L'hypothèse d'un retour en Guinée de Dadis Camara suscite des inquiétudes

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Le président burkinabé et médiateur dans la crise guinéenne Blaise Compaoré a réuni, mercredi 13 décembre 2010 au Palais présidentiel, le chef d'Etat intérimaire de Guinée, le général Sékouba Konaté - arrivé à Ouagadougou dans la soirée - et le chef de la junte guinéenne, le capitaine Moussa Dadis Camara, en « convalescence » au Burkina Faso. Les deux hommes se sont faits l'accolade. Les discussions ont duré trois heures et doivent se poursuivre ce jeudi 14 décembre.

Mais d'ores et déjà, l'éventualité d'un retour de Moussa Dadis Camara en Guinée suscite des inquiétudes de la communauté internationale, notamment des Etats-Unis, et de la population à Conakry.

Selon Mamadi Kaba, président de la section guinéenne de la RADDHO, la rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme

« La présence de Dadis Camara en Guinée va créer le désordre. Des extrémistes veulent profiter de sa présence pour que le pouvoir continue d’être détenu arbitrairement par l’armée. »


Il y a aussi un axe constitué entre la France, les Etats-Unis et le Burkina Faso. Ces trois pays, impliqués à divers degrés dans la résolution de la crise en Guinée, jugent que pour apaiser la situation, il faut laisser Sékouba Konaté enclencher la transition.

Mais Blaise Compaoré ne dispose que d'une marge de manoeuvre limité avec son convalescent. Dès l'instant où Dadis Camara n'a pas été formellement déposé et dès lors qu'il insiste pour rentrer, le président du Burkina Faso ne peut s'y opposer très longtemps. Le feuilleton des pérégrinations de Dadis Camara est donc loin d'être terminé. Mais dans les heures qui viennent, beaucoup de choses peuvent avancer sur le chemin de la transition, à commencer par la nomination d'un nouveau Premier ministre.

Les discussions entre Moussa Dadis Camara, Sékouba Konaté et Blaise Compaoré:

Blaise Compaoré n’a pas perdu de temps. Dès le 13 janvier 2010, il a réuni chez lui, à la présidence, les deux hommes. Moussa Dadis Camara et Sékouba Konaté se sont donnés l’accolade. « C’était des retrouvailles entre amis », selon des proches de Compaoré. Ces derniers ont assisté aux premiers moments de l’entretien, avant de laisser le médiateur seul avec les deux autres.

Pour le moment, rien n’a filtré de ce huis clos qui a duré trois heures. Mais pour les proches du président burkinabé, il n’est pas question que le capitaine retourne dans l’immédiat en Guinée. Sa santé est encore très fragile, juge-t-on, et l’homme est très perturbé en ce moment. Mais encore faut-il le convaincre à rester au Burkina et à calmer ses partisans, notamment parmi les militaires qui souhaitent son retour.

Il faut sans doute également négocier les conditions d’un séjour prolongé de Dadis Camara à Ouagadougou. Se sont-ils déjà entendus sur toutes ces questions ? Ou vont-ils se revoir ce 14 janvier 2010 comme l’affirment certaines sources ? Ce qui est sûr, c’est qu’en ce moment, la tâche du médiateur Blaise Compaoré est très délicate.

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