Sidya Touré : « Nous nous sommes bien compris maintenant avec Blaise Compaoré »

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Directeur de cabinet du Premier ministre de la Côte d’Ivoire, Alassane Dramane Ouattara, de 1990 à 1993, Premier ministre de la république de Guinée de 1996 à 1999, Sidya Touré est aujourd’hui président de l’Union des forces républicaines (UFR). C’est aussi un des chefs de file du Forum des Forces vives de Guinée. Dans le cadre des pourparlers interguinéens qui se déroulent actuellement à Ouagadougou, Fasozine.com a rencontré cet homme politique.

Fasozine.com : L’un des points de discorde entre les Forces vives et le président Dadis c’est son revirement au sujet de sa candidature à l’élection présidentielle dans votre pays, la Guinée. Avez-vous la certitude que ce dernier va vraiment se présenter ?

Sidya Touré : Lorsqu’on ne veut pas se présenter à une élection présidentielle on n’a pas besoin de réprimer des personnes qui se réunissent dans un stade pour juste lire une déclaration dans laquelle elles disent ne pas souhaiter que le président de la junte se présente à l’élection présidentielle en Guinée. Si rester au pouvoir ne l’intéressait pas, je ne comprends pas pourquoi il aurait agi de la sorte. Le président de la junte avait passé la semaine d’avant à faire campagne à l’intérieur du pays. Le fait que d’autres Guinéens se réunissent à l’appel des Forces vives ne méritait pas une réaction aussi disproportionnée.

On reproche aux leaders des Forces vives de s’être entêtés pour tenir la rencontre à l’intérieur du stade du 28 septembre

Le 28 septembre représente en Guinée le jour du vote pour le « non » au referendum. La date qui est chômée et payée, c’est le 2 octobre, la date de l’indépendance. Lorsque vous devez organiser une manifestation, la loi guinéenne ne demande pas une autorisation. Vous écrivez juste aux autorités locales pour les informer que vous avez une manifestation. Jusqu’à ce jour, cette loi n’a pas changée. Il y a juste eu un ministre qui nous a dit que cette marche était interdite. Ce qui est difficile à comprendre, c’est qu’à une dizaine de mètres de là, il y avait une manifestation du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement, NDLR). Personne n’est allée disperser cette manifestation, battre les militants ou violer des femmes.

Le maire de Dixinne à qui vous avez adressé une lettre vous aurait dit que le stade ne relève pas de ses compétences et qu’il n’était pas en mesure d’assurer votre sécurité...

Comment pouvez-vous comprendre le fait que dans un pays, toutes les autorités vous disent qu’elles ne sont pas en mesure d’assurer votre sécurité ? A quoi sert-il d’avoir des autorités alors ? La manifestation du 28 septembre était une marche pacifique. Les participants sont venus les mains nues, en chantant, en criant leur joie. Ils avaient en main des écriteaux et rien de dangereux.. Ce qui a dérangé le pouvoir, c’est le fait que la manifestation ait eu autant de succès.

D’aucuns soutiennent que vos militants ont saccagé deux commissariats de police dans lequel ils auraient aussi pris des armes...

C’est de la science-fiction. Depuis les évènements de 2008, où les mêmes militaires ont attaqué les commissariats, il n’y a plus d’armes dans ces services de police à Conakry. Le principal commissariat qu’on accuse les manifestants d’avoir attaqué est juste à quelques pas de chez moi. Il n’a pas été attaqué. Vous savez vous-même qu’il n’y a pas de fusil d’assaut dans les commissariats. Nous allons chercher ces fusils pour en faire quoi ? Je n’ai vu aucun policier et aucun militaire mort suite à ces manifestations. Ce sont les soldats eux-mêmes qui ont attaqué ce commissariat, lorsqu’ils revenaient du stade. Toutes ces thèses montrent le peu de sérieux de ceux qui soutiennent cette thèse que vous développez.

Qu’est ce qui a expliqué le rejet en bloc par les Forces vives, du document de synthèse du Facilitateur Blaise Compaoré ?

C’est une attitude que nous avons adoptée par rapport à un document qui occulte une bonne partie de nos préoccupations en rapport avec la transition qui va être mise en place dans notre pays. Cette demande portait sur la dissolution du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) et aussi sur l’interdiction du président Moussa Dadis Camara à se présenter à l’élection présidentielle en Guinée. Ces revendications, du reste soutenues par la communauté internationale, n’ayant pas été prises en compte dans le document que nous avons reçu du facilitateur, nous avons donc exprimé notre désaccord sur le contenu. Nos compatriotes ont été éprouvés par les évènements du 28 septembre, ils attendent de nous que nous leur apportons des solutions qui conduiront le pays vers la paix. Ce n’est pas une affaire personnelle, il s’agit de chercher à savoir si les Guinéens méritent la paix. S’il faut que quelques personnes sacrifient leur carrière pour le retour de cette paix, je ne vois pas de raison que cela ne se fasse pas.

Roger Niouga Sawadogo

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