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Une bonne nouvelle: Parution du quatrième roman de notre compatriote Cheik Oumar Kanté: Dongora, coulera à nouveau la rivière

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"Des lecteurs de tous pays, de tous âges, de toutes conditions, des deux sexes, suggèrent à leur auteur favori un Grand Rendez-vous : un "apérEau-livres" suivi d’un Pique-Nique littéraire.

Le lieu des retrouvailles ? Dongora ! Bords de rivière d’une sorte de pays perdu évoqué dans une prose de l’auteur mais un paradis littéraire à gagner en participant à sa construction.

Parviendront-ils à le convaincre du bien-fondé d’une telle rencontre ? Réussiront-ils pendant ou après, sinon avant, à inspirer quoi que ce soit à l’écrivain ? D’ailleurs, tous lui sont-ils fidèles sans aucune arrière-pensée ? Et, un drame ne se profile-t-il pas à l’horizon ?"

(Extrait de la quatrième de couverture)

***

Le quatrième roman de Cheick Oumar KANTÉ (le dixième livre de sa bibliographie) est un texte à multiples entrées.

La première d’entre elles : Qu’est-ce qui inspire Gandal Gando, l’écrivain ? La vie de tous les jours ? La volonté, la voix et/ou le "parfum" de Jessy Lane ? N’est-ce pas tout cela à la fois et beaucoup d’autres choses encore ? D’ailleurs, qui est cette dame dans son environnement intime si elle n’est ni sa femme ni son amante ? Pas réduite non plus à une sorte de muse et entretenant plutôt une liaison très forte – mais de quel ordre ? – avec Espérance, la compagne de l’auteur, ne pourrait-elle pas être tout simplement le personnage principal ?

La deuxième : Pourquoi, à l’approche de la soixantaine, l’écrivain entreprend-il le "renouvellement de son écriture" ? Est-ce en réaction à la critique littéraire ? Ou encore à l’écoute de ses lecteurs ? Ou enfin à l’observation du travail de rénovation d’une maison de campagne voisine de la sienne par des ouvriers polonais ? Et, pourquoi pense-t-il devoir arrêter d’écrire à l’âge de soixante-dix ans ?

La troisième : Comment continuer à écrire quand les lecteurs sont désormais moins nombreux que les internautes sinon en se connectant lui-même sur la Toile pour être, devant les fracas du monde, le plus réactif et le plus interactif possible ? "La visualisation numérique en 3D" ne rend-elle pas mieux compte de la beauté édénique de Dongora ? Et, pour reproduire les dialogues des temps présents, y a-t-il meilleur procédé que d’avoir, par moments, recours aux twitts ?

La quatrième : « Serait-ce encore écrire que de frétiller comme un poisson rouge avec ses reflets flatteurs dans un bocal ? Ou tel un paon faisant la roue en permanence pour racoler autour de lui, fier (...) de son ramage et plus encore du plumage autour de son croupion ? Ou à l’instar d’un gecko ou d’une salamandre offrant à la vue générale ce qu’ils possèdent de plus précieux que "la prunelle des yeux" : leurs entrailles et leurs humeurs ? Ou, enfin, à l’image d’un caméléon faisant don de son corps à la branche d’arbre sur laquelle il se déplace ?... Écrire mieux, serait-ce le faire dans une transparence à en devenir translucide soi-même ? »

La cinquième : Accourus du monde entier à Dongora, les lecteurs sont-ils tous bien-intentionnés ? À les entendre ou à lire certaines de leurs prises de position, n’est-il pas permis d’en douter ? Alors, un drame ne pourrait-il pas survenir à tout moment avec la complicité de quelques-uns d’entre eux ?

La sixième : Le maître de cérémonie des Assises littéraires, Monsieur le Maire-Adjoint de Dongora, autre personnage incontournable du roman, qui rêve de "faire couler des torrents de Culture" dans sa Commune pour la transformer en "une Florence, une Athènes ou une Vilnius des Tropiques", n’a-t-il pas sous-estimé les menaces reçues de la part de groupuscules dits Compagnons de Prières ? Appuyés par Al-Qaïman, branche africaine d’une TrilAtérale terroriste, ces derniers n’ont-ils pas dit et répété avoir été "choqués par le projet de débauche pseudo-culturelle organisée par les ennemis de Dieu" ? "Une beuverie mondiale ponctuée par une fornication" de la même dimension, à leur avis.

De nombreuses autres entrées sont offertes. Alors, les "lectinternautes" ou les "lecteurnautes", tels que les appelle un des protagonistes inspirés du roman, ont vraiment le libre choix de celles qu’ils préfèrent...

À Dongora, coulera à nouveau la rivière est, en somme, un hymne à la femme et à sa voix. Une ode à son amitié et aux passions partagées avec elle. Mais aussi avec toutes les parties prenantes en littérature dont les figures tutélaires passées et présentes : africaines, caribéennes et mondiales, affleurent au fil des pages. Une littérature qui ne signifie surtout pas "l’éloge à tout crin du bien, du beau et du bon goût" mais plutôt "une grande élégance à parler même de ce qui pourrait paraître mal ou laid", comme le suggère l’écrivain imaginaire, celui dans le livre, à moins que ce ne soit une affirmation de son alter ego dans la réalité.

Une élégance rare donc, par les temps qui courent, ce roman de 268 pages. À l’écriture aussi limpide que l’est, par endroits, l’eau de la Dongora et d’une tension dramatique, du début à la fin, soutenue ! Ceci grâce à un narrateur principal, bien relayé comme à une course olympique par un pseudo, un avatar, un Petit Horloger Complice et même par un lecteur, le bien surnommé Interpellateur du Ciel ! La technique narrative est, on ne peut plus, originale.

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