Scrutin présidentiel en Guinée: Après la bataille du vote commence celle des résultats

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L'attente fiévreuse des résultats du premier tour de l'élection présidentielle a commencé en Guinée, un scrutin qui s'est déroulé dans le calme mais avec de nombreux problèmes d'organisation, dénoncées par l'opposition qui a réitéré lundi son intention de ne pas les reconnaître.

Bien qu'aucune statistique globale de participation ne soit disponible, les électeurs ont voté massivement dimanche, un scrutin sous tension, le camp du président sortant Alpha Condé le donnant vainqueur dès le premier tour.

Le dépouillement a débuté dès la fermeture des bureaux de vote dimanche soir, souvent à la lumière des lampes-torche, faute d'électricité, mais les premiers résultats n'étaient pas attendus avant mardi.

Dans une école de la banlieue de Ratoma, à Conakry, la seule lumière provenait d'une poignée de lampes-torches fournies par la Commission électorale nationale indépendante (Céni), répartie entre les assesseurs procédant au dépouillement, a constaté un journaliste de l'AFP pendant la nuit.

Le dépouillement, sous la protection des forces de l'ordre se déroule sous le regard inquisiteur d'habitants qui notent les résultats et en informent aussitôt leurs proches par téléphone.

Dans un bureau de vote de ce secteur, sur 553 électeurs inscrits, il y a eu 382 votants pour 9 bulletins nuls, dans un autre 394 votants et dix bulletins nuls sur 682 électeurs inscrits, selon la même source.

Dans un autre quartier, Sangoyah marché, la vigilance citoyenne était également de mise.

Une électrice, Fatoumata Kanté, a expliqué être restée "juste pour contrôler le dépouillement, en même temps voir si c'est libre et transparent, parce qu'il y a beaucoup qui ne croient pas en ce que les autorités disent que c'est libre et transparent".

L'enjeu principal porte sur l'éventuelle réélection de M. Condé au premier tour - cinq ans après une victoire à l'arraché au second tour sur le chef de l'opposition Cellou Dalein Diallo - un objectif que ses concurrents jugent irréalisable sans fraude caractérisée.

- 'Improvisations' en série -

Sans attendre, M. Diallo a réaffirmé dans un communiqué au cours de la nuit, comme l'avaient déjà fait vendredi les sept candidats en lice face à M. Condé, "qu’il ne reconnaîtra pas les résultats des suffrages".

Dénonçant "la fraude massive orchestrée le 11 octobre par le pouvoir en place", son parti recense de nombreux incidents de vote et incohérences: "En totale infraction avec le code électoral, la Céni a multiplié les improvisations pendant la journée en autorisant au milieu de l’après-midi le vote sans enveloppe par exemple".

Une conférence de presse de l'opposition pour dénoncer ces irrégularités était prévue à 13H00 GMT.

Un autre candidat, l'ex-Premier ministre Siya Touré, a stigmatisé dimanche soir les tâtonnements de la Céni. "Toute cette pagaille a été organisée de façon volontaire pour aboutir à une proclamation des résultats qui ne correspond pas du tout à l'expression populaire", a-t-il accusé.

Le chef de la Mission d'observation électorale de l'Union européenne, Frank Engel, a en revanche dressé un tableau favorable, considérant que le "vote se passe bien" malgré de nombreux retards, disant "comprendre un certain énervement" des électeurs après des heures d'attente.

"Ce que nous avons vu, observé, et ce qui nous a été signalé, pour moi n'entache pas la régularité du vote", a-t-il souligné, égratignant toutefois au passage la Céni, "probablement moins prête qu'elle ne le croyait".

Le président Condé a fait campagne sur son bilan: "Après l'épidémie d'Ebola, la Guinée a vraiment besoin de s'unir pour reprendre sa marche en avant", a affirmé M. Condé dimanche, imputant à l'épidémie qui s'est déclarée en décembre 2013 dans le pays le fléchissement de sa croissance.

Ses adversaires - dont les anciens Premiers ministres Diallo, Touré et Lansana Kouyaté - accusent Alpha Condé de mauvaise gestion, notamment de la crise Ebola, d'exercice solitaire du pouvoir et d'attiser les tensions ethniques, particulièrement envers les Peuls, la communauté de M. Diallo.

Les deux précédents scrutins dans le pays, la présidentielle de 2010 et les législatives de 2013, ont été entachés par des violences et des accusations de fraude.

Ancien opposant qui a connu la prison, Alpha Condé est le premier président démocratiquement élu de cette ex-colonie française d'Afrique de l'Ouest, dirigée jusqu'alors par des pouvoirs autoritaires ou dictatoriaux.

Source: AFP

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