Cascade de scandales : AC signe, la Guinée saigne !

 

Scandales de toutes sortes, ne vous concentreriez-vous qu’en Guinée ? Je me le demande.

J’ai vraiment mal à mon pays avec ses scandales politiques, électoraux, administratifs, judiciaires, moraux, etc.

Al. Condé, le PDE de la RG vient de s’offrir un matelas financier de 700 millions de dollars US généreusement offert par Rio Tinto. C’est confortable pour celui qui se coucherait sur une natte mais ce qui est bon pour AC l’est-il forcément pour la Guinée ?

Ce montant qui fait saliver tous les vautours qui entourent AC (ils croient que les billets de dollars sont physiquement dans des coffres à Conakry !) n’a qu’une importance relative, le Trésor Public guinéen n’ayant auparavant jamais espéré autant de devises. En réalité, dans les grands contrats, qu’ils aient trait aux mines ou aux armements, on parle souvent en milliards de dollars. Un montant qui n’est que de 0,7 milliard de dollars US ne devrait donc éblouir qu’un individu ou un clan mais pas un pays minier.

 

En revanche, on doit s’inquiéter de l’usage que fera AC de ce pécule dans le cadre de son « changement ». Ce qui frappe, c’est l’opacité de l’opération menée par celui qui se flattait de n’avoir rien géré en Guinée. Le contrat a été rapidement négocié en catimini et signé, en dehors du nouveau code minier non encore pondu par le « coq RPG », au domicile privé d’AC qui n’a pas encore officiellement la fonction de centre administratif. Cet « Accord Transactionnel » secrète-t-il pas une entente douteuse ?

Le besoin pressant d’AC en argent frais l’a conduit à signer n’importe comment du n’importe quoi, coincé psychologiquement entre les blocs miniers 3 et 4 du Simandou. Quand on a faim, on n’attend pas qu’un plat se refroidisse, dit-on !

 

Si les 700 millions précités (un pourboire de la part de Rio Tinto !) constituent une bouffée d’oxygène pour AC, ils seront probablement une toxine pour la Guinée. En effet, ils pourront servir à corrompre dans le cadre de la préparation des législatives pour installer solidement la dictature d’AC. Le RPG s’est attribué la Présidence de la République, il veut s’accaparer de celle de l’Assemblée nationale. Le soi-disant programme minimum d’urgence (eau courante, électricité domestiques, nourriture et soins de base, etc.) attendra. N’est-il pas honteux que des milliers d’élèves révisent encore leurs leçons à l’aéroport, dans les stations d’essence et les grands carrefours, seuls éclairés la nuit ? Vous imaginez-vous réviser des leçons à un carrefour de circulation automobile ? Comment nos élèvent pourront-ils s’orienter, Pr. Condé ?

 

On peut être nul mais nationaliste. Aujourd’hui posons-nous la question de savoir si AC aime vraiment notre pays. Le minerai de fer et la bauxite sont le « pétrole et le gaz » de la Guinée. Il faut avoir une santé de fer (en plus de la compétence juridique) pour négocier avec un géant comme Rio Tinto. Notre Pr. AC n’a même pas la « santé d’alumine » et les compétences requises pour décortiquer un contrat : il ne regarde que le montant qu’on lui propose, fut-il le prix d’un coq ! Voilà comment on saigne la Guinée en passe de devenir l’eldorado des contrats bidon et inéquitables.

 

C’est tout de même aberrant que les dirigeants de Guinée se privent des compétences de sa diaspora. En Europe occidentale, en Amérique du Nord et en Afrique de l’ouest, nous avons des sommités insoupçonnées en matière juridique et financière. Il suffirait d’envoyer à l’une d’elles par mail une copie d’un projet de contrat pour qu’en quelques heures, ce projet soit revu et corrigé en tenant mieux compte des intérêts de la Guinée.

 

Savez-vous pourquoi les multinationales aiment tant la Guinée? Ce n’est pas à cause d’un quelconque scandale géologique (la Guinée n’a pas le monopole des potentialités minières) mais de l’incompétence de sa caste dirigeante. C’est plus facile de négocier avec un ignare, surtout lorsqu’il a faim et qu’on lui fait miroiter ce qu’il n’espérait jamais avoir!

 

Aujourd’hui, par un contrat né hors «code minier» (vous voyez le mot qui me vient à l’esprit) AC nous enchaîne avec notre propre fer après avoir piétiné la Constitution et violé les règles élémentaires de la démocratie. Sa dictature déroule son tapis rouge dans des conditions qui lui sont favorables : Dadis est en convalescence végétative au Burkina Faso ; Sékouba Konaté est éloigné dans le cadre d’une Force (encore une farce) en Attente de l’Union Africaine après avoir été recalé pour insuffisance notoire ( une des conditions était d’être bilingue mais Sékouba ne comprend que Français, Soussou et Malinké) ; Jean-Marie Doré, comme un ruminant, digère en silence ce qu’il a malhonnêtement accumulé pour s’offrir une retraite mal méritée ; Rabiatou Diallo ( passée du statut d’icône au temps de Conté à celui de conne sous Dadis , son « père de la nation ») se cramponne au CNT, redoute les législatives qui l’éjecteront sans doute comme une « saïfonnette »(savonnette dont seul le Fouta a le secret de fabrication), gère les avantages par lesquels AC la tient et se tait (ce n’est pas facile de parler la bouche pleine).

 

Dans ces conditions que faudrait-il faire ?

 

Après avoir été victime de son excès de confiance entre les 2 tours de la présidentielle, l’opposition à AC ne doit pas tomber dans l’excès de pessimisme. Tout n’est pas perdu à condition qu’elle s’organise pour contrer le césarisme de Condé, en mobilisant les moyens à sa disposition :

 

a) Exiger la tenue immédiate des législatives

 

Ce serait la meilleure façon de limiter les dégâts car je ne vois pas le RPG qui a reçu la Présidence de la République, perdre la majorité à l’Assemblée Nationale. Ne rêvons pas debout. Les élections se gagnent non pas dans les couloirs des ministères mais dans les quartiers. Sékou Touré l’avait compris avec ses « pouvoirs révolutionnaires locaux ». AC quadrille le pays en nommant les chefs de quartier. Pourquoi ne pas dénoncer ce comportement antidémocratique au lieu de se focaliser uniquement sur les nominations intempestives et ethnocentriques dans la haute hiérarchie administrative et militaire ?

 

b) Animer les quartiers en allant vers les jeunes au moins une fois par quinzaine

 

AC occupe la RTG, il faut que l’opposition occupe le terrain (centres de loisirs et de sports, etc.), multiplie les réunions d’information pour expliquer ce qu’elle aurait pu faire si on ne l’avait pas trichée et ce que fait le gouvernement actuel comme bêtises pour dégrader le quotidien de tous.

 

c) Sortir du piège des « points de presse »

 

L’opposition s’est focalisée sur des dénonciations stériles à un endroit précis devenu le réceptacle des lamentations. Elle commet l’erreur de courir derrière la presse alors que, logiquement, c’est aux journalistes de suivre les activités des responsables politiques pour alimenter leurs colonnes. L’opposition doit occuper la rue, manifester pacifiquement, montrer éventuellement les dents et laisser la presse relater les évènements.

 

 

d) Obliger AC à composer avec l’opposition

 

Le pays est déjà en décomposition avancée mais l’opposition a du mal à maximiser ses atouts. Même avec la fraude massive, AC avec ses 52% n’a pu réussir le score soviétique qu’il escomptait. Officiellement, il n’était soutenu que par un Guinéen sur 2. En réalité, il est politiquement minoritaire dans le pays et il le sait. Le problème, et c’est ce qui fait la complexité de la politique, est qu’il détient le pouvoir politique (le RPG est le parti du pouvoir, ce qui le différencie stratégiquement des autres), le pouvoir militaire (la chaîne de commandement est ethniquement verrouillée) et, depuis le « ballon de Rio Tinto », un pouvoir financier corrupteur. Mais peut-il gouverner un pays coupé en deux ?

 

En réalité AC n’est pas fort, c’est l’opposition qui devrait mieux s’organiser en faisant l’indispensable travail de proximité. AC a confisqué la RTG, l’opposition doit avoir ses radios émettrices. Pour recevoir la télé, il faut du courant électrique, ce que ne peut fournir AC. Par contre, un transistor est comme un portable ; il est utilisable n’importe où ou presque.

 

Nous devons aider l’opposition en soutenant Cellou Dalein, Abé Sylla, Sydia Touré, Fodé Soumah, etc. Ce sont des valeurs sures. Il faut impérativement qu’ils restent unis car le démon de la division rôde autour d’eux. Pour ma part, je compte redoubler d’ardeur pour les soutenir.

 

En quoi consiste le soutien à un homme politique ? C’est d’abord de ne pas l’étouffer! Il n’y a pas pire qu’un ami encombrant. Ensuite, on reste à son écoute pour lui suggérer éventuellement des solutions ; on lui donne, grâce à un regard extérieur, son avis qui ne doit rester qu’un avis mais on n’a pas à décider à sa place parce que justement on n’est pas à sa place. Des avis, oui ! Des directives, non !

 

Je prends le cas de Cellou Dalein, scandaleusement privé de la Présidence au profit d’un aventurier obtus. Qui plus que lui voulait gagner ? C’est vrai qu’il a commis des erreurs sur lesquelles il n’est pas nécessaire de revenir. Mais ce serait une grave erreur que de vouloir l’enterrer. D’ailleurs, dans le contexte actuel, il demeure incontournable. J’entends, par-ci et par-là, que Cellou ne fait pas l’affaire, qu’il faut le remplacer, etc. Que ceux qui le souhaitent, nous disent clairement par qui.

 

C’est incroyable ce qu’on entend ! Un homme qui tombe ne peut-il plus se relever ? Un conducteur qui fait un accident (causé par sabotage) ne doit-il jamais reprendre un véhicule ? Je conseille la retenue à ces délivreurs de permis de conduire à points.

 

Je ne suis l’inconditionnel de personne mais je constate que Cellou dispose d’atouts certains :

 

1°) une bonne formation : il est de bonne éducation traditionnelle et a bénéficié d’une solide formation intellectuelle.

 

2°) une longue expérience administrative : avant d’être PM il a été ministre et avant d’être ministre il a été un haut cadre de l’administration guinéenne. Ce n’est pas de sa localité de Dalein qu’il a été nommé à des postes importants.

 

3°) une finesse politique insoupçonnée : c’est lui qui a fait de l’UFDG un parti national implanté dans toutes les localités du pays dont il reflète la diversité. J’ai appris l’histoire de ce parti qui n’a pas été créé par Cellou mais c’est lui qui a fait de l’UFDG ce qu’il est aujourd’hui. Ce n’est pas l’antériorité d’une adhésion qui confère une légitimité. Je rappelle que le premier SG du sinistre PDG n’était pas Sékou Touré. Il appartient donc aux membres de l’UFDG qui ne devraient pas se payer le luxe de querelles internes de faire des débats pour en améliorer le fonctionnement.

 

4°) un charisme inattendu : j’ai assisté à un meeting de Cellou. C’était le 13 février 2011 à Paris. L’homme a gagné en assurance et acquis un charisme certain. Il traite ses alliés (NGR, UFR, Géci, etc.) avec respect et non comme des subalternes. Une alliance, pour être solide et durable, doit toujours se bâtir autour de valeurs.

 

5°) un courage physique et moral soutenu : à chacun de ses déplacements, Cellou fait l’objet de tracasseries administratives et de menaces physiques contre sa personne dignes de la Roumanie du couple Ceausescu. Le pouvoir en place s’attaque à ses amis et même à sa propre famille. Pourtant rien ne l’arrêtera. Qu’AC le veuille ou non, Cellou sortira de son pays natal quand il veut, il rentrera à son domicile quand il veut en suivant l’itinéraire qu’il veut, acclamé par qui le veut !

 

AC brandit la menace de ses audits. Nous souhaitons vivement que ces audits aient lieu le plus rapidement possible et en toute transparence. Pas des audits de taudis mais de véritables enquêtes pour savoir qui a fait quoi. Si on était dans un Etat de droit, AC devrait demander lui-même sa mise en examen !

 

6°) un réseau international solide : Cellou n’a pas été le Président de la Guinée mais il est reçu avec tous les honneurs par les Chefs d’Etat dès qu’il arrive dans une capitale. C’est ce qui agace AC dont les pairs ont vite su ce qu’il vaut, c’est-à-dire rien !

 

Pour ces quelques raisons, je ne vois pas pour le moment, je dis bien pour le moment, un leader qui réunit autant d’atouts. Si ceux-ci ne sont pas suffisants, il faut les compléter et non s’en priver. Dans un pays où la politesse est considérée comme une faiblesse, ne serait-il pas plus utile d’aider Cellou à trouver des personnes pouvant parler à ceux d’en face ?

 

Ma position, comme toujours, reste claire : je ne prétends pas que Cellou est l’unique solution pour la Guinée ; je dis simplement que Cellou, qui se bat dans des conditions très difficiles, est une alternative crédible pour notre pays. C’est en ce sens que je compte le soutenir.

 

Pour terminer, une perle du Net. Alpha Condé promet la construction d’une usine de montage de bus en Guinée avec l’aide du groupe indien Tata. Alpha ne fait et refait jamais les mêmes bêtises. Il en fait toujours de nouvelles. Tata chez Tonton, ce sera comme le cas du Conakry-Kankan avec le Brésil. Qui drible qui ?

 

Je vous salue.

Ibrahima Kylé Diallo

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