Transition en Guinée: Dadis bientôt en présidence surveillée

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Malgré les grandes qualités qu’on lui prête (entregent, patience, grande capacité d’écoute), on se doutait bien que la tâche du facilitateur dans la crise guinéenne n’allait pas être du tout aisée. Aujourd’hui nous en sommes convaincus, au regard des positions diamétralement opposées qu’affichent les deux camps adverses qui s’étripent à Conakry.

Reçue la semaine dernière par le chef de l’Etat burkinabè Blaise Compaoré dans son palais de Kosyam, la délégation des forces vives, ce conglomérat de partis politiques de l’opposition et d’organisations de la société civile, dans un document remis au médiateur Blaise Compaoré, exige entre autres et surtout, le départ du pouvoir du président Moussa Dadis Camara et la dissolution pure et simple de l’organe dirigeant, le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD).

Revendication matricielle, à laquelle, bien sûr, la junte n’entend guère se plier outre mesure. Et c’est peu dire. Arrivée à son tour avant-hier dans la capitale burkinabè, la mission présidentielle, en retour, au négociateur la formation d’un gouvernement d’union nationale. Main tendue, s’il en est, qui fait reculer, les bras croisés au dos, les représentants des forces vives.

Vous avez dit pourparlers interguinéens ? Revoyez votre copie. Pourparlers ? Peut-être. Interguinéens ? Que nenni ! Car depuis le massacre de militants de l’opposition le 28 septembre 2009, au stade de Conakry, une ligne de feu sépare désormais les deux vis-à-vis, passés maîtres dans l’art de s’éviter.

Dans ces conditions, que peut bien faire le pauvre Blaise, écartelé qu’il est par les protagonistes de la crise guinéenne qui, embarqués dans la même galère, rament pourtant à hue et à dia ? Quelle potion magique va-t-il concocter en guise d’antidote de l’animosité politique qui infecte, tel un poison, le Château d’eau de l’Afrique de l’Ouest ?

Demander à la junte de se saborder, comme le ressassent vivement les forces vives ? Le CNDD et son ubuesque président, Dadis Camara, ont beau être sur le banc des accusés de la communauté internationale en général et de la CEDEAO en particulier, c’est-à-dire celle-là même qui a commandité la médiation, il ne faut pas s’attendre à voir le facilitateur épouser, ici et maintenant, la revendication des opposants. Il le ferait qu’il signerait la mise à mort de la facilitation.

Le seul modus vivendi qu’il lui est donné de proposer aux frères ennemis guinéens, c’est de mettre sur la balance la formation d’un gouvernement d’union nationale et la présidence surveillée pour le capitaine Dadis, c’est-à-dire sa renonciation à se présenter à la prochaine présidentielle. Une proposition salomonique qui, comme telle, prend en compte les requêtes de chaque partie.

Les forces vives seraient bien inspirées en ne cherchant pas à s’arc-bouter contre leur revendication principale. Dans la situation actuelle qui est celle de la Guinée, le réalisme politique leur indique cette conduite à tenir. L’intérêt supérieur de la nation, dont elles aspirent à être un jour les garants, le leur dicte.

Alain Saint Robespierre

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