« Dégagez ! On ne vous a pas appelés ici ! » C’est par ces paroles que le sbire de sécurité renvoie les hommes de médias à plus d’une cinquantaine de mètres du tapis rouge étalé à l’entrée du salon présidentiel de l’aéroport international de Ouagadougou, ce mercredi 13 janvier 2010. Il est 19h00.
La raison de la présence en ces lieux de ce petit groupe de journalistes parmi lesquels on reconnaît des représentants de L’Observateur Paalga, RFI, La Voix de l’Amérique, BBC, Sidwaya, Fasozine, Le Pays…, est pourtant l’arrivée du Général Sékouba Konaté. C’est donc parti pour l’attente à l’angle du salon ministériel. 19h34, un avion atterrit sur le tarmac. Un petit coup d’œil au-dessus du mur nous permet de savoir qu’il s’agit d’Air Ivoire.
« Il est là ! », se souffle-t-on pendant que les chasseurs d’images apprêtent leurs appareils, postés devant une demi-douzaine de ressortissants guinéens venus accueillir leur président par intérim. Un militaire s’approche pour nous demander de reculer encore plus. C’est la protestation générale. Il faut dire qu’entre-temps, les hommes de presse ont eu vent que quelques-uns de leurs confrères guinéens font partie de la délégation alors ils sont mécontents d’être, eux, indésirables.
19h 54, le Général Konaté, de grande taille, sort enfin du salon présidentiel accompagné, entre autres du ministre des Affaires étrangères burkinabè, Alain Yoda, et du chef d’état-major particulier du Président du Faso, Gilbert Diendéré. Le président intérimaire s’engouffre dans le véhicule mis à sa disposition et le cortège de véhicules quitte l’aéroport sous les crépitements de flash et les timides salutations de ses compatriotes.
Sans doute qu’au programme de Sékouba figurent une entrevue avec le facilitateur de la crise dans son pays, le président Blaise Compaoré et, peut-être, une rencontre avec Dadis.
Hyacinthe Sanou