Revue de presse Afrique - A la Une: premier tour tranquille en Guinée

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Les Guinéens se sont rendus aux urnes hier pour le premier tour de l’élection présidentielle, « globalement dans le calme et la sérénité, pointe le site d’information Guinée Conakry Infos. Les Guinéens se sont fait peur durant deux jours de violences ; puis, ont comme déposé les armes en ce dimanche pour voter dans la dignité.

En toute liberté. (…) La participation au vote a été importante malgré les problèmes logistiques, relève encore Guinée Conakry Infos, les listings en désordre et autre petits désagréments, ou anomalies. Plus de six millions de citoyens avaient rendez-vous avec leur histoire. »

 
« Un premier défi de relevé », soupire pour sa part Ledejely.com, autre site d’information guinéen. « Surprenant le monde et se surprenant eux-mêmes, les Guinéens, surmontant peurs et appréhensions, se sont massivement transportés hier dans les urnes. C’est d’autant plus remarquable qu’ils l’ont fait dans le calme et la discipline, dans un contexte où les anomalies et les dysfonctionnements étaient plutôt au rendez-vous. »
 
Désormais, remarque encore Ledjely.com, « il y a une étape fondamentale et délicate qu’il faudra gérer. C’est celle qui, après le vote, sera caractérisée par la publication des résultats provisoires et définitifs. Autant l’on s’est légitimement réjoui du climat de paix qui a caractérisé la journée de vote d’hier, autant cette prochaine étape pourrait tout remettre en cause. Après avoir raté l’étape de l’organisation, la Céni devrait se rattraper en faisant montre de plus de responsabilité dans la gestion de cette ultime et très sensible dernière ligne droite. »
 
Il est vrai que l’organisation du scrutin n’a pas été exemplaire. De nombreux partis d’opposition ont clamé leur indignation à l’instar, rapporte le site Guinée News, de Sydia Touré, président et candidat de l’Union des forces républicaines, qui accuse la Céni de ne pas avoir suffisamment fourni de bulletins de vote et d’enveloppes sécurisées, et même d’avoir fait disparaître certains bureaux de vote.
 
Du coup, d’après AfricaGuinée, « les sept opposants du président Alpha Condé vont exiger de la Commission électorale nationale indépendante l’annulation du vote dans beaucoup de circonscriptions, notamment en Haute Guinée. » Le parti au pouvoir, le RPG Arc-en-ciel, n’est pas en reste, pointe Aminata. Le RPG qui dénonce également des fraudes.
 
Avis de tempête ?
 
Alors, les prochaines heures vont être déterminantes. C’est ce que souligne le site d’information Fasozine au Burkina : « Le plus dur sera la compilation des suffrages et surtout l’acceptation des résultats par les états-majors des huit candidats en lice. Car, le pari d’une élection présidentielle, en Afrique en général et particulièrement en Guinée-Conakry, n’est jamais gagné d’avance. Dans ce pays, où les principaux leaders politiques se sont toujours regardés en chiens de faïence, il suffit d’un faux pas de la Commission électorale nationale indépendante, déjà beaucoup décriée, pour déterrer la hache de guerre. »
 
Attention, prévient L’Observateur Paalga, toujours à Ouaga, « avis de tempête sur Conakry ! D’autant plus qu’en Guinée, les clivages politiques sont très souvent les mêmes que les clivages ethniques. La moindre étincelle pourrait mettre le feu aux poudres. »
 
En effet, précise le quotidien Aujourd’hui, « de tous les problèmes qui perturbent les élections en Guinée et de facto l’unité nationale, le plus grave demeure la focalisation du débat, surtout en période électorale, sur le régionalisme, ou pour être clair, sur l’opposition Peulhs/Malinké. On dit qu’Alpha Condé est inspiré par un ressentiment peulh, lequel Alpha est accusé à tort ou à raison de vouloir détruire la base économique de cette communauté. A rebours, Cellou Dalein Diallo est perçu comme le héraut du règne peulh, et d’aucuns l’accusent de souffler sur cette braise ethnique. Il est donc évident, estime Aujourd’hui, que c’est moins le relatif bon déroulement de cette présidentielle, hier, qui inspire la crainte, que la proclamation des résultats prévue pour demain mardi. »
 
Et le quotidien burkinabé de s’interroger : « Chaque camp acceptera-t-il les résultats qui seront proclamés ? Evitera-t-on de réveiller les démons de 2010, des démons, soit dit en passant, qui ne s’assoupissent que le temps de l’entre-deux élections ? La Guinée rompra-t-elle avec l’infernal triptyque : élections-tensions-violences et médiations internationales ? Nulle pythie ne peut le prédire. »

Par Frédéric Couteau

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Source: RFI

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