Un rapport accable l’OMS pour sa gestion d’Ebola

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Déjà largement critiquée pour son manque de réactivité lors de l’apparition de l’épidémie d’Ebola, qui a fait plus de onze mille morts en Afrique de l’Ouest, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a vu les charges à son encontre alourdies par un rapport d’experts indépendants, publié mardi 7 juillet.

Selon le document, disponible sur le site de l’OMS, l’épidémie a révélé les failles d’une institution qui « ne dispose pas aujourd’hui des moyens ni de la culture organisationnelle nécessaires pour répondre pleinement à une urgence sanitaire ».

Certaines voix ont notamment reproché à l’institution d’avoir très tôt assuré que la propagation du virus était maîtrisée, alors même que des organisations comme Médecins sans frontières (MSF) s’inquiétaient de l’ampleur de l’épidémie. L’OMS avait attendu le 8 août, alors que mille personnes avaient déjà succombé au virus, pour déclarer l’état d’« urgence de santé publique de portée internationale ».
 

Questions de bureaucratie et de diplomatie

Le rapport publié mardi décrit une organisation « bureaucratique », dont la lenteur de la réaction s’expliquerait par « l’espoir que la crise aurait pu être gérée grâce à de la bonne diplomatie ». Il déplore que les préoccupations économiques et les « politiques nationales » aient retardé la déclaration d’urgence sanitaire, évoquant notamment les résistances des représentants de l’OMS à tirer la sonnette d’alarme pour ne pas contrarier les gouvernements locaux, qui auraient pu y voir un « acte hostile ».

La directrice générale de l’OMS, Magaret Chan, avait elle-même reconnu au mois de mai que son organisation avait été « débordée » par la crise et « aurait dû réagir bien avant ». Elle a également affirmé qu’elle mettrait en place un fonds de 100 millions de dollars afin de mieux se préparer à une épidémie du même genre, dans le cadre d’un plan de réforme de son fonctionnement.

Cette proposition va dans le sens de ce que recommandent les experts, estimant que « l’OMS doit rétablir sa prééminence en tant que protecteur de la santé mondiale. Cet objectif exige des changements significatifs ».

« Un système n’est pas fait de chaises et de tables, mais d’individus », s’est toutefois insurgé, à la publication du rapport, Oyewale Tomori, qui siège au comité d’urgence sur Ebola de l’OMS et qui, lui, regrette que celui-ci n’évoque pas la question d’éventuelles « sanctions » prononcées à l’encontre du personnel de l’institution en raison de ses manquements.

Source: AFP

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