Alpha Condé, futur locataire de Sékhoutouréya ?

 

Le simple fait d’évoquer à l’orée de la présidentielle le nom de Alpha Condé leader du RPG, irrite à tort ou à raison, certains esprits. L’homme semble pour autant se faire une certaine virginité bâtie notamment sur une stratégie digne d’une véritable machine politique qui a trop attendu le pouvoir: équilibre ethnique et gros financements du RPG.

Le RPG semble susciter l’adhésion transversale des militants – un fait nouveau - susceptible de transcender les clivages ethniques propres à toutes les formations politiques excepté le comateux PUP, ancien parti au pouvoir. En réussissant ainsi à corriger ces tares congénitales issues du défunt régime de Conté, Alpha Condé est sûr d’avoir la majorité et gagner la présidentielle dès le premier tour. Ce septuagénaire qui  jouit d’une certaine légitimité historique en s’opposant farouchement à tous les régimes qui se sont succédé en Guinée sait de quoi il parle. Officiellement en effet, le leader du RPG n’a jamais accepté le compromis dans la gestion des affaires publiques du pays. Donc n’a point les mains sales à l’image de certains leaders politiques ayant servi pendant des lustres le pays ou l’autorité en place.

 

La nouvelle trouvaille

 

Alpha Condé est en train de conquérir cette fois-ci en profondeur l’électorat des autres ethnies à travers des comités mis en place à cet effet. Désormais, des transfuges du PUP et mêmes ceux qui avaient truqué le scrutin en faveur de cet ancien parti au pouvoir viennent élargir les rangs du RPG. Exemples, Kiridi Bangoura, ancien ministre des élections, Ousmane Américain, ancien gouverneur de la Ville de Conakry et nombreuses autres personnalités issues des autres régions de la Guinée. Et pour donner du tonus à la campagne, il a jeté son dévolu sur Makalé Traoré (future directrice de campagne ?), jusqu’ici membre du bureau exécutif de l’UFR de Sidya Touré.

 

Cerise sur le gâteau, l’un des gros financiers du RPG, son sobriquet, Jaguar, un peulh résident en Angola. En plus, la villa située au carrefour de Belle-Vue qu’occupe actuellement le directoire du parti serait une propriété de l’opérateur économique Alpha Amadou Diallo (Oscar des oscars). A cette trouvaille s’ajoute, selon une source digne de foi, le chouchou de la junte : Kerfala Camara alias KPC. Celui-là même qui a décroché le marché sur la réfection des clôtures du camp, puis le contrat faramineux de 500 milliards GNF (environ 73 millions d’euros) pour reconstruire les casernes du pays, grande priorité de Sékouba Konaté. Par la suite, d’autres contrats publics lui sont octroyés, dont la réfection de l’hôpital Donka de Conakry et d’une agence de la Banque centrale. Cet autre présumé financier du RPG se sent alors pousser des ailes comme le leader du RPG.

 

Ces indices ne trompent point sur la vaste offensive que mène actuellement Alpha Condé épaulé par sa énième dernière douce moitié ( ?) avec laquelle il vient de convoler en justes noces. Les fortes mobilisations pour le RPG notamment en Haute Guinée où se disputent impitoyablement PEDN de Lansana Kouyaté et RPG de Alpha Condé en disent long sur le retour en force du leader politique à la couleur jaune flanquée d’un grand V signe de victoire. A soixante-douze ans révolus, Alpha Condé que l’on croyait déjà gâteux, épuisé et sans militants vu son éloignement souvent prolongé de sa patrie, risque de faire mentir les pronostiqueurs. Les militants, eux, croient dur comme fer que le temps est cette fois-ci arrivé.

 

Dinosaure de la politique guinéenne, le citoyen indésirable de la localité de Pinè au Sud de la Guinée est en passe d’oublier tous ses déboires : prison (20 mois d’incarcération à la veille de la présidentielle de 1998), condamné par contumace par Sékou Touré, agressions, accusations de complots et autres tortures morales qui sont entre autres prix à payer pour jouir d’une véritable démocratie en Guinée. L’homme a souvent ses hommes au sein de l’Armée guinéenne. Il est par ailleurs bien introduit dans les milieux politiques occidentaux. Mais tous ces atouts manifestes suffisent-ils pour lui faire porter déjà la tunique de futur locataire de Sékhoutouréya, le sacre de plus d’un quart de siècle de lutte ardue ?

 

Pourquoi pas martèlent les nombreux militants du parti. Pourtant, le leader du RPG semble autoritaire, arrogant, etc. Très imbu de sa personne, Alpha Condé, en voulant répondre à ses adversaires politiques a déclaré récemment sur Africable qu’au moment où il se battait pour l’émancipation de l’Afrique, eux pillaient les ressources du pays. S’agissant de son âge (72 ans), le prof n’a pas voulu porter des gants. « Il faut être un débile mental pour penser écarter un leader comme moi, celui-là qui s’est battu des décennies durant pour le rayonnement de la démocratie ».  Comme si cela ne suffisait pas pour briser le rêve nourri d’être président de la République, Alpha Condé n’est qu’un inaltérable idéologue désuet, argumentent les détracteurs. Lesquels vont plus loin en évoquant la laborieuse façon dont il gère sa propre famille. En l’occurrence, ses épouses circonstancielles. En effet, à chaque élection, le Pr. convole en justes noces et divorce peu après les résultats. Les adversaires du leader politique estiment que ce manque de constance conjugale risquerait de faire des vagues et du coup avoir des répercussions sur la gestion de l’Etat.

 

Le sens du refus de compromis

 

Le refus de tous compromis de la part de Alpha Condé sous les régimes défunts a deux sens. Premièrement, souvent habité par une peur bleue de conjuguer avec les régimes en place, Alpha Condé ne s’est jamais senti en sécurité. Accusé ici et là de complots et autres déstabilisations du pouvoir en place, le septuagénaire fuit en permanence les siens. Ainsi, pour des raisons non officiellement avouées, il a donc préféré rester loin de sa patrie, au bord de la Seine. Cet éloignement ancestral, à un moment donné a sérieusement affaibli le parti lequel d’ailleurs a longtemps tangué mais sans jamais couler.

 

Deuxièmement, le Prof Condé en fin combattant pour la démocratie, ne semblait pas vouloir appartenir à des dictatures qui rimaient avec gabegie, violations des droits humains, etc.  Il savait alors pertinemment qu’il ne pouvait point se retrouver dans la grisaille quotidienne que constituait le pouvoir d’alors. Autant donc s’éloigner. Dernièrement, le professeur Alpha Condé savait que tout allait finir, en dépit de la longue attente et de la durée de son exil. Aujourd’hui l’orage passé, il ne s’attend plus aux manipulations des résultats comme ce fut le cas du temps de Alsény Réné Gomez, architecte redouté en matière de truquage des urnes.

 

Quoiqu’il en soit, la position toujours défendue par le leader du RPG fait tout de même redouter déjà un échec anticipé, voire une inconstance faite d’intrigues. De quoi garder encore longtemps la Guinée dans la léthargie. En un ou en deux mille mots, Alpha Condé est bien partie. Reste que le chemin est encore long, escarpé et semé d’embûches. Les militants du RPG, eux, rêvent déjà du chemin de Sékhoutouréya. Au soir du 27 juin, on démêlera l’écheveau. Pourvu que le futur successeur de Lansana Conté sorte des sentiers battus pour proposer enfin aux Guinéens une sérieuse feuille de route digne d’un pays vachement riche en ressources humaines, minières et énergétiques ! Du moins, c’est le souhait de toute la Guinée entière. 

 

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Commentaires (1)

1. 21/05/2010

bravo une chose reste claire apres janvier 2007 personne ne viendras au pouvoir en gn pour ne pas traivailler car la rue vas regler ton compte vite fait

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