n'a jamais fourni de mode d'emploi de cette action etc. Ce qu'on ne sait pas ou qu'on oublie est que critiquer ou dénoncer ont été des armes qui ont fini par avoir un effet débilitant sur les régimes visés. Ce ne sont pas par exemple des divisions blindées venues de l'Occident qui ont disloqué l'ancien bloc soviétique mais l'action souterraine d'opposants et les écrits de personnalités comme Soljenitsyne. Bref les partis politiques guinéens d'opposition ont fait de gros efforts (tout est relatif) pour le multipartisme et l'implantation de l'embryon de démocratie intervenue en Guinée. Leur faiblesse, on l'a assez dit venait, vient toujours de la situation économique du pays, du manque de synergie réelle d'action et surtout d'un trop grand émiettement du champ politique. Il ya de TROP de petits partis sans aucune envergure à attendre et dont les motivations des animateurs sont autres que ce qu'on doit attendre de l'engagement d'hommes et de femmes au service d'une nation. Mais, me dira-t-on, c'est aussi cela la démocratie. Quoi qu'il en soit, il faut que les Guinéens renforcent les partis politiques de leur choix pour sortir la Guinée des rodomontades des Rambos en tenue de combat. Cela est possible en isolant de l'extérieur les usurpateurs de la volonté populaire. C'est sur ce point de renforcer les partis politiques qu'un de mes correspondants me demande mon appartenance politique. Autrement dit mon parti politique.

Sa question ne m'a pas paru gênante et j'ai répondu que la politique m'intéresse mais si je ne me suis pas concrètement engagé dans un parti, c'est en raison de mon état de santé. Quand on s'engage dans un parti politique, il faut être dans les dispositions d'aller au charbon comme tout militant. Outre mon métier d'enseignant, j'ai été responsable syndical sur le campus universitaire. J'ai donc connu la valeur de l'engagement. Depuis ma retraite de l'Université, je souffre d'une cheville qui réduit ma mobilité géographique, c'est pourquoi, d'ailleurs, je suis souvent absent des rencontres de mes compatriotes à Paris. Pour le reste, « ça va, Dieu merci », comme on dit chez-nous.

N'étant donc pas actif dans le cadre du militantisme, je ne manquerai pas comme citoyen de manifester mon choix quand le champ électoral s'éclaircira. Dois-je en dire plus, cher correspondant?...

Alors même n'étant pas membre d'un parti politique et même ne vivant pas en Guinée, j'y reste attaché et j'ai toujours souhaité ardemment en moi-même et prié que les choses aillent bien pour la Guinée et les Guinéens. Ces souhaits et ces prières que ceux qui sont imprégnés de la culture de l'imposture dont j'ai parlé dans ce texte, ont tendance à déformer pour ne voir dans chaque Guinéen qu'un forcené à la recherche de privilèges liés au pouvoir politique, ne sont à mes yeux comme à ceux d'autres que la simple recherche de soi-même.

 

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